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24 novembre 2012 6 24 /11 /novembre /2012 11:39

Le président Hollande l'a confirmé à plusieurs reprises : la France veut  aider le Mali à retrouver son intégrité territoriale. Sans intervenir directement dans les opérations, faut-il le dire...

Mais que se passe-t-il vraiment sur le terrain ?

-- L'Algérie et le Burkina-Faso jouent la carte de la négociation via le MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad, touaregs plutôt laïcs) et Ansar el Dina (défenseurs de l'Islam et narco-islamistes notoires). J'avoue que les subtilités de la diplomatie algérienne m'échappent, Le Matin, quotidien algérois, écrit ainsi: "Aux frontières fermées avec le Maroc, se sont ajoutés les 900 kilomètres avec la Libye et les 1400 de la frontière avec le Mali. A l'image de son président qui s'enferme dans son palais, l'Algérie se bunkérise...à défaut d'influer sur ces voisins" (1). Bon courage à François Hollande qui visitera l'Algérie le mois prochain et espère convaincre son homologue de jouer un rôle important dans l'opération militaire qui devrait se concrétiser au début du printemps prochain, pour libérer le Mali.

-- Bamako, premier intéressé en l'affaire, a du mal à reconstruire une armée dont l'indiscipline porte une lourde responsabilité dans la situation présente. Forte de 7000 hommes au début de l'année elle n'en compte plus que 4000 après sa tentative de coup d'Etat du mois de mars. En outre son unité d'élite parachutiste (qui assurait la sécurité présidentielle), a été disloquée.

On ne sait pas aujourd'hui, avec certitude, de combien de combattants disposera la force d'intervention de l'ouest-africain appelée à libérer le nord du Mali des envahisseurs.

Dans ces conditions il est douteux que le rôle de l'Europe, et en premier lieu de la France, se limitera à celui de conseiller, de formateur et d'intendant. Les unités qui sont déjà sur le terrain seront appelées à intervenir directement, d'une manière ou d'une autre.

Le lieutenant-colonel Seydou Moussa Diallo, a eu le courage d'écrire (L'indépendant, de Bamako) "...Je suis indigné et révolté. Mon pays est agressé et occupé dans ses deux-tiers par des bandits armés, des barbares apatrides et autres mécréants qui, au nom d'un Islam mal assimilé, sèment la terreur...[l'armée malienne] doit se réconcilier avec elle-même afin d'aller à la reconquête des territoires perdus...L'armée malienne après sa défaite a cessé le combat; elle a rangé le matériel et attend aujourd'hui un miracle..."L'officier indigné est aujourd'hui aux arrêts.

Son indignation est justifiée. La pagaille et la corruption ont rendu possible le désastre que connaît un grand pays. Un demi-siècle d'indépendance, et voilà que le sort du Mali dépend de la bonne disposition qu'auront les voisins (tous d'abord attentifs à leurs propres intérêts) et, surtout de l'ancienne puissance colonisatrice, la France.

La communauté internationale devra tirer les leçons de tous ces disfonctionnements. L'ONU, bien absente en l'occurrence, en premier lieu. Il est vrai qu'elle est trop inquiète par l'occupation du Kivu, par un prétendu mouvement rebelle tutsi(2), en réalité aux ordres du Rwanda voisin. Les richesses minières de cette province de la RDC sont vraiment trop attirantes, surtout devant la passivité de l'armée du président Kabila...

 

Antoine Blanca

1- Cela témoigne de la liberté de la presse en Algérie.

2-Le M23


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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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