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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 10:15

En Espagne, si le mouvement  des "indignés" a perdu tout son souffle, il n'a pas moins laissé des traces politiques que la gauche électorale s'emploie à examiner avec intérêt. Au pays de Cervantes, pas de destructions, pas d'incendies, pas de récupération de la peur par l'extrême droite. Au pays de Shakespeare tout est différent. Colère furieuse n'est pas indignation. Les jeunes qui cassent et qui brûlent sont des exclus qui répondent par la violence à la violence d'une société qui ne veut pas d'eux. Ils se heurtent à un mur sans fenêtre destiné à les isoler. C'est que Cameron, avec ses manières et son accent acquis à Eton, n'est pas Zapatero. Le premier a répondu à la crise en supprimant les programmes sociaux, le second en faisant tout pour les sanctuariser.

Conséquence: les foules qui avaient marché pour se rassembler Puerta del Sol étaient pacifiques et souvent souriantes. A Tottenham (et ailleurs, bien entendu), les jeunes exclus savaient par avance qu'ils ne seraient pas entendus, qu'un abîme insurmontable les séparaient de ces gentlemen et ladies tout droit sortis de leur Jockey Club.

Simpllification de ma part? Bien entendu. Il est nécessaire parfois de forcer un peu le trait. Les "indignados" ne sortaient pas, eux, de leurs taudis et ils avaient été bien élevés par des familles aimantes de la relativement nouvelle classe moyenne. Mais ce n'était pas un hasard: depuis la mort de Franco la démocratie a produit progressivement une nouvelle école, une nouvelle morale à la fois sensible et ouverte, de nouvelles formes de dialogue. Au Royaume Uni, au contraire, on n'a pas su entendre les toute récentes protestations pacifiques et raisonnables des Trade Unions. Les britanniques défilent rarement en masse, comme nous le faisons en France. Pourtant dernièrement il y a eu des grèves et des manifestations syndicales massives tout-à-fait ordonnées sans que cela déclenche une alerte rouge parmi les membres du gouvernement conservateur-libéral.

Cette droite-là est celle de l'ignorance des autres et du mépris social. A l'opposé de cet état d'esprit, le candidat socialiste aux élections générales du 20 novembre en Espagne a inscrit dans son programme les propositions jugées les plus acceptables émanant des petits groupes de travail issus du M15 (pour 15 mai, date du premier rassemblement de la Puerta del Sol).

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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