Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 17:32

Techniquement Hugo Chàvez n'est pas un dictateur. Il a toujours été élu à la régulière, même si c'est dans le cadre d'institutions qu'il a façonnées un peu à sa guise. Dimanche 7 octobre les électeurs devraient lui accorder un nouveau mandat de six ans. En dépit de la présentation d'un candidat unique, l'opposition (droite, centre-gauche, extrême gauche classique), son avance, selon tous les instituts de sondage, devrait être d'au moins 10 points. Il a su utiliser à son avantage l'épisode, toujours ouvert, de ses opérations chirurgicales et la chimio à Cuba. Un cancer qui aurait pu le terrasser définitivement. Je crois que Chàvez a un sens exceptionnel de la communication. D'autant plus productif qu'il y a une grande part de sincérité dans sa relation privilégiée avec les petites gens. Si l'on ajoute le goût pour la mise en scène colorée, on peut conclure que le 'comandante' ne gouverne pas, depuis 13 ans, par effraction.

Mais il n'aime pas être soumis, limité dans l'expression de sa volonté 'révolutionnaire', par des règles qui, estime-t-il , ont été mises en place pour la défense des intérêts des puissants. C'est par réalisme qu'il ne bouscule pas davantage, plus fort, l'aristocratie de l'argent et les représentants des partis traditionnels (Action démocratique, sociale-démocrate, et COPEI, chrétien-démocrate par exemple) qui ont occupé le pouvoir de 1959 à 1999, sans effectuer les réformes économiques et sociales indispensables. Ils avaient pourtant les moyens matériels et politiques de les mener à leur juste terme.

A sa manière Hugo Chàvez a conduit des changements révolutionnaires. Education, santé, logement social. Il contrôle personnellement un vaste réseau de médias sans avoir pour autant touché aux 'fondamentaux' de la liberté de la presse.  Pas plus qu'il n'a pris le pouvoir sur tous les moyens de production et d'échange. Il s'appuie chaque jour davantage sur les forces armées. Et une unité spéciale ne répond qu'au Chef lui-même.

Je ne résiste pas au  rare plaisir de citer le Président vénézuélien, dans une homélie inattendue au cours de la messe télévisée du Jeudi Saint. En plein traitement intense contre son cancer, il s'adressa en ces termes à Jésus-Christ: "...donne-moi ta couronne pour que je saigne moi aussi. Donne-moi ta croix, cent croix, mais laisse moi la vie parce qu'il me reste encore des choses à faire pour ce peuple et pour cette patrie. Ne me prends pas tout de suite...Donne-moi tes épines, donne-moi ton sang. Je suis prêt à les porter le reste de ma vie..." Je relis encore ce bout de texte. Et il m'est toujours difficile d'accepter ces propos si peu 'bolivariens'.

Antoine Blanca

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
  • Contact

Recherche

Liens