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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 11:18

Dans des circonstances normales (et c'est le  cas de la France, n'en déplaise à certains), le respect de la Constitutiion prévaut sur tout le reste. Le Conseil constitutionnel, en dépit de ses inévitables défauts, est le garant de ce respect et de la stabilité institutionnelle qui en découle. Le Président de la République, élu de tous les citoyens, se doit de faire preuve de hauteur de vue et, dans la mesure du possible, d'impartialité.

Mais c'est là que la réalité se heurte à la Loi. Les institutions ont été voulues par De Gaulle à sa mesure, c'est à dire à celle du gaullisme. Et quel que soit le bon vouloir des Chefs de l'Etat qui lui ont succédé, chacun d'eux a été considéré, par le peuple de France, comme le vrai leader du camp qui l'avait porté au pouvoir. Certes, on a pu noter des comportements qui dépassaient des limites. La caricature a été incarnée par celui de Sarkozy, quand il a usé, jusqu'à la corde, de manoeuvres destinées à lui permettre d'être à la fois candidat et Président. Pendant des mois il a utilisé avec, une impudence rare, tous les rouages de la machine de l'Etat, faisant des Préfets et sous-Préfets des chefs locaux de sa pré-campagne. Mais sans atteindre de telles dérives, avec plus de précautions, Mitterrand avait tenté d'imposer ses vues au Congrès PS de Rennes, et favorisé en sous-main une liste Tapie aux européennes pour handicaper Rocard, officiellement désigné par les instances régulières du parti. Il n'avait jamais été aussi mal inspiré, d'ailleurs...

Tout cela pour rappeler à François Hollande qu'aux yeux des Français il restera par dessus tout le leader du courant qui l'a fait roi. Et ce courant était bien représenté au grand meeting du Bourget, qui acclama ses proclamations contre la finance internationale, annonça la taxe de 75% sur la tranche supérieure à 1M d'euros de revenu annuel et son aveu, venu du fond du coeur: "Je n'aime pas les riches". Notre président de la France est aujourd'hui à nos yeux, en premier lieu, un président de gauche. Et il ne glanera pas une seule voix chez l'adversaire en affirmant, de manière répétitive, son oecuménisme citoyen. Chacun le comprend quand il agit comme chef des Armées. Mais beaucoup moins dans son action politique quotidienne.

En 2002 Jospin s'était fait, et nous avait fait d'ailleurs, beaucoup de mal en affirmant cette évidence qui n'avait pas à être proclamée: "mon programme n'est pas socialiste". A droite, il n'avait rassuré, encore moins séduit, personne. A gauche, il avait embarrassé beaucoup de monde.

Sachons tirer les erreurs des désastres du passé...

 

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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