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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 14:58

La grande presse n'a rien vu venir. Ni en Espagne, ni en France. L'accueil colossal et fraternel réservé par le peuple de Madrid aux mineurs des Asturies, venus défendre leur droit à la survie, s'inscrivait pourtant dans la logique de l'histoire du mouvement ouvrier. Ce n'étaient pas seulement 400 gueules noires qui avaient marché depuis le nord du pays, mais une véritable légende. Les luttes de leurs ancêtres directs avait, par exemple, mobilisé la plume du jeune Albert Camus dans son célèbre "'Révolte dans les Asturies'. Cette province, "el Principado"selon la tradition du royaume espagnol (ce qu'on pourrait traduire librement par "Dauphiné"), est chère au coeur de tout un peuple depuis la bataille de  Covadonga, site célèbre aussi pour ses grottes, véritable musée préhistorique naturel. Mais dans les temps modernes les batailles des mineurs des Asturies sont un symbole fort pour tous les travailleurs.

En octobre 1934, trois ans et demi après le renversement de la monarchie et la proclamation de la IIe République, les mineurs s'étaient levés en armes contre le gouvernement ultra conservateur, clérical, de M. Gil Robles. Lequel avait envoyé l'armée mater la révolte dans le sang. Les militaires avaient à leur tête un jeune général, Francisco Franco. Il fit ses premières armes de massacreur sur la métropole, après avoir gagné ses étoiles en tuant les berbères du Rif marocain d'Abd-el-Krim. En dépit d'une résistance héroïque, les gueules noires furent vaincues et la répression s'étendit à toute l'Espagne. Les prisons se remplirent. Plusieurs milliers de combattants s'étaient sacrifiés. Les leaders syndicalistes qui le purent passèrent les Pyrénées. Eclaireurs involontaires des exilés du printemps 1939, celui de la défaite dans la guerre civile. Franco, toujours Franco, encore Franco...

C'est dire que la réaction émotionnelle des madrilènes, avec des drapeaux rouges et républicains, des bannières des autonomies régionales, était prévisible. Elle a répondu à mes espoirs. Mais le gouvernement de droite de M. Rajoy saura-t-il entendre cette puissante clameur. Ou réagira-t-il comme Mme Thatcher  qui ignora la grève de plusieurs mois de cette élite du prolétariat organisé, et ferma, impitoyable, les derniers puits. Plongeant les corons dans le désespoir.

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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