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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 10:15

En Grèce, Lucas Papademos a déjà prêté serment devant le patriarche de l'Eglise chrétienne orthodoxe de son pays(1). Il présentera aujourd'hui au Parlement son plan de sauvetage.

En Italie, Mario Monti est invité à solliciter un vote de confiance dans les dix jours.

L'un comme l'autre sont des hauts fonctionnaires expérimentés et respectés, familiers des institutions européennes qu'ils ont fréquentées au plus haut niveau. On ne peut douter de leur volonté de réussir. C'est en tout cas notre souhait.

Ceci dit, leur désignation est surtout un aveu d'échec démocratique. Certes le gouvernement qu'ils vont former et diriger sera investi par les représentants élus du peuple. Mais ni Lucas, ni Mario n'ont jamais affronté le suffrage universel. Ils doivent impulser la remise en ordre de la maison commune et redonner confiance à leurs concitoyens et aux autres européens. Mais leur mission consiste surtout à rassurer les marchés mondiaux. Ces mêmes marchés qui, dans le système d'économie ultra libérale que nous connaissons, sont co-responsables du désastre qui nous accable. Comme quand il s'était agi du sauvetage des banques coupables de pratiques à la limite du délit. Là aussi le sauvetage se fit grâce aux deniers des contribuables. Tout cela échappe à notre conception d'une bonne logique et de notre sens de l'équité.

Hélas, nous n'avons pas le temps nécessaire au débat et à la réflexion sereine. La maison brûle et on a appelé les pompiers. Ils sont, techniquement, les plus capables d'éteindre l'incendie.

Mais ce ne sont pas eux qui pourront procéder à la reconstruction. Si nous en sommes là, ce n'est pas uniquement à cause des hommes: les fondations sont elles-mêmes en cause. Et pour en bâtir des nouvelles, il faudra bien que, au préalable, les peuples se prononcent en connaissance de cause. Il serait désastreux qu'ils le fassent en fonction des seuls intérêts de Wall Street, de la City et du Palais Brogniart.

Antoine Blanca

1- Il est désagréable de constater que, dans une Grèce qui ne reconnaît pas la séparation des Eglises et de l'Etat, un patriarche religieux, nominalement  à la tête d'une fortune colossale en propriétés, palais et terres agricoles, pour lesquels il est dispensé de tout impôt, soit habilité à bénir un gouvernement chargé...de ne pas en finir avec les privilèges que le patriarche représente. Il ne reste plus, à Papademos, qu'à prêter serment de fidélité aux armateurs, milliardaires eux aussi dispensés d'impôt.

Mais j'ai conscience de me répéter...

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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