Lundi 30 janvier 2012
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Nous assistons à quelque chose de nouveau dans l'histoire de la Ve République: un président sortant qui court après l'un de ses concurrents pour tenter de s'emparer de ses idées ou de les
dénaturer. Car c'est bien le cas de Sarkozy. Il refuse de revendiquer son bilan, qu'il doit juger lui-même imprésentable, hésite à déposer formellement sa candidature, s'empêtre dans des
propositions alambiquées toutes, à l'exception de l'augmentation de la TVA, inapplicables dans un avenir proche, prétend enterrer les 35 heures sans les remettre légalement en cause, spécule sur
des accords patronat/syndicats tout en connaissant l'hostilité des seconds à la systématisation d'une telle procédure...
Il redécouvre l'Allemagne, devenue soudain la référence absolue. Et fait la leçon à nos concitoyens, enfonçant à grands coups de bélier des portes ouvertes. Comment? Vous ignoriez que nos voisins
sont nos premiers clients et nos premiers fournisseurs? Je vous le confirme donc. Et savez-vous qu'un Chancelier SPD avait, non sans un certain succès, mis en marche ce que je propose dans le
domaine des relations contractuelles au sein des entreprises!? Et de s'exclamer: il faut vraiment être un socialiste français, bourré de pathologie idéologique, pour contester la bonté d'un tel
système relationnel.
Eh bien, à mon tour de faire la leçon au Président: Schröder, puisque c'est lui le Chancelier dont il est question, en tant que leader de fait de son parti, était aussi, suivant la tradition du
socialisme allemand, un peu le chef spirituel de la Confédération syndicale DGB. Son autorité était réelle, alors que M.Sarkozy est considéré par le monde du travail comme l'incarnation de
l'ennemi de classe. Son exemple ne vaut pas. Tout au plus peut-il se réjouir de l'évolution personnelle de M. Schröder, devenu un haut gradé (avec le salaire correspondant) d'une grande boîte
financière internationale. Il a franchi, dans le mauvais sens, la ligne rouge(1).
Nous arrêterons là. Le président sortant n'a plus de réserves. Ni en matière d'idées, ni en matière de temps. Il ne peut plus improviser. Restent les coups bas. J'en attendais hier,
dimanche. A part sa mauvaise humeur, son agitation, son agressivité même vis-à-vis de Claire Chazal pourtant choisie pour sa docilité, rien n'est venu. A quoi va-t-il s'occuper ces
prochaines semaines? Il est chaque jour davantage le seul à penser qu'il peut encore rebondir...Je pense pour ma part que la véritable grande inconnue a pour nom Marine Le Pen: qu'adviendra-t-il
si cette candidate, créditée de 20% des suffrages, ne réunit pas le nombre de parrainages nécessaires?
Antoine Blanca
1- rappelons aussi que l'Allemagne est un pays fédéral et qu'il n'y a pas d'autre organisation syndicale représentative que la puissante DGB.
Par Antoine Blanca
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