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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 09:03

La presse a parlé très peu de Habib Bourguiba dans ses  articles. Avant comme après la fuite de Ben Ali et de sa famille. Opportunitsme politique? Priorité donnée au direct ou, à tout le moins, à l'actualité et à ses nouvelles figures? Peut-être. Mais je pense, hélas surtout qu'il s'agit de pure méconnaissance de l'histoire de la Tunisie moderne.

Comment expliquer le goût de Tunisiens, même des plus jeunes, pour la culture, tant européenne qu'orientale, leur rapport à l'autre marqué par l'esprit de tolérance, leur préférence collective pour le dialogue comme meillleur moyen d'éviter la confrontation qui évite la contradiction?...

Je vois encore, sur les  écrans de la toute nouvelle Télévision tunisienne, le Président, le premier jour du jeûne annuel de Ramadhan, après des bons souhaits rituels à ses concitoyens, se servir un verre de jus de fruit et expliquer, après avoir cité trois versets du Coran: "moi je jeûnerai à mon rythme, enfonction des hautes obligations de ma charge.

Et j'invite les travailleurs qui effectuent de tâches pénibles, souvent sous un soleil brûlant, à privilégier la santé de leur corps car Dieu (rappel des versets) le veut ainsi".

Et Bourguiba fit adopter une Constitution laïque, l'enseignement des principes de liberté, égalité et de fraternité, la semaine européenne et le dimanche comme jour férié hebdomadaire. Aucune mention de Charia, la loi islamique.

Ataturk était son modèle.

Et puis vint la dégénéresce du corps, du cerveau. Progressive, à peine notable. Déjà le Président s'était séparé de sa femme, une Française militante, très populaire parmi les Destouriens. Elle s'était toujours trouvée là à l'époque des persécutions, des emprisonnements, des déportations. La nouvelle femme était plus jeune et plus belle, mais était surtout bien décidée à jouir, le plus longtemps possible, des plaisirs du pouvoir.
Présidence à vie: Bourguiba, était encore en possession de tous ses moyens quand commença sa crise d'autoritarisme.
C'est de ce ventre immonde que vient Ben Ali. Un milltaire assoiffé de pouvoir et bientôt d'honneurs et de richesses mal acquises.

S'il avait pu prendre le pouvoir sans coup férir, c'est que les citoyens tunisiens ne supportaient pas l'idée d'une "présidence à vie"soumise aux caprices de la belle-famille du "Combattant suprême".

Non, le général-dictateur Ben Ali n'est pas le fruit d'une "génératiion spontanée"

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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