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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 11:55

Dimanche dernier on votait au Pays Basque espagnol et en Galice. Les observateurs s'accordaient tous à pronostiquer une poussée nationaliste (il s'agit de deux régions très sensibles au chant des sirènes indépendantistes), et à un affaiblissement des deux grands partis espagnols, PSOE et Parti populaire. Les électeurs ne l'ont pas  entendu de la même manière.

Le PP, parti de Mariano Rajoy, représentant la droite parlementaire a fait bonne figure et a même renforcé sa position en Galice, la Bretagne espagnole, d'où le Président du gouvernement est originaire. Ici les indépendantistes n'ont pas de place. Ils l'abandonnent aux groupes partisans d'une autonomie renforcée, notamment sur le plan culturel. La gauche, elle, est marginalisée.

En Euzkadi, la victoire des souverainistes est totale. Le Parti national basque (PNV), démocrate chrétien, pourra gouverner la région à son aise. Le futur Lendakari, chef du gouvernement autonome, sortira de  ses rangs. Les ultra-indépendantistes, ceux qui s'exprimaient il y a peu de temps encore, au travers des actions criminelles d'ETA, montent, pour employer une expression sportive, sur le podium, le triumvirat de tête. Quant au PS d'Euzkadi, il a perdu toute chance de peser sur l'Exécutif qui sera formé demain. Or le PSE/PSOE jouait, hier encore, un rôle déterminant, puisque le lendakari sortait de ses rangs. On louait partout son style consensuel, l'équilibre de sa gestion. Mais les louanges n'ont pas suffi. Il est passé à la trappe...

Pour résumer la situation post-électorale: la droite a globalement gagné. C'est clair en Galice, ce qui va renforcer Rajoy face à ses adversaires (notamment dans son propre parti). D'une autre manière au pays basque où les démocrates chrétiens vont reprendre les clés  du pouvoir exécutif (ils ne les auront lachées que pour bien peu de temps, une parenthèse somme toute). La droite souverainiste se retrouve ainsi confortée, alors que l'on s'apprêtait à prendre acte de son affaiblissement progressif.

Cette poussée de la droite, au moment où elle gouverne en plein crise économique et sociale, nous désoriente. Elle n'est pas logique. Le PSOE aura bien du mal à se remettre en selle. Et son prochain congrès promet d'être dramatique. Il faudra que la base choisisse enfin le terrain sur lequel la gauche livrera bataille. Avec José-Luis Rodriguez Zapatero, on avait choisi celui de la modernisation de la société. Une manière d'avouer son impuissance sur l'économique et le social. Quel pacte d'alliance le vieux parti ouvrier qu'il fût, va-t-il signer avec les syndicats (essentiellement l'UGT, autrefois organisation soeur, et les Commissions ouvrières, autrefois phagocytées par le PCE), et avec l'union de la gauche radicale?

Voilà de bons thèmes de réflexion pour l'action. Au moment où se brouille la perspective d'une alternance gauche (dominée par le PSOE), droite PP. 

Cela assurait un équilibre et paraissait renforcer la démocratie dans un pays qui l'avait tellement malmenée. La fronde régionale, indépendantiste ou souverainiste,  va compliquer, d'une manière différente, cette perspective. Alors que ETA a déposé les armes, renoncé au terrorisme, c'est sur le plan électoral que la faiblesse des institutions a été mise à nue. Cela peut faire oublier, un moment la profondeur de la crise mondiale. Un moment seulement. Or les indépendantistes refusent de regarder en face ces dures réalités auxquelles Basques et Catalans n'échapperont pas. Tôt ou tard le moment de vérité arrivera

Antoine Blanca.

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  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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