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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 09:42
Le 13 décembre les Chiliens voteront pour élire le successeur de Michelle Bachelet. Seule certitude: il y aura un deuxième tour. La logique aurait, certes, voulu qu'il oppose, le 17 janvier 2010, le candidat de la droite à celui de la "Concertaciòn"(en gros une coalition entre PS, PSD et Démocratie chrétienne). Mais un perturbateur est venu donner une autre touche au tableau politique convenu: le jeune député socialiste Marcos Enriquez-Onimani a décidé de jouer, comme on dit en foot, la partie "perso". Et les choses marchent bien pour lui: non seulement il est sorti du relatif anonymat qui était le sien, mais il détient en outre la clé du deuxième tour.
En fait, peut-être sans le rechercher, a-t-il rompu les règles établies par les grands anciens pour assurer, en accord avec Pinochet et avec la garantie de la communauté des nations, la transition pacifique entre dictature militaire et démocratie pluraliste. Le fonctionnement de celle-ci devait avoir été jugé acceptable par les putschistes de 1973 et par leurs complices de la société civile. Une Constitution négociée, une loi électorale taillée sur mesure pour la droite, une présence institutionnelles lourde des uniformes étoilés.
C'est afin de contourner cette menace, toujours suggérée, que le traditionnel parti démocrate-chrétien (dont les élus avaient fait le nécessaire pour préparer le terrain au complot des armées, avant de déchanter rapidement) et les socialistes du PS et du PSD se sont concertés en 1989  afin d'assurer alternativement la présidence, de se partager les ministères et de garantir raisonnablement la stabilité démocratique. Voilà vingt ans que cela dure.
Après la socialiste Michelle Bachelet (qui va laisser le palais de la Moneda avec plus de 80% de taux d'approbation!), c'était au tour des centristes. de jouer le premier rôle dans une pièce bien répétée. Un ancien président de la transition, fils lui-même de Chef de l'Etat (en l'occurrence le prédécesseur d'Allende), était cette fois le candidat de la fameuse concertation pour garantir la continuité démocratique et faire barrage au néo-pinochétisme incarné par M. Piñera. Le coup paraissait jouable. L'est-il  encore après le coup d'éclat du jeune Marcos? L'inconnue est presque totale.
Nombreux avaient été ceux qui estimaient que le jeune député ne parviendrait pas même à réunir les 36000 signatures  d'électeurs nécessaires au dépôt de sa candidature: ils se trompaient. L'intéressé dispose, disons-le, de précieux atouts: fils de révolutionnaire mort les armes à la main, il a été adopté par un socialiste respecté, qui deviendra, dans les années quatre-vingt-dix, ministre de l'économie; ayant suivi son père adoptif en exil, il a vécu et étudié en France et son expertise en matière de techniques télévisuelles est reconnue dans son pays.
Il peut encore surprendre le 13 décembre.
Mais le scénario le plus vraisemblable est le suivant: Piñera et Frey, de la Concertation, seront face à face au deuxième tour. Et je vois mal l'ex-député socialiste appeler à voter pour le droite au deuxième tour.
Il s'est montré indiscipliné, un peu jeune loup. Mais il ne sera pas un traître à la Eric Besson.

Antoine Blanca
Attendons...l'année prochaine pour être définitivement fixés. 

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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