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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 11:01

Aucun pays d'Europe occidentale ne paraît en mesure de mettre dans la rue, de manière d'ailleurs répétitive, des foules aussi nombreuse que celles qui ont battu le pavé des villes de France le 7 septembre.

Et pourtant les handicaps ne manquent pas, a priori, qui frappent le syndicalisme français: la multiplicité des organisations, le nombre réduit de militants de chacune, la limitation de leur champ d'activités.
Dans la plupart des autres pays, en effet, les confédérations syndicales  occupent une position quasi-institutionnelle dans la démocratie sociale que les gouvernements socialistes successifs avaient bâti, un peu partout, dans l'Europe de l'après-guerre. Mutuelles d'assurances, sociétés de loisirs et de tourisme social de masse, maisons de la culture...Dans ces conditions l'esprit revendicatif s'est émoussé, même si des mouvements de grève catégoriels ont été conduits, comme dernier recours, et ont abouti à des épreuves de force souvent victorieuses (exception: le long combat des mineurs britanniques qui ont fini par rendre les armes face à la férocité conservatrice de Mrs. Thatcher).

Ces confédérations étaient en outre intimément liées aux partis socialistes (Royaume Uni, pays scandinaves, Allemagne et Autriche etc...). En France, depuis que la CGT avait adopté à Amiens, en 1908, une Charte séparant mouvement syndical et parti de classe, la confédération pionnière s'est enfermée dans le seul mouvement revendicatif.

Sont venues ensuite les scissions, les créations de fédérations autonomes comme la FEN, la naissance du syndicalisme chérétien. Cette tendance  à la dispersion   n'a fait que s'aggraver au fil des années. Il suffisait de voir les défilés du 7 septembre pour mesurer combien le mouvement ouvrier de l'hexagone est riche et varié.

On apprécie alors davantage l'effort pour réaliser et réussir, le plus souvent,  la mise en place d'un front unitaire.

Et la capacité de la gauche française et d'une minorité de travailleurs vraiment syndiqués, à rassembler, plusieurs fois par an, des millions de citoyens dans les rues.

 

Alors nous pouvons, à bon droit, refuser qu'on nous oppose, comme le fait avec malignité le gouvernement, et par ignorance nombre de nos compatriotes, le reste de l'Europe à la France. Ce n'est pas parce que les Allemands ou les Britanniques partent à la retraite à 67 ans, que nous devons suivre. Nous sommes au contraire une exception positive. Nous étions, jusqu'à présent, un exemple, pas un repoussoir. Notre productivité horaire est la plus élevé du continent, le nombre d'années moyen de cotisation avant retraite (41 ans) est le plus long. On peut certes changer beaucoup de choses, mais pas en prenant les reculades des autres, y compris de gouvernements   social-réformistes frères, en exemple. Depuis la Révolution française, contre tous les rois de droit divin des pays voisins, nous sommes la nation qui éclaire le chemin, l'avant-garde de la bonne cause.

Refusons avec force toute contamination du virus néo-libéral.

 

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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