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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 16:12

Même si l'enquête est loin d'être close, une cellule terroriste "d'une grande dangérosité" (selon le Procureur) a été mise hors d'état de nuire. La prévention, qui avait cruellement fait défaut lors de l'affaire Mérah, semble avoir, cette fois, parfaitement fonctionné. Nous devrons sans doute encore attendre pour tirer des enseignements plus complets qui nous aideront à parfaire notre système de vigilance. Mais nul ne doute qu'un pas a été franchi par notre police, cette fois dans la bonne direction.

Tout indique que la préparation du passage à l'acte était à ses tous débuts. Le 11 mars 2004, en Espagne, c'est une fois l'attentat consommé que les bilans commencèrent à être dressés. Souvenons-nous: matinée du jeudi 11 mars, les trains arrivent sur toutes les voies qui conduisaient les banlieusards à la capitale, Madrid, leur lieu de travail. Une première bombe explose. Premières scènes de panique, puis, au milieu des cris des alarmes de la police et des pompiers, une seconde et une troisième. Dix engins explosifs vont semer la mort, presque deux heures durant, parmi les travailleurs innocents. Trois bombes n'avaient pas explosé. On compta environ 200 morts et des milliers de blessés. Le plus abominable attentat commis par des disciples d'Al Qaïda en Europe. A moins que l'on ne compte dans la même catégorie le missile qui détruisit un avion de passagers au-dessus de Lockerbie, en Ecosse, et qui avait fait, le 21 décembre 1988, 271 victimes. En cette funeste occasion le chef terroriste a été identifié: Mouammar Kadhafi et ses services.

Sur notre sol la vigilance a payé. En Espagne, alors gouvernée par le chef de la droite, Manuel Aznar, on avait fait preuve du laxisme le plus total. Treize bombes avaient pu être véhiculées sans attirer l'attention des services de sécurité. Aznar le paya très cher: les élections législatives ayant lieu trois jours après l'attentat, le gouvernement jugea électoralement habile de dénoncer, alors que des bombes explosaient encore, un attentat perpétré par ETA. Gigantesque tentative de manipulation heureusement dénoncée à temps. Par la police d'abord, qui refusa  de céder aux pressions politiciennes. Par l'opposition et toute la société civile ensuite. Le samedi, des centaines de milliers d'Espagnols descendirent dans la rue. Le dimanche la gauche, avec Zapatero à sa tête, gagnait trimphalement et devait gouverner pendant sept ans et demi...

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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