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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 12:10

La première rencontre entre les présidents Obama et Hollande ne pouvait que bien se passer. Certes, le premier est en campagne quand son visiteur l'a laissée victorieusement derrière lui. Mais l'un et l'autre incarnent ce que j'appelerais le même possibilisme (un vilain mot pour les socialistes, mais...), le juste dosage politique susceptible de permettre à un homme de gauche contemporain d'être élu dans une démocratie occidentale. Même s'ils évoluent dans des univers très différents (historiques, sociaux et humains), les similitudes, les compatibilités l'emportent, quel que soit le point de vue de l'observateur.

Obama a accueilli avec satisfaction l'élection de François Hollande. Le prédécesseur de ce dernier a toujours été ménagé pour une raison évidente: Sarkozy était toujours, par avance, d'accord avec toute initiative de Washington. En témoigne sa décision, contestable entre toutes à mes yeux: celle de retourner dans le giron militaire de l'OTAN, mettant ainsi, d'une certaine manière nos armées sous les ordres des Etats-Unis en cas d'opérations conjointes. Le Commandant en Chef de la première force militaire de monde ne pouvait qu'apprécier un tel esprit d'allégeance. Il sera désormais difficile de se libérer de ce carcan. Je suis toutefois persuadé de ce que le président américain préfère une alliance faite de sincérité, de réflexion et de franchise à l'inconditionnalité futile. Le changement intervenu en France devrait lui convenir. Et nous espérons  qu'il sera bientôt investi d'un nouveau mandat de quatre ans, pendant lesquels une relation de confiance s'affirmera et contribuera au renforcement des démocraties occidentales.

On n'ignore pas que la déception de certains est à la mesure des espoirs disproportionnés qu'ils avaient placés dans la victoire de l'ancien sénateur de l'Illinois. On espérait, à gauche, de véritables prouesses: sur la scène internationale (au Moyen-Orient, une véritable ouverture en direction de Cuba...), comme dans les domaines sociaux et culturels. Cette déception doit être relativisée: la marge de manoeuvre dont le Chef de l'Etat US disposait au Congrès s'est trouvée rapidement réduite. La prudence dans sa démarche, qui lui est généralement reprochée, s'explique par la constante préoccupation de ne pas compromettre définitivement l'avenir.

A sa manière et à la place qui est désormais la sienne, François Hollande a lui aussi pleine conscience de tout ce qui limite ses ardeurs réformistes. Aussi ne s'est-il engagé devant les Français et les Européens que pour ce qu'il peut tenir pendant la durée d'un mandat de cinq ans.

Sans être dans le secret des conversations de la Maison Blanche, j'ai le sentiment que les deux hommes se sont compris et appréciés.

Nous savons bien, au fond de nous-mêmes, que l'un et l'autre représentent la solution la plus progressiste d'exercice du pouvoir, celle  compatible avec les dures réalités, dans un environnement global hostile.

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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