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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 10:03

Je le dis sincèrement, je ne m'attendais pas à recevoir tant de critiques défavorables à mon article d'hier dimanche 14 octobre*. Bien entendu les Norvégiens auraient eu l'embarras du choix pour décerner cette récompense enviée. D'avance ils savaient que leur décision, quelle qu'elle fût, déplairait à une partie de l'opinion mondiale. Alors, pourquoi ne pas se tourner vers une institution fondée sur l'Histoire: la fin de la guerre mondiale, la plus destructrice qui ait  jamais existé, avait provoqué, dans l'Europe occidentale, un besoin d'unité à la fois émotionnelle et institutionnelle. Ce projet a porté ses fruits. La région connaît désormais la paix et une prospérité, aujourd'hui freinée dans son élan, mais incontestable**.

Alors on me dit que le moment était mal choisi pour lui attribuer un tel prix, que ce n'était pas opportun alors que l'UE, et la Commission, étaient en train d'imposer leur loi hyper-libérale, que des nations du sud se sentaient étouffer sous le poids du système et que, affranchies de l'Europe, elles auraient bien fini par trouver leur propre voie de sortie de crise. Sans avoir à consentir tant de sacifices socialement mal répartis. On peut comprendre l'exaspération de beaucoup: pourquoi récompenser, en ce moment, les institutions européennes?

Parce qu'elles représentent ce qui s'est fait de plus positif pour la consolidation de la paix par le dialogue permanent, parce que le chemin a été long pour parvenir aux consensus nécessaires, parce que les Etats membres n'ont jamais adhéré sans consultations préalables, souvent pénibles, des peuples concernés. Je me souviens*** des fiévreuses négociations avec l'Espagne (1982), des pressions portugaises ('nous pouvons aussi nous tourner vers l'Amérique, avec notre position stratégique aux Açores'). Les socialistes gouvernaient alors à Paris, Madrid et Lisbonne. Ils étaient très influents en Italie. Malgré de fortes résistances intérieures les Français préférâmes choisir l'ouverture au sud. Pour les deux pays ibériques ce fut un triomphe...Aujourd'hui on découvre que l'Europe Unie ne peut pas se développer dans l'euphorie permanente. En temps de crise mondiale, il faut tous nous adapter. Et ce n'est pas rien que d'avoir à subir les affronts et l'arrogance des égoïsmes allemand et britannique. Berlin vient encore hier d'imposer la fin, dès 2014, de l'aide alimentaire communautaire aux pays membres, aide qui permettait aux grandes organisations humanitaires, comme les restos du coeur, ...de servir des dizaines de millions  de repas aux plus démunis. Que chaque Etat se débrouille avec ses pauvres, a dit en substance Mme Merkel.

La rupture étant inenvisageable, préparons ensemble des jours meilleurs. En disant "vive l'Europe", nous ne saluons pas Mme Merkel, Mr. Cameron et leurs alliés eurosceptiques bien douteux. Mais nous restons fermes dans notre détermination à continuer de construire la maison commune. Même quand le mauvais temps contrarie nos projets...et qu'il y des fuites dans la couverture. 

Antoine Blanca

* article intitulé: 'Juste reconnaissance: l'Europe et la Paix'

** Grâce à leur admission dans la Communauté l'Espagne, le Portugal,, tout comme la Grèce entrèrent dans le monde restreint du 'développement'. Ce fut vraiment spectaculaire.

*** J'accompagnais plusieurs fois le Premier Ministre Pierre Mauroy à ses réunions privées avec Felipe Gonzalez et Mario Soares. Chacun savait alors quels étaient mes liens personnels avec ces derniers, tissés au cours des luttes contre la dictature franquiste et salazaariste.

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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