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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 09:44

A l'origine, c'était un mouvement spontané de jeunes madrilènes connectés entre eux par les réseaux sociaux. Une foule a été au rendez-vous sur la Plaza del Sol. Là où se tenait au temps du franquisme la Direcciòn general de seguridad, la Gestapo espagnole avec ses cellules et ses salles d'interrogatoire spéciales. Une manif sans véritable encadrement. Pacifique. Des jeunes pour la plupart plutôt satisfaits de se retrouver avec tant d'inconnus partageant un même sentiment de ras-le-bol. Un succès médiatique et, finalement, politique, qui changea de nature quand des leaders apparurent en tentant d'organiser l'inorganisable, de faire occuper le grande place en permanence.

Le mouvement ne tarda pas à s'essouffler avant de mourir presque sans bruit. A partir du moment où les "cadres" voulurent mettre en place des commissions de travail, rédiger des cahiers de doléance, la spontanéité initiale disparut. A aucun moment le pouvoir espagnol ne réprima les campeurs. Cette indulgence accéléra la fin de la fête. Aujourd'hui seuls restent mobilisés des marginaux et leurs homologues d'autres pays d'Europe qui ont tenté d'organiser une marche sur Bruxelles. On peut dire, d'ores et déjà, qu'elle a foiré. Au lieu de l'immense soulèvement spontané attendu, c'est une sorte de nouvel anarchisme, plutôt dépenaillé qui a surgi. Malgré la compréhension de la presse européenne à son endroit, c'est une gesticullation de groupes de campeurs sauvages, en milieu urbain, dont la voix est devenue inaudible à force de ne pas savoir articuler.

Voilà comment les définit un chroniqueur sympathisant: "Droite-gauche, deux mots usés par le temps et l'imposture des anciens. Nous vivons la perte de sens d'idéologies qui ne fonctionnent plus. Sur les places...personne n'a besoin de se raccrocher à des bannières. Chaque personne est un monde, chaque personne a son idée..."On ne saurait mieux définir l'anarchie (1).

Dans Die Zeit de Hambourg, le célèbre professeur en sociologie Heinz Bude conclut ainsi son article sur les "indignations" diverses et variées de jeunes à travers le monde: "...Naturellement, ce sont les privilégiés qui peuvent se permettre de protester, comme toujours. Mais il leur suffit de se pencher sur leur propre génération pour s'apercevoir des tristes inégalités qui existent en son sein: c'est particulièrement flagrant entre des jeunes du même âge. C'est un scandale moral. La génération devient ainsi le siège des inégalités vécues..."

Je suis d'accord avec la conclusion du professeur. A ceci près que ces jeunes ne viennent pas de découvrir l'Amérique. Les socialistes, les hommes et les femmes de gauche se sont organisés depuis des décennies pour analyser les causes de ces inégalités afin de mieux les combattre. Ce travail est actualisé en permanence.

Et ils proposent, eux, des solutions.

 

Antoine Blanca

(1) Pepe Ribas, La Vanguardia, Barcelone

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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