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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 11:05

Les populations des pays riches en sont lasses: les infos qui parlent des ravages de la famine dans la corne de l'Afrique, au Soudan ou au Zimbabwe nous fatiguent. Nous entendons la voix d'un monsieur sur son fauteuil lâcher un: mais que fait l'ONU? L'Unicef, la FAO, le Programme alimentaire mondial sont faits pour rémédier à tous ces maux! Les épidémies, le SIDA? L'OMS a été créée pour ça! Et de souffler très fort son agacement d'homme juste, qui paie ses impôts, se dit épuisé par sa journée de travail et ne veut pas, le soir venu, être accablé de nouvelles qui dérangent le corps et l'esprit.

Et puis il y a tous ces gros messieurs africains qui envoient de l'argent par valises entières pour aider des dirigeants français dans leurs oeuvres électorales (1). Alors, que n'aident-ils pas leurs frères de peau dans la misère, s'écrie l'homme dans son fauteuil? Notre bon et juste compatriote emploie ses faibles forces vespérales à dire son exaspération. On peut le comprendre. A condition de bien préciser deux points importants:

1- Les agences spécialisées qu'il cite (il en existe beaucoup d'autres), ne vivent que des contributions volontaires des Etats membres (même s'il existe parfois des comités nationaux qui font régulièrement des collectes comme celui de l'Unicef en France). Leurs moyens ne sont jamais à la mesure du désastre. De puissantes ONG, heureusement, viennent participer de leur effort. Le facteur humain est tout aussi important, à la mesure des risques que courent souvent employés et volontaires. Mais avec l'alibi de la Crise, les Etats donnent de moins en moins, et avec de plus en plus de réticence.

2- L'ONU ne pratique pas la charité. C'est avant tout un outil central de pratique de la solidarité. A côté des agences spécialisées, la Banque africaine de développement et la Commission économique régionale (siège: Addis-Abebba) mettent au point des programmes destinés à encourager les gouvernements à entreprendre des projets. Ces institutions prétendent éviter l'appel aux banques commerciales traditionnelles, lesquelles ne consentent des prêts qu'aux pays riches. Pour ceux qui en ont le plus pressant besoin, les taux deviennent usuraires.

Bien entendu je suis conscient de lasser avec ces constants rappels des possibilités, insuffisamment connues et souvent mal utilisées, offertes par une organisation à vocation universelle. J'insisterai pourtant encore. Je voudrais être de ceux qui participent à l'effort pour arrêter le pillage des richesses du continent noir (diverses et en apparence infinies) avec la complicité intéressée de gouvernants sans scrupule. L'énormité de cette permanente mise à sac ramène le transport de valises de billets à un niveau anecdotique.

Antoine Blanca

1- En France les partis représentatifs sont subventionnés et le coût des campagnes électorales est largement pris en charge par la République depuis près de vingt ans. Alors où va l'argent des valises?

 

 

 

 

 

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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