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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 10:20

Je viens de voir une série de reportages sur la préparation de la Coupe du Monde en Afrique du Sud. Très critiques sur la stratégie adoptée par le gouvernement de ce pays. Pour ce dernier la priorité est de démontrer au reste de la communauté internationale que le continent noir est capable d'organiser un événement de cette ampleur. Dans de bonnes conditions matérielles pour les visiteurs et en utilisant des infrastructures nouvelles ou rénovées n'ayant rien à envier à celles d'un grand pays industrialisé.

A-t-on fait le bon choix?

Je répondrais volontiers par une autre question: y en avait-il un autre? A mon avis il n'y en avait pas.

Le prix à payer est certes politiquement et socialement très lourd: pour éviter les débordements par la masse des citadins misérables, on va les tenir à distance. Avec les petits marchands ambulants, les voleurs à la tire, les mendiants et la violence endémique liée à la grande pauvreté. Mais en revanche, si l'organisation est réussie, l'image de la nation de Mandela en sortira grandie et l'Afrique tout entière en tirera une nouvelle fierté. Si l'on avait attendu que soient préalablement réunies toutes les conditions favorables, on risquait d'attendre plusieurs décennies.

Resteront les nouveaux équipements, un élan formidable pour le tourisme de masse, une capacité productive performante et préparée à reléver d'autres défis. Cela fut le cas pour un  grand pays de footballeurs: le Brésil connut une sorte de spectaculaire renaissance à partir de 1950 (1) après avoir organisé, au prix là aussi de grands sacrifices, la Coupe du Monde( elle avait pourtant perdu la finale contre le petit Uruguay au stade Maracana de Rio construit pour l'occasion avec une capacité de 110000 spectateurs).

Au Brésil, et c'est aussi le cas pour l'ensemble des pays africains, le foot est beaucoup plus qu'un sport. C'est en vérité le coeur de la vie sociale et familiale. C'est aussi, pour les enfants un espoir de promotion qui peut se transformer en rêve hollywoodien.

Si les Sud-Africains réussissent "leur"Coupe, ils devront s'atteler à la préparation des lendemains. Aux équipements spectaculaires, devra succéder la construction de milliers de stades beaucoup plus modestes, ou même de terrains vagues améliorés, la formation d'animateurs de quartier, un long effort d'éducation fondé sur la nouvelle confiance en soi qui vient avec le succès.

C'est peut-être grâce au foot que l'apartheid sera enfin vraiment vaincu (2).
Et cela prendra plus de temps que les quelques semaines que dure la Coupe...

 

Antoine Blanca

(1) C'est après avoir reçu les footballeurs du monde entier que le Brésil se lança dans la formidable aventure de la création d'une nouvelle capitale, Brasilia, au coeur du pays. Loin de Copacabana et de ses délices trompeurs.

(2) L'Afrique du Sud est un grand pays de rugby, l'actuel champion du monde même. Mais en dépit des efforts de Nelson Mandela pour l'intégrer à la nation post-aparthéid, ce grand sport est presque exclusivement pratiqué par les blancs.

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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