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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 10:25

Comme il convenait de s'y attendre, la tragédie vécue par Haïti, ses gens et sa terre, a cessé d'être au centre de l'actualité. Rien de plus naturel: d'autres catastrophes, de nouveaux drames l'ont, sinon effacée, du moins relégué au second plan. Nous-mêmes, riches (dans la relativité) Européens avons des soucis plus immédiats, proches de notre vie quotidienne. Et susceptibles d'affecter  de front notre avenir et celui de notre descendance. Pourtant, une fois les morts mis en terre, les blessés soignés ou amputés, Haïti peut se frayer les voies d'une renaissance. Gardons à ce pays frère un petit coin de notre vigilance solidaire.

La renaissance dont je parle est soumise, de mon point de vue, à plusieurs conditions:

-- qu'un gouvernement national soit investi dans la clarté, qu'il exerce effectivement son autorité légitime, que l'esprit de responsabilité citoyenne prenne le pas sur le clanisme et les divisions religieuses et  (ou) politiques; faire front tel un peuple engagé malgré lui dans une guerre d'agression;

-- que ce soient les organisations du système des Nations Unis qui, en  bonne intelligence avec le pouvoir d'Etat, prennent en mains les projets, la coordination des budgets alimentés par l'aide internationale; et non les associations caritatives et les ONG. Si l'action de ces dernières, le dévouement de leurs militants,  la générosité de leurs donateurs, ont donné un immense souffle à la solidarité internationale, la phase de reconstruction dans laquelle Haïti vient d'entrer cahin-caha ne peut se réaliser dans l'émiettement et la douce anarchie;

-- que le libéralisme économique cède la place à la planification, notamment dans les domaines de l'agriculture (laquelle doit bénéficier de prix protégés) , du  principe de priorité nationale dans les secteurs de la production traditionnelle telles celles du café, des fruits tropicaux et, surtout, celle du riz, denrée qui constitue, avec la viande de porc, la nourriture de base des habitants;

-- que la main-d'oeuvre haïtienne soit recrutée sur les chantiers qui  continuent de s'ouvrir et que les cadres émigrés soient encouragés au retour  en faisant appel à  un élan patriotique enfin digne de l'histoire de cette nation. Une nation  qui fut la première, en Amérique latine, à proclamer son indépendance (et à accueillir Simon Bolivar lors de son premier exil politique).

 

Haïti fait partie de notre famille francophone. Ne l'oublions pas. Apprenons à mieux connaître ses réalités et ses potentialités: ainsi, chassons une autre idée reçue, celle qui ignore, entre autre, que c'est essentiellement la capitale Port-aux -Princes et se région qui ont été ravagés. Non la totalité du territoire. Du même coup, ce sont les campagnes et les petites villes qui, avec la deuxième cité du pays, Port Haïtien, qui ont vu arriver par centaines de milliers parents, amis et...simples sinistrés.

C'est un fait dont il faut absolument tenir compte dans l'oeuvre de reconstruction. Evitons donc de surpeupler, une nouvelle fois, les lieux qui se sont trouvés au centre du séisme.

 

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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