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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 12:33

La presse avait, chacun s'en souvient, beaucoup spéculé sur la définition de la  "normalité", qui aurait caractérisé la présidence de François Hollande. Je ne pense pas que de telles interrogations étaient sincères. Chacun savait que le candidat en campagne évoquait son attitude par rapport au touche-à-tout sarkozien, celui qui qualifiait le Premier Ministre Fillon de collaborateur et qui devançait les membres du gouvernement dans toute prise de décision. Le candidat socialiste souhaitait simplement revenir à une application plus claire de l'esprit et de la lettre de la Constitution.

Cependant, l'expérience d'un premier semestre à l'Elysée a eu ses conséquences en bien de domaines. En dépit de trois expériences de cohabitation qui ont renforcé le rôle de Matignon, l'opinion citoyenne veut voir leur Président à la manoeuvre. C'est lui qu'elle a élu. Le citoyen-électeur estime que c'est au Président qu'il appartient de montrer et de tracer le chemin.

François Hollande, hier, a accusé réception du message. Cinq sur cinq. Il était difficile de le prendre en défaut tant il possédait tous les dossiers, économiques, sociaux, internationaux. Même les plus délicats. On pourrait ajouter surtout les plus délicats. Et s'il y a eu des corrections en chemin, elles ont été assumées avec ce sens remarquable de la responsabilité qui le caractérise. Un regret toutefois : il touche au droit de vote des étrangers non communautaires vivant depuis plus de cinq ans sur notre territoire. A mon avis, il aurait dû aller jusqu'au bout, quitte à ne pas réunir la majorité des 3/5es nécessaire pour ce type de loi. J'espère que cela ne sera pas enterré.

En face à droite, l'absence de vrai débat étant tout aussi assourdissant, l'opinion citoyenne aura, c'est à espérer, apprécié la différence de qualité entre le message de gauche et les conservateurs. 

Enfin je relève sans surprise la hargne baveuse de Mélenchon. Chacun comprendrait qu'il éprouvât le besoin de marquer son territoire à gauche du PS. Cela lui serait d'autant plus facile que son petit parti ne participe pas au gouvernement. Mais point n'est besoin d'ajouter l'insulte à la critique. Pour avoir été membre du gouvernement Jospin, Jean-Luc connaît bien les limites qui s'imposent à un pouvoir en démocratie parlementaire. Nous mettons, par ailleurs, en garde ses alliés PC au sein du Front de gauche. Ses élus n'existent et ne se meuvent que parce que les socialistes le jugent souhaitable. Aussi est-on habilités à suggérer aux cadres de la Place du Colonel Fabien de ne pas laisser trop de liberté aux foucades mélenchonesques. Ils pourraient avoir à le regretter dans les villles, les  départements et les régions.

 

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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