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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 10:05

Obama vient de passer quelques heures en Amérique centrale. Mais il a pris le temps d'aller s'incliner sur la tombe d'Oscar Romero, l'Archevêque assassiné le 24 mars 1980 sur l'autel où il disait la messe. Le symbole de ce geste se voulait fort: cette partie de l'Amérique hispanophone avait tourné la page de la violence politique et Washington en avait pris note avec satisfaction. A San Salvador le Président américain était allé serrer la main de Mauricio Funes, son collègue salvadorien qui a été élu il y a deux ans sous l'étiquette du FMLN, le Front Farabundo Marti de Libération Nationale. Un vrai conte de fées si l'on pense que l'ancien militant révolutionnaire avait battu dans les urnes la candidate ARENA (1), oriiginellement le parti des pistoleros fascistes qui avaient assassiné l'homme d'église. Et des milliers de leurs concitoyens opposés à leur idéologie criminelle.

J'ai aimé le geste du Président américain sur la tombe de l'archevêque assassiné. Un signe fort destiné, j'aime à  le penser, aux milliers de familles endeuillées dans les années 80 par les actions des "contras" au Nicaragua, des commandos de la mort au Guatemala, des mercenaires à la petite semaine au Honduras payés pour soutenir ceux qui voulaient liquider le sandinisme.

En honorant l'homme d'église, l'administration américaine actuelle sait sans doute, si elle fait un peu d'introspection, que ces combattants morts pour défendre leurs droits et la dignité nationale ont été surtout les victimes de l'impérialisme et de la guerre froide. Même si cela sonne comme un slogan, je n'ai pas trouvé de meilleure expression.


Je me contente de regarder un moment en arrière de l'histoire, sans manquer pour autant de me réjouir du nouveau cours prévalant dans la sous-région centro-américaine...et à la Maison Blanche.

Au Salvador le drame a changé de nature. Les petites guerres qui s'y déroulent n'ont rien d'idéologique. Le cartels de la drogue sont présents partout, la misère pousse des milliers de Salvadoriens à la fuite vers le Nord et le jeune président  Funés a beaucoup de peine à mettre en marche son programme économique, social, culturel et éducatif.

Mais dans son petit pays surpeuplé la guerre civile est finie. Et sans doute ne reprendra-t-elle jamais.

Dans les républiques d'Amérique centrale on donne désormais la priorité à vaincre le sous-développement.

 

(1)ARENA, Alliance républicaine nationaliste, mouvement politico militaire fondé à la fin des années 70 par le Major d'Aubuisson, commanditaire, et peut-être auteur de l'assassinat d'Oscar Arnulfo Romero. Après la signature des accords de paix avec le FMLN le 31 décembre1992 à l'ONU, ARENA choisit la voie électorale tout comme l'ancienne guérilla. L'ARENA a, depuis, gouverné légalement le pays jusqu'à la victoire du FMLN avec Mauricio Funés (mars 2009).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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