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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 10:01

Ses prises de position contre l'intervention de la France au Mali sont pratiquement passées inaperçues. Visiblement les médias avaient, en ce moment, beaucoup mieux à faire que de se préoccuper des incartades  de Mélenchon. Après tout le co-président du Front de gauche ne représente pas beaucoup plus que sa mégalomaniaque personne. Au PS ses diatribes ne sont pourtant pas passées sans provoquer des interrogations. Certains responsables ont manifesté, dans le premier cercle du 10 rue Solférino, leur inquiétude. Jean-Luc s'était-il concerté, préalablement, avec ses camarades de route du PCF? Dans cette éventualité il y aurait forcément des conséquences dans la préparation des élections municipales de mars 2014. Mais le Bureau national n'a pas retenu cette hypothèse et a décidé, pour le moment, d'ignorer cette nouvelle agression verbale de l'ancien Secrétaire d'Etat du gouvernement Jospin.

 

Jean-Luc ne s'est pas limité à critiquer, à l'intérieur de nos frontières, la décision du Président Hollande de se porter au secours du vaste pays africain dont la capitale, Bamako, était ciblée par l'offensive des bandits salafo-djihadistes. Il s'est aussi répandu dans la presse algérienne, encore sous le choc du drame du site pétrolier d'In Aménas, en attaques contre le gouvernement de gauche de son propre pays. En dehors de cercles politico-religieux ultra minoritaires, les propos mélenchoniens sont  mal passés à Alger.

 

Sur quels arguments se fonde le leader du Parti de Gauche pour critiquer l'intervention française? Sur le fait que le gouvernement malien, qui appelait la France à son secours, ne serait pas légitime aux yeux de ce puriste*. La loi internationale aurait été bafouée. Quand j'ai entendu, puis lu et relu ses déclarations, les bras m'en sont tombés. C'est doublement en accord avec le Droit, tous les juristes le confirmeront, que nos troupes ont stoppé, puis provoqué la déroute des auto-proclamés djihaddistes: 1) parce que nous agissions en vertu d'accords franco-maliens d'assistance réciproque; 2) parce que l'intervention était autorisée, et même ardemment souhaitée, par le Conseil de Sécurité de l'ONU.

 

A contrario, si l'on suit jusqu'au bout la pensée de l'ancien sénateur PS, le gouvernement français aurait dû rester les bras croisés, assister passivement à l'installation d'un pouvoir extrémiste. Au Mali d'abord, dans une bonne partie de l'Afrique de l'ouest ensuite. Les fous d'Allah et autres moines soldats  auraient alors mis ces pays en coupe réglée, appliqué leur interprétation démoniaque de la Charia, étendu le champ de leurs trafics en tout genre, utilisé le territoire conquis comme base  de leurs actions terroristes et mafieuses..

 

On a du mal à croire à une complicité consciente de la part de celui qui fut un militant ardent de la cause laïque. Lui seul pourrait débrouiller les méandres de la démarche obscure qui est la sienne. Pour ma part je préfère ne pas tenter de l'interpréter.

 

Antoine Blanca

 

* Le Président actuel du Mali dirige un gouvernement de transition destiné à mettre un terme à une dangereuse instabilité civile et militaire. Il est également chargé d'organiser des élections transparentes. Le droit international a donc été respecté à tous égards.

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  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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