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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 17:31

Pour arrêter l'offensive sur Bamako de la bande al-qaïdiste, la France a dû jouer le double rôle de pompier et de police-secours. Tous ceux qui critiquent la rapidité de cette intervention d'urgence sont de mauvaise foi. Seul notre pays était prêt et disposé à le faire. L'Union européenne réfléchit encore, et attend des journées d'étude, des évaluations plus approfondies de la situation. Il faut toutefois souligner que certains pays amis, comme l'Allemagne et le Royaume Uni ont apporté une aide technique rapide et non négligeable. Mais sans la détermination de la France la communauté internationale aurait à supporter les conséquences d'une crise sans précédent : un vaste pays africain serait aujourd'hui tout entier entre les griffes de prédateurs utilisant leur version de l'Islam comme idéologie, les trafics en tout genre pour arme budgétaire, une interprétation barbare de la Charia comme système judiciaire et le viol des filles pubères pour le repos du guerrier. A partir d'une telle base, le terrorisme avait des beaux jours devant lui.

 

Admettons que les pays riverains du Mali parviennent enfin à réunir, sous commandement d'un  général nigérien (déjà nommé), une force convenablement motivée et entraînée capable de sécuriser les frontières de la partie nord du Mali avec leurs frères de ce dernier pays. Cela est une hypothèse réalisable.

Mais les jours d'après ? La misère que connaissent les pays du Sahel resterait entière. Il faut que l'Europe et, peut-être l'Algérie,  s'accordent sur un plan à long terme pour sécuriser les pays concernés sur le plan alimentaire et aider, avec l'accord des gouvernements de la région, à la consolidation de forces de sécurité et de maintien de l'ordre.

Pour un tel projet, dont la mise en place est indispensable si l'on veut éviter la répétition de ce type d'événements, la France ne doit pas être seule.

 

La dernière chose que le gouvernement français souhaite est de devoir rester trop longtemps dans le pays libéré mais encore fragile. En ce moment même des spécialistes français et maliens discutent avec des personnalités représentatives des différents courants Touaregs. Ces derniers ont été dupés par des gens dont ils ne partagent ni les pratiques, ni l'idéologie.  La destruction de leurs temples, les violences dont ils ont été l'objet, leur ont ouvert les yeux. Mais la véritable paix dans la région ne se fera pas sans eux...Et sans que leur soit donné satisfaction sur leurs revendications les plus justifiées.

 

Nous apprenons sans surprise que, dans les villes libérées, les soldats français restent à la périphérie, tandis que les maliens patrouillent dans les rues. Tout un symbole de la nouvelle politique française pour l'Afrique.

 

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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