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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 10:28

L'impopularité du Président Hollande, un an après son élection, a plusieurs explications. Les unes sont liées à la crise et à ses conséquences sur la France. Pas de solution en vue dans le court terme, même si, à mon sens, la majorité parvient assez bien à limiter les dégâts et à créer les conditions de la relance..

L'autre tient à des insuffisances dans la communication. Le Chef de l'Etat a sa part de responsabilité dans cette affaire. Ainsi, sa dernière 'grande messe' télévisuelle avec David Pujadas, n'a convaincu que les fidèles. Où est passé le prof d'Economie admiré de ses étudiants par la clarté de ses propos et la pertinence de ses analyses? Bien entendu, il faut comparer ce qui est comparable. L'audience n'est pas la même sur les bancs de Sciences Po et sur les canapés familiaux des Français devant leur écran. Mais la 'boîte à outils' dont il utiliserait le contenu avec à pertinence pour remettre le pays sur les rails, n'a pas été une idée lumineuse...


Nous avons constaté aussi comment, avec un bel ensemble, la presse nous est tombée dessus après son intervention. Même s'il est vrai que nos grands journalistes ont davantage tendance à suivre l'opinion qu'à l'informer, à lui fournir des éléments  de réflexion: la réaction des medias est trop négative, couvre trop de terrain, pour qu'il n'y ait pas insuffisance dans la communication.
Et sur ce point, que dire des correspondants de la presse étrangère? Bien entendu personne n'ignore qui sont leurs maîtres et, qu'en conséquence, ils doivent automatiquement s'efforcer de démolir l'image de tout homme politique de gauche en situation de pouvoir. Mais je suis certain qu'on pourrait tempérer leurs ardeurs réactionnaires (oui, cela va au-delà du conservatisme ordinaire), en leur envoyant des interlocuteurs dotés de véritable capacité pédagogique et de pouvoir de séduction. Encore faut-il, il est vrai, que les dits porteurs de la bonne parole, soient eux-mêmes suffisamment convaincus, pour convaincre à leur tour par la force des arguments...

 

Mais d'une manière plus générale les observateurs politiques se sont trompés. Et font payer leur propre erreur au pouvoir. Ils avaient parié leur dernier euro sur un remaniement. Naturellement nombre de personnalités de gauche se voyaient déjà à Matignon (l'amour du pouvoir peut rendre maso) et, à l'exemple de Bartolone, se sont précipitées pour présenter leur candidature. Erreur. Hollande peut parfois pécher par esprit de conciliation excessif, il ne cèdera jamais dans les domaines qu'il juge essentiels. Personne n'est autorisé à présenter publiquement sa candidature. En l'occurrence Hollande n'est pas dans la contradiction quand il estime  que Jean-Marc Ayrault peut continuer de rendre de grands services à la République. Le remercier, en nommer un autre (ou une autre), lequel, compte tenu des perspectives à moyen terme serait lui-même (elle-même) grillé dans les six mois, serait une faute de calcul majeur.
Non, ce n'est pas la bon chemin à emprunter pour réduire la crise de confiance. La faille est dans la communication à tous les niveaux.

Y compris à celui du sommet de l'Etat.

 

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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