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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 09:49

Nous assistons à quelque chose de nouveau dans l'histoire de la Ve République: un président sortant qui court après l'un de ses concurrents pour tenter de s'emparer de ses idées ou de les dénaturer. Car c'est bien le cas de Sarkozy. Il refuse de revendiquer son bilan, qu'il doit juger lui-même imprésentable, hésite à déposer formellement sa candidature, s'empêtre dans des propositions alambiquées toutes, à l'exception de l'augmentation de la TVA, inapplicables dans un avenir proche, prétend enterrer les 35 heures sans les remettre légalement en cause, spécule sur des accords patronat/syndicats tout en connaissant l'hostilité des seconds à la systématisation d'une telle procédure...

Il redécouvre l'Allemagne, devenue soudain la référence absolue. Et fait la leçon à nos concitoyens, enfonçant à grands coups de bélier des portes ouvertes. Comment? Vous ignoriez que nos voisins sont nos premiers clients et nos premiers fournisseurs? Je vous le confirme donc. Et savez-vous qu'un Chancelier SPD avait, non sans un certain succès, mis en marche ce que je propose dans le domaine des relations contractuelles au sein des entreprises!? Et de s'exclamer: il faut vraiment être un socialiste français, bourré de pathologie idéologique, pour contester la bonté d'un tel système relationnel.

Eh bien, à mon tour de faire la leçon au Président: Schröder, puisque c'est lui le Chancelier dont il est question, en tant que leader de fait de son parti, était aussi, suivant la tradition du socialisme allemand, un peu le chef spirituel de la Confédération syndicale DGB. Son autorité était réelle, alors que M.Sarkozy est considéré par le monde du travail comme l'incarnation de l'ennemi de classe. Son exemple ne vaut pas. Tout au plus peut-il se réjouir de l'évolution personnelle de M. Schröder, devenu un haut gradé (avec le salaire correspondant) d'une grande boîte financière internationale. Il a franchi, dans le mauvais sens, la ligne rouge(1).

Nous arrêterons là. Le président sortant n'a plus de réserves. Ni en matière d'idées, ni en matière de temps. Il  ne peut plus improviser. Restent les coups bas. J'en attendais hier, dimanche. A part sa mauvaise humeur, son agitation, son agressivité même  vis-à-vis de Claire Chazal pourtant choisie pour sa docilité, rien n'est venu. A quoi va-t-il s'occuper ces prochaines semaines? Il est chaque jour davantage le seul à penser qu'il peut encore rebondir...Je pense pour ma part que la véritable grande inconnue a pour nom Marine Le Pen: qu'adviendra-t-il si cette candidate, créditée de 20% des suffrages, ne réunit pas le nombre de parrainages nécessaires?

Antoine Blanca
1- rappelons aussi que l'Allemagne est un pays fédéral et qu'il n'y a pas d'autre organisation syndicale représentative que la puissante DGB.

 

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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