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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 11:04

Demain, en recevant le Président Hollande, Angela Merkel devra la jouer modeste. Dans l'affaire du nouveau traité que les Français demandent à renégocier, il lui sera difficile de jouer l'intransigeance. Tous les faits intervenus ces derniers temps lui recommandent de faire preuve de souplesse et de compréhension. D'autant plus que l'interlocuteur avec qui elle dînera demain est homme de dialogue et d'ouverture. Mais les réalités sont têtues qui démontrent que l'orthodoxie ultra-libérale a trouvé ses limites. On ne pérennise pas une politique qui perd. Des corrections significatives sont indispensables si l'on veut éviter la débâcle dont la possibilité met les Européens en alerte, tout en secouant les marchés. Les mesures fortes capables d'impulser un retour à la croissance sont dans les cartons de la Commission à Bruxelles. Il convient de les étudier d'urgence. Tout le monde attend, anxieusement, des signes dans ce sens.

La position de la France n'est pas échevelée. Elle est au contraire celle de la resposabilité, de la sagesse. L'écouter, puis l'entendre, évitera l'extension de mouvements incontrôlés qui ne seront pas uniquement électoraux dans un proche avenir. Le désespoir de fortes minorités pourrait conduire à des comportements irrationnels, préjuditiables pour tous. Pour le moment les Espagnols, les Portugais défilent, derrière leurs syndicats ou à l'appel de groupes informels invertébrés comme les indignados. Dans l'ordre un peu bon enfant.

En Allemagne même les partis traditionnels ne savent pas comment dialoguer avec les pirates qui viennent encore d'obtenir une repésentation dans le Land le plus peuplé et le plus riche de cette grande démocratie. Ces gens-là disent ce qu'ils ne veulent pas. Mais pas vraiment ce qu'ils souhaitent. En Grèce l'alliance la plus à gauche (dont les PC) s'est enfermé dans une sorte de "front du refus"qui ne peut conduire que vers l'impasse totale: de nouvelles élections leur seraient pourtant favorables. Leurs électeurs savent (et le disent aux sondeurs), qu'ils engagent ainsi le peuple hellène sur le chemin de la désespérance. "La raison de la sans-raison qui en moi se fait raison" disait Don Quichotte à Sancho. Avant de foncer sur le moulins à vent.

Reste à prendre en compte le message de Hollande et de tous ceux qui soutiennent (avec plus ou moins de discrétion, mais avec un espoir réel) son argumentation frappée au sceau du bon sens. La Chancelière n'a plus les moyens de l'arrogance qui a été la sienne, et a déjà causé bien de dégâts.

Antoine Blanca

 

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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