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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 13:06
Personne ne le conteste: le futur pape Benoît XVI a revêtu en son temps l'uniforme des Jeunesses hitlériennes. En revanche on lui trouvera volontiers des circonstances atténuantes: son âge, la pression populaire ou encore la quasi-obligation d'adhésion à ce mouvement dans le cadre d'un régime totalitaire. Donnons-lui une absolution restrictive au bénéfice du doute.
Mais pourquoi manifester un tel zèle en faveur d'une prochaine canonisation de Pie XII? En tout cas le processus est désormais activement engagé.
Eugenio Pacelli, avant d'accéder à la Papauté, était un grand et distingué serviteur de la diplomatie vaticane. Il a représenté le Saint-Siège en Bavière et à Berlin. En tant que principal collaborateur de Pie XI, il assista à la victoire du nazisme et, devenu Pape à son tour, il se trouvait à la tête de la catholicité quand éclata la guerre mondiale. Il fut sans aucun doute l'homme le mieux informé, en sa double qualité de Chef d'Etat et d'expert du monde germanique, de la politique d'extermination systématique des juifs et de toutes les horreurs des camps de concentration.
Agit-il, comme ses défenseurs l'affirment, dans la discrétion propre à l'univers diplomatique qui avait été le sien, pour atténuer ces souffrances? Les témoignages en faveur de cette thèse sont rares et peu probants. En tout cas il se garda de s'exprimer publiquement avec la force que le tragique de la situation eût exigé. Sa parole aurait pourtant, par elle-même, constitué une action. Toute douloureuse qu'elle fût pour sa conscience tourmentée, son attitude pendant la deuxième guerre mondiale fait du futur saint un complice de la Shoah.

Mais je voudrais rappeler ici un aspect de sa conduite dont on parlera  ailleurs beaucoup moins. Ou même pas du tout.
Quand la guerre éclata en Espagne, pour la défense de la République, le "premier ministre" du Saint-Siège qu'il était alors donna son enthousiaste bénédiction à l'attitude de l'Eglise espagnole. En fait il participa au complot et à l'engagement des siens aux côtés des insurgés. Mieux encore: il approuva la décision de Mussolini d'envoyer massivement son armée aux côtés des généraux rebelles.
Enfin, chacun peut consulter les archives d'actualités de l'époque: quand, à la fin du printemps 1939 les divisions de l'Italie fasciste paradèrent victorieusement à Rome, un de ses premiers gestes de Pape fut de bénir leurs drapeaux.
Son attitude, jusqu'à sa mort en 1958 fut constante et, d'une certaine manière, enthousiaste: il tint à s'affirmer le plus solide soutien du "generalisimo" Franco, "caudillo de España por la gracia de Dios".
Aussi, quand je pense à Pie XII, m'arrive-t-il de regretter de ne croire ni en Dieu ni au diable. Car je serais tellement heureux de le savoir rôtissant  en enfer.

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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