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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 18:05

Pierre Mauroy était le n°2 du PS/SFIO, incarnait l'espoir du changement et du renouveau de ce que l'on appelait alors "la gauche non communiste", quand il donna une preuve indiscutable de son engagement unitaire. Impressionnante pour ceux qui se souviennent de l'ambiance de 'guerre froide' qui habitait toujours les esprits de beaucoup à la SFIO. Pierre avait impérativement besoin d'occuper un mandat électif national. Les militants de la circonscription du Cateau-Cambrésis lui offrirent cette possibilité. Encore fallait-il être en tête de la gauche. Ce qui ne s'était pas produit depuis l'institution de la Ve République. S'il y parvenait, l'élection au 2e tour serait une formalité. Mais 2000 voix de différence, ce n'était pas facile à combler.
L'année 1967 s'annonçait pourtant favorable pour la FGDS, union des partis démocratiques et socialistes que présidait François Mitterrand depuis sa  belle participation à la présidentielle de 1965. Il avait été le candidat de tous les partis de gauche, des socialistes au PCF. Et il avait mis De Gaulle en ballotage. Pour Mauroy, c'était en réalité le début d'une nouvelle stratégie d'union, une nouvelle espérance qui se tranformerait en réalité le jour où la démocratie socialiste dépasserait les communistes dans les urnes. C'est à cette condition que les électeurs français se laisseraient convaincre de porter la gauche au pouvoir.

Or, au soir du 1er tour le candidat PCF le dépassait d'une petite poignée de voix. Je me souviens, ayant fait toute sa campagne avec ma femme, de l'appel qu'il reçut, aussitôt le résultat connu, de Georges Marchais, alors bras droit de Waldeck-Rochet*. "Pas de problème, Pierre. Notre candidat se retirera en ta faveur. Le Bureau politique vient de le décider". -

Mais lundi matin nous apprenions que, dans la circonscription voisine du valenciennois, le maire socialiste de Saint-Amand-les-Eaux, Georges Donnez, dit 'Jojo', bien que distancé largement par le PCF, avait décidé de se maintenir, faisant ainsi un clin d'oeil coquin à la droite pour qu'elle vote en sa faveur. Il poussa sa triste comédie jusqu'à se faire hospitaliser, devenant injoignable pendant les heures décisives. Mauroy n'hésita pas: il appela Marchais pour lui faire savoir que, si Donnez persistait dans sa dissidence, il ferait voter PC au 2e tour. Ce qu'il fit en dépit de l'affaiblissement de sa position politique nationale.

Il ne devait arriver à l'Assemblée qu'en 1973. Elu de la 1ére circonscription de Lille, ville dont il était le 1er adjoint au Maire depuis 71**. Quelque semaines plus tard, il s'installa comme patron du beffroi de la capitale des Flandres.

 

Antoine Blanca

* Secrétaire général du PCF à cette époque.

** Le maire de Lille, Augustin Laurent, lui avait fait savoir qu'il ne laisserait la place que s'il gagnait sur la droite la 1ère circonscription.

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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