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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 17:12

Hier dimanche les Mexicains ont ramené le PRI* au pouvoir. Ils l'ont fait sans enthousiasme, mais avec lucidité. Le président élu, Enrique Peña Nieto, n'est pas seulement un homme jeune et photogénique, marié à une rayonnante beauté de la TV. Il est avant tout le leader du seul parti vraiment organisé dans le pays tout entier, dont les représentants sont à la tête de la majorité des Etats de la fédération et des municipalités petites et grandes (la capitale est cependant restée fidèle à la gauche), et comptera sur le soutien des deux chambres du Parlement. Peña Nieto a déjà fait ses preuves de gestionnaires comme gouverneur de l'Etat le plus peuplé du pays. C'est aussi un juriste aux compétences reconnues. Son élection ne va pas épouvanter le monde des affaires, au-dedans comme au dehors du pays: il y a belle lurette que le PRI a renoncé à sa vocation originelle révolutionnaire pour se rapprocher d'un certain libéralisme. C'est avant tout une gigantesque machine à contrôler et à encadrer. Les électeurs paraissent avoir choisi la sécurité avec ses inévitables inconnues, contre Andrés-Manuel Lòpez Obrador (AMLO), personnage charismatique venu de la gauche du PRI, qui avait peut-être été vaincu par une manipulation il y a six ans au bénéfice de l'actuel président Felipe Calderon (PAN, droite libérale). Mais depuis il ne parvient plus à convaincre de sa capacité à diriger la Nation.

Il était significatif, en outre, que Vicente Fox, celui qui avait interrompu, en 2000, le règne absolu des priistes depuis 1929, ait lui-même appelé à voter pour le PRI contre la candidate de son propre parti. "Felipe Calderon a été un mauvais président", a-t-il proclamé en substance. Comme beaucoup de ses compatriotes Fox a fait le choix du retour à la stabilité.

Il faut espérer que, comme il l'a souligné dans sa première déclaration dès la proclamation de sa victoire, Peña Nieto tirera toutes les leçon du passé, quand l'hégémonie absolue de son parti se caractérisait par l'opacité de son système de gouvernance, l'autoritarisme de ses élus et la corruption qui l'accompagne et, parfois, la violence de la répression contre les opposants.

Antoine Blanca

* Le Parti Révolutionnaire Institutionnel est une singularité mondiale. On a souvent tenté d'imiter son modèle incarnant un gouvenement autoritaire sans être qualifié de dictatorial. Depuis l'institutionnalisation de la Révolution (1910-1917) en 29 il était une force hégémonique, mais tolérait, voire encourageait un certain pluralisme contrôlé. La presse était raisonnablement libre et savait, s'auto-censurer sans grand traumatisme. La clé du système priiste était le principe absolu de non-réelection du Président  Il n'y a jamais eu le moindre manquement à ce principe. Le président sortant devenait le bouc émissaire de son successeur et camarade de parti. C'était le jeu. Je n'ai jamais su comment le PRI désignait son candidat, donc, jusqu'en 2000, le nouveau Chef de l'Etat.

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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