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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 12:05

Les comparaisons en matière de politique et de société sont toujours, en partie tout au moins, hasardeuses. Je prendrai tout de même le risque de rapprocher le désarroi des communistes espagnols en 1977 (premières élections libres après la mort de Franco), et la désillusion des militants du Front de Gauche après l'annonce des résultats de la présidentielle (1er tour), le 22 avril. Les premiers avaient, pendant les interminables années de clandestinité, payé le prix le plus élevé de la résistance à la dictature. Les seconds pensaient avoir réussi leur campagne au-delà de toutes leurs espérances, retrouvé les joies du drapeau rouge brandi et de "l'Internationale" hurlée à pleins poumons. A Madrid comme à Paris, ce sont les socialistes, les "satanés" réformistes, qui ont finalement chanté victoire. Les Espagnols ont estimé, en leur âme et conscience, que c'était le leur, le bon chemin.

Et pourtant...Si on avait proposé à Mélenchon et à ses alliés PC, en entrant en campagne, de signer pour 11% des voix, ils l'auraient fait des deux mains. Meetings, défilés, rassemblements réussis sont ensuite passés par là et regonflé à bloc candidat et supporteurs. Au-delà du raisonné et du raisonnable. Et notre bon Jean-Luc de rêver tout haut à une place de finaliste. 

Le verdict du 22 a dû le ramener sur terre. Le score total de la gauche non socialiste est finalement resté dans la fourchette, haute, habituelle depuis 1981. Mais en dépit des déceptions affichées, le résultat se révèle, à bien le peser, positif. Tant pour le bouillant candidat comme pour le PCF lui-même. Le premier est devenu une figure politique remarquée, le second a cessé d'être une force marginale descendue des sommets.

La leçon que nous nous voyons contraints de tirer: les citoyens, y compris ceux qui aiment, comme moi-même, les drapeaux prolétariens et les chants de "La Commune de Paris", ne sont pas disposés à se sacrifier pour une révolution incertaine. Et les slogans ne suffisent pas. Nous savons bien que "la révolution citoyenne" du camarade Mélenchon ne peut se réaliser qu'avec le vote libre des citoyens eux-mêmes.

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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