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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 14:09

Les électeurs commencent à se ressaisir: en Sarre (Allemagne), comme en Andalousie et aux Asturies (Espagne) les socialistes du SPD et du PSOE ont marqué des points, dimanche dernier. Un signe fort pour tous ceux qui voyaient déjà un avenir européen marqué durablement à droite. Regardons les faits de plus près:

Dans le riche, industriel land de Sarre, les libéraux, alliés indispensables de la Chancellerie à Berlin, se sont vus littéralement rayés de la carte politique. Ils avaient réuni 9% des voix il y a 4 ans. Le 25 mars ils sont descendus aux enfers d'où on ne revient pas: 1,5%. Au contraire le SPD est passé, dans la même période, de 24,5 à 31%. La CDU de Mme Merkel est restée stable (34%), mais ne dispose plus de majorité pour gouverner à Sarrebrück. Peut-elle continuer à diriger la République fédérale alliée à un parti devenu fantomatique? (la grande surprise est venue d'ailleurs: les pirates, sorte de nébuleuse troublante, ayant confirmé leur surprenante  percée réalisée aux élections berlinoises...). 

En Espagne, après la lourde défaite de la gauche aux élections du 20 novembre dernier (nationales et partiellement régionales), il paraissait d'avance entendu que la messe était dite en Andalousie et aux Asturies où l'on votait dimanche dernier. Il n'en est pas allé ainsi. A Séville, le socialiste Griñan a toutes les cartes en main pour négocier avec IU (Izquierda Unida, gauche unie) la mise en place d'un gouvernement de coalition pour la vaste région autonome (47 PSOE, 12 IU face à 50 du parti de Rajoy, le PP). Aux Asturies la droite avait gagné en novembre 2011, mettant un terme à 30 ans de pouvoir socialiste. Mais les deux forces de droite ne s'étant pas mises d'accord pour gouverner et il a fallu retourner aux urnes. Et cette fois les conservateurs divisés en deux camps, n'ont plus de majorité. La gauche peut donc, en principe, retrouver ce bastion historique.

On est fondé à espérer que la saignée a pris fin pour les progressistes en Europe. Mais cela ne signifie pas le retour à la confiance. Dimanche la droite n'a pas gagné. Mais la gauche ne s'est pas clairement imposée pour autant. Un long chemin reste donc à parcourir, beaucoup de travail à accomplir pour vaincre les scepticismes fondés sur la capacité de la démocratie socialiste à vaincre la crise et à coordonner ses programmes. On aperçoit simplement, au loin, la première lueur de l'espoir retrouvé. 

Antoine Blanca

 

 

 

 

 

 

 

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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