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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 23:34

Dans l'impasse où il s'est enfermé, Sarkozy et les siens comptent sur la division et la provocation du camp syndical et démocratique.

Pour le moment la division n'est pas perceptible, même si elle est latente. Que peut penser un salarié gréviste qui donne sa journée, de son camarade qui garde sa paye? Les deux sont pourtant placés à la même enseigne, demeurent peut-être encore amis et solidaires. Mais n'assument pas de la même manière le coût moral et financier de la solidarité. Cela ne peut être qu'un facteur de division.

La provocation, elle, est naturellement dans la tête de tout politicien de droite. Depuis le début. Mais l'appréciation, là aussi, sur la manière et l'opportunité sont facteurs de division. Sarkozy tient difficilement tout à lafois ses nerfs et ses propres troupes exception faite du petit cercle de dévôts. 

Mais la droite entière a dans sa tête ce qui se produisit à la fin de mai 68,  un retournement complet de situation inspiré par celui qui avait déjà pris la place du Général, Georges Pompidou. La gauche mit ensuite 13 ans à s'en remettre.
La situation actuelle n'est pas comparable. Le seul point commun, ce sont les jeunes: en 68, ce sont eux qui, de manière brouillonne, sans véritable proposition globale cohérente, avaient lancé un mouvement spectaculaire dans lequel les travailleurs avaient fini par se faire une place. Les étudiants s'étaient en fin de compte  soudain évaporés, sans presque crier gare. Les salariés avaint engrangé des avantages que l'économie serait bien incapable de leur accorder en 2010.

La gauche politique, elle, avait morflé. En 68, 69 et 73,  trois défaites électorales historiques.

Presque impensable aujourd'hui, si l'unité syndicale et politique continue de prévaloir. Depuis longtemps Sarkozy fait savoir qu'il craint surtout la jeunesse en mouvement. Les responsables des partis et des confédérations ont vu le piège qu'on pourrait leur tendre en les accusant de jeter les enfants dans la rue (remarquez qu'on ne parle pas d'étudiants, mais de collégiens et de lycéens). "Nous ne voulons pas instrumentaliser la jeunesse", ont-ils dit presque en coeur les dirigeants syndicaux et politiques tandis que l'UMP faisait davantage que montrer le bout de son nez un peu tuméfié.

Qu'on laisse donc les responsables continuer à gérer avec détermination et prudence ces événements qui ne doivent pas les déborder, nous déborder.

Que certaines ambitions politiques individuelles, cycliques, ne viennent pas offrir les prétextes à un pouvoir qui n'en a que trop besoin pour jouer la politique du pire. Sachons déjouer les provocations.

 

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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