Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 10:51

Dans le vol qui nous conduisait à Lima, il y avait, en ce début de l'été européen, la petite foule habituelle de familles péruviennes, travaillant en Europe, et revenant passer quelques semaines au pays avec des valises peinant à contenir cadeaux et commandes destinées à leurs proches. Celles et ceux qui sont partis reviennent rarement de manière définitive. Du moins avant l'âge de la retraite.

Et puis, même si cet exode ne connaît plus les chiffres d'antan, le flux ne s'est pas notoirement tari. L'émigration d'aujourd'hui, vers les Etats-Unis et l'Europe, est toutefois moins massive et mieux préparée par les amitiés déjà installées sur la terre d'accueil. Personne ne quitte plus le Pérou dans la précipitation ou à l'aveuglette(1).

 

En revanche il y a de nouvelles arrivées.

1 -- celles de professionnels latinos, surtout péruviens, architectes, ingénieurs et experts dans tous les corps de métier, attirés par l'énorme vague de constructions  qui submerge le pays. Elles vont de l'immeuble géant au petit ensemble de maisons destinées à la plus modeste des classes moyennes.

2 -- pour la première fois depuis les années 50 les consulats européens doivent faire face à l'arrivée de touristes d'un nouveau type: ceux qui viennet chercher au Pérou une place au soleil de l'emploi.

Sans être de hippies, il y a parmi eux les habituels rêveurs. Mais il s'agit là d'une minorité: tous les autres, après avoir vendu leurs biens en France (immobiliers ou fruits d'un héritage opportun, fondent des entreprises dans le secteur tertiaire. A cours de mon bref séjour j'ai pu constater que certaines d'entre elles se sont rapidement développées.

Retour donc, toute proportion gardée, un siècle en arrière;
Il es vrai qu'avec un taux de croissance de près de 10%, plusieurs années de suite, le Pérou est en train de prendre de nouvelles couleurs. Sur le plan social le gouvernement apriste d'Alan Garcia a réalisé des performances enviables dans les secteurs qui me sont les plus chers: l'éducation, le logement, le transport, l'agriculture bio, l'accès à la santé pour tous, ou pour presque tous.

Les failles demeurent. Les inégalités aussi. Mais une certaine prospérité est visible, la justice est aussi indépendante que possible, les régions consolident une évidente autonomie de décision  pour les thèmes qui concernent leurs citoyens.
Neuf ans après notre départ, dix ans après la chute de la corruption de masse fujimoriste, mes plus beaux espoirs n'ont pas été fondés sur du sable.

 

Antoine Blanca

 

(il demeure qu'en ce qui concerne les Etats-Unis, l'immigration reste, dans la majorité des cas, provisoirement au moins illégales; je reste pourtant persuadé qu'avant la fin de ce siècle la Maison Blanche sera occupée par unGarcia ou un Martinez...)

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
  • Contact

Recherche

Liens