Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 10:04

Les Algériens ont le terrorisme en horreur. Liquider les maquis et les tueurs du GIA, les groupes islamistes armées, a coûté des dizaines de milliers de vies, des civils dans leur majorité. Le cauchemar devait durer sept ans. Les sept derniers du XXe siècle. Les cadres de cette armée d'assassins fanatiques avaient été formés pendant le djihad contre les soviétiques en Afghanistan. Les instructeurs américains, avec un manque stupéfiant de vision de l'avenir, ont joué un rôle essentiel dans la naissance de cette nouvelle force de "soldats d'Allah". Pour le malheur de nombre de pays musulmans, pour le malheur de nous tous.

Les précurseurs politiques du GIA, organisés en un "Front islamique du salut, FIS" avaient pourtant gagné les élections locales en 1990, et étaient sur le point de conquérir démocratiquement le pouvoir, au 2e tour des législatives. L'ANP, l'Armée Nationale Populaire, décida alors d'interrompre le processus et de procéder, manu militari, à la liquidation de l'islamisme armé. Ce fut la seule fois de ma vie où j'approuvais une intervention de ce type. Et je ne fus pas le seul.

Aujourd'hui le peuple algérien est vacciné contre la tentation djihadiste. Lors des premières manifestations démocratiques, au printemps dernier, des leaders de l'ex-FIS, M. Belhadj par exemple, redoutable prédicateur, tentèrent de revenir sur le devant de la scène et d'exploiter le mécontentement à leur profit. Ils furent chassés sans ménagement des mosquées, sous les huées, par les fidèles. On ne les a plus revus.

C'est la crainte de cet improbable retour qui a retenu les Algériens lors du "printemps arabe". Il a suffi que le pouvoir procède à quelques réajustements sociaux et économiques pour que tout rentre apparemment dans l'ordre. L'ANP et ses chefs, vrais patrons du gouvernement du pays, s'ils ne sont ni aimés, ni même respectés, sont toutefois perçus comme un rempart protégeant les citoyens contre un extrémisme moyennageux dont personne ne veut entendre parler. Il y a comme un pacte tacite entre les généraux et l'opinion publique. Ils doivent affronter, ensemble, un ennemi qu'ils haïssent. Quitte à fermer les yeux sur une gouvernance désastreuse.

L'attentat kamikaze qui vient de frapper l'Académie militaire inter-armes de Cherchell, est le fait de cellules itinérantes qui ne trouvent pas de relais véritable dans la population. L'AQMI dispose de moyens financiers et de tueurs, mais aucun appui populaire. Les postes de commandement sont disséminés aux quatre coins du Sahara. Un seul groupe se trouve en permanence quelque part sur le territoire algérien, dans sa partie la plus peuplée. Ils agissent comme s'ils étaient en territoire étranger.

Antoine Blanca

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
  • Contact

Recherche

Liens