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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 18:04

Ollanta Humala va s'installer dans quelques heures au Palais présidentiel de Lima. La droite a beaucoup fantasmé à son propos. Officier activiste ayant participé à une tentative (folklorique) de putsch, élevé dans une famille andine (il est originaire d'Ayacucho, au coeur du peuple quéchua) à la fois marxiste et indigéniste, il avait naguère proclamé son admiration pour Fidel et pour Chàvez. Ollanta faisait donc peur à la classe dirigeante et à la bourgeoisie "blanche". Depuis il s'est débarrassé de ses oripeaux les plus révolutionnaires au point de l'emporter contre Keiko Fujimori avec l'appui de Mario Vargas Llosa, le prix Nobel de Littérature et chantre de la droite libérale péruvienne.

Depuis sa victoire il n'a cessé de donner des gages à l'estaablishment continental. Par exemple en nommant au Ministère de l'Economie et des Finances, Luis Miguel Castilla, le très orthodoxe Secrétaire d'Etat de son prédécesseur Alan Garcia, et à la tête de la Banque Centrale, Julio Velarde, membre reconnu de la démocratie chrétienne locale.

En fait, Humala est devenu un disciple de Luiz Inàcio da Silva Lula, l'ancien président du Brésil qui est venu personnellement le soutenir pendant sa campagne. Un appui plus que symbolique, susceptible de garantir à la fois une profession de foi progressiste, et un réalisme libéral de bon aloi.

Le nouveau chef de l'Etat a par ailleurs négocié avec l'ex-président Alejandro Toledo (le préféré de Washington) dont le parti, "Perù posible", est convenablement représenté au Parlement. Humala va ainsi pouvoir compter, pendant la première année de son mandat, sur une majorité législative plus que confortable.

Sa présidence ne fera pas tache dans le paysage politique, économique et social de la Région. Si l'homogénéité n'y est pas totale, les incompatibilités y sont rares. La droite n'est au pouvoir désormais qu'au Chili (avec un Piñera très secoué par la jeunesse) et en Colombie (où Santos se force à une certaine indépendance vis à vis de Washington). Rompant avec l'anti-castrisme militant de Garcia, dont il prend la place, Ollanta va promouvoir de bonnes relations avec La Havane et avec Caracas. Sans pour autant se montrer défiant vis à vis d'un Oncle Sam qui se désintéresse de plus en plus du sort du sous-continent.

Antoine Blanca

PS: Humala connaît bien notre pays; il a étudié à Paris-Sorbonne où il a aussi passé quelques mois comme attaché militaire à l'Ambassade du Pérou.

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  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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