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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 12:13

Dans les rédactions de la presse internationale, consigne avait été donnée d'accorder enfin une juste place à l'élection présidentielle au Venezuela. Il était temps. Les enjeux n'étaient pas sans importance: enjeu économique dans un grand pays pétrolier, enjeu politique avec, en outre, la personnalité la plus pittoresque, parfois même imprévisible, du monde latino-américain moderne. Un animateur né, un acteur qui sait donner l'impression de toujours improviser, alors que le moindre de ses bons mots a été médité, la moindre de ses phrases évaluée,

Mais pour que les lecteurs s'intéressent à un débat électoral qui leur paraissait, en Europe, si éloigné de leurs préoccupations quotidiennes, il était indispensable de créér un certain suspens. On ressortit donc à la va-vite les vieux dossiers sur le mini-coup d'Etat initial, le complot qui causa sa chute (brève dans la durée), sa complicité affichée avec l'Iran et, sutout sa relation  affective avec Fidel dont il continue, jour après jour, à solliciter le conseil. Au point de confier sa vie aux Cubains quand le cancer se déclara. Qui devait exiger plusieurs interventions chirurgicales, et un traitement, sans doute, de longue durée.

En laissant entendre que Chàvez pouvait être battu par le candidat unique de l'opposition, la presse internationale savait que dans beaucoup de capitales, et pas seulement aux Amériques, on allait retenir son souffle. Mais ça c'était pour le grand public. Dans les chancelleries on savait que, avec 10 points d'avance dans tous les sondages, la mauvaise surprise était impossible. 'Mauvaise surprise' parce que ni à Washington, ni au Mexique, ni à Brasilia, ni à Bogotà, on souhaitait sincèremment la victoire de l'opposition, même momentanément unie. Trop de bouleversements se seraient annoncés, dans une région sensible, alors que l'on va voter dans trois semaines aux Etats-Unis, que la Colombie négocie avec les FARC*, que le Brésil veut de la stabilité autour de lui...Après sa réconciliation spectaculaire avec J.M. Santos, le président colombien, Chàvez ne compte que des amis ou des alliés dans la région. Sa défaite aurait causé une grande confusion. Et cela, chacun le redoute.

Aujourd'hui la seule véritable inconnue touchant au Venezuela est l'état de santé de son président, la vraie nature de son cancer. Et c'est bien la première fois qu'un secret est bien gardé au pays qui vit naître Simon Bolivar.

Antoine Blanca

* Les négociations se déroulent simultanément à Oslo et à Cuba.

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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