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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 17:33

Dans le discours d'un candidat à la Présidence de la République, il y a forcément, des variations de langage, des tonalités plus ou moins accentuées au fil des jours, sous la contrainte de tel ou tel événement. Des ajustements et des éclaircissements viennent à s'imposer. L'électeur est l'interlocuteur unique, et il doit recevoir l'information la plus complète, la plus honnête. François Hollande le sait, et il a déjà procédé à ces exercices qui, parfois, nous troublent. Il en a été ainsi pour les atténuations apportées (interview accordé au Guardian) au discours du Bourget, sur le monde de la finance, ciblé comme adversaire principal du futur Président. A la lecture du texte londonien on pouvait même croire que les 110 propositions de François Mitterrand en 1981 y étaient implicitement condamnées, au bénéfice de la libéralisation postérieure à laquelle ont procédé nos gouvernements, singulièrement ceux de Fabius et de Rocard. 

Or nous continuons de vouloir croire qu'il ne s'agissait-là que de  reculs stratégiques dans un monde hostile, non d'une nouvelle orientation politique. Nous sommes-nous trompés? Le projet adopté par le PS nous avait pourtant confortés dans notre certitude d'appartenir à un parti fondamentalement hostile à l'hyper-libéralisme économique. Pour continuer d'avancer, pour prendre en compte les réalités européennes et mondiales, nous acceptions certes des compromis, des concessions. Mais nous demeurions, sur le fond, fidèles à notre Déclaration de Principes.

Le discours du Bourget, accueilli avec enthousiasme par militants et sympathisants allait dans le bon sens. Si des précisions devaient forcément être apportées, des craintes infondées, dissipées, il ne s'agissait pas de changer la base du discours. J'ai entendu Najat Belkacem, proche collaboratrice du  candidat, présenter le PS (devenu soudain "social-démocrate", ce qui est une aberration lingüistique), comme champion des dénationalisations, de la libéralisation de l'économie. Comme si nous avions à donner des gages aux gnomes de la City de Londres, de Wall Street et aux spéculateurs du CAC 40. Je ne doute pas que les circonstances nous obligeront à composer avec ces intérêts là, mais nous n'avons pas, à ce stade de notre candidature, à leur donner des gages de bonne conduite.

Ne jamais oublier que notre richesse réside dans l'aspiration à une union de la gauche offensive et désireuse de transformer le monde. Ne commençons pas par nous excuser d'être ce que nous sommes.

Antoine Blanca

 

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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