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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 10:43

Les cartels de la drogue veulent aussi une part du pouvoir politique. Ils viennent d'en donner une preuve particulièrement sanglante en assassinant le candidat du PRI (parti révolutionnaire institutionnel) à Tamaulipa et les huit collaborateurs qui l'accompagnaient. Avec 75% des intentions de vote la victime était assurée de la victoire, ce dimanche 4 juillet. Le Mexique a une constitution fédérale et 12 postes de gouverneur doivent être renouvelés ce jour là.

C'est un épisode de plus dans une guerre sans nom qui oppose un président Calderòn affaibli aux groupes armés des trafiquants, chaque jour plus  professionnels et qui paraissent avoir unifié leurs efforts. Ils massacrent ou enlèvent tous ceux qui leur résistent: élus, journalistes, magistrats. On estime à 22000 le nombre de morts depuis trois ans, les trois quarts ayant été tués dans des réglements de comptes entre bandes rivales voulant assurer leur suprématie dans le contrôle du trafic. Les vainqueurs sont à présent passés à l'étape "politique".

C'est que le PRI, déjà assuré de triompher dimanche prochain, est en situation de gagner la prochaine présidentielle au terme d'une cure d'opposition de douze ans (après avoir tenu les rênes pendant soixante dix ans de manière ininterrompue). Il pourrait avoir tiré les leçons de ses faiblesses passées, plus coupables les unes que les autres. Le PRI, déjà bien installé de nouveau dans la majorité des Etats de la fédération, pourrait constituer un pouvoir fort à partir du palais présidentiel, soutenu par les gouverneurs, la majorité des maires et les syndicats. Un pouvoir solide et expérimenté susceptible de se faire respecter.
Cela n'a jamais été le cas du Parti d'action nationale, le PAN, de l'actuel chef de l'Etat, organisation de droite, d'origine patronale, longtemps tolérée par un PRI autoritaire comme l'une des oppositions à sa toute puissante majesté. Calderòn est le piètre représentant de cette version molle du parti républicain américain.

Alors l'offensive politique des cartels se veut préventive. Ils veulent continuer d'intimider (ou d'acheter) les hommes politiques et la presse.

Le retour du PRI les fait paniquer.

La tuerie de Tamaulipa, qui rappelle le Chicago d'Al Capone, en donne une preuve. La grande mafia avait déjà assassiné en 1994 à Tijuana, un futur Président, le candidat du PRI Luis Donaldo Colosio. Le grand parti de gouvernement avait alors paru céder.

Ce n'est heureusement pas le cas aujourd'hui: avant même que Rodolfo Torres Cantin soit mis en terre, son frère, maire d'une ville importante de Tamaulipa était désigné par le Parti. Le PRI a donc choisi de relever le défi.
Il gagnera dimanche et étendra bientôt son pouvoir sur tout le pays.

Cent dix millions d'habitants sont concernés par les événements qui pourraient changer toute la donne.

Nul doute que la Maison Blanche suivra de près les évolutions dans un Mexique qui est son seul voisin terrestre au sud. Sur 4000 kilomètres...

 

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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