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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 10:39

Les accords PS/EELV, conclus très en amont de l'élection présidentielle, ont abouti à donner une place disproportionné à des écologistes sans véritable assise électorale propre. EELV rêve à haute voix d'un groupe à l'Assemblée! Le désastreux résultat obtenu par Eva Joly n'a pas contribué à rassurer les troupes socialistes, appelées à abandonner des circonscriptions (qu'elles avaient conquises à force de sacrifices et de dévouement), au profit de candidats Verts dont ils ont toujours jugé le comportement déroutant.

En fait les dirigeants PS étaient, lors de cette négociation, encore sous le coup du traumatisme causé par les élections européennes. Les écolos avaient alors fait presque jeu égal avec les socialos. Et les avaient même dépassés à Paris. Bien entendu les explications à cet échec (c'était en 2009) sont nombreuses et, toutes, convaincantes. Fukushima en toile de fond des discussions, taux d'abstention traditionnellement élevé, scrutin proportionnel, malaise encore sensible résultant du sinistre congrès de Reims... On se souvient que, dans d'autres circonstances, la liste conduite par Michel Rocard n'avait réuni, en 1994, que 14% des suffrages alors que celle de Tapie (secrètement encouragée par le Président Mitterrand) obtenait un 12% plus que flatteur. Tout a toujours été atypique dans ce genre de consultation...Dans une Europe des nations, le parlement de Strasbourg n'a pas encore trouvé sa vraie place. L'écologie politique a su exploiter un avantage tout passager.

Une "bonne alliance" avec EELV valait donc mieux qu'une guéguerre d'usure, avec des concurrents difficiles, dont on n'a jamais vraiment compris la logique de la démarche. Jugée plutôt brumeuse, mêlant exaltation romantique et arrivisme effréné. Il s'est, estime-t-on, agi en l'occurrence, de la neutralisation d'un danger potentiel. Coûteuse mais nécessaire, ont décidé les dirigeants, rue Solférino. Un certain électorat de gauche, même s'il ne vote pour eux que dans certaines circonstances, sympathise in fine avec ce petit monde verdâtre aux contours politiques mal définis. Dans les conseils municipaux des villes grandes et moyennes que  le PS contrôle, EELV fait partie de la majorité, force d'appoint un peu rebelle et toujours encombrante.

Mais ces mariages politiques locaux n'ont rien de mariages d'amour. Nécessité fait loi, se dit-on. Ou plutôt, se résigne-t-on.

Désamour quand tu nous tiens!?

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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