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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 09:32

J'hésite toujours à opposer "riches et pauvres", un vocabulaire en apparence ringard qui nous ramène au XIXe siècle, à Hugo et à Zola. Et pourtant...

J'ai du mal à croire une lycéenne de 17 ans quand elle utilise un discours de syndicaliste orthodoxe pour dire son inquiétude pour ses vieux jours. D'ailleurs les politiciens et les journalistes de droite font leurs choux gras de ces propos.

Mais la réalité est que ces jeunes ont des inquiétudes moins ciblées: ils savent que, quelle que soit leur réussite scolaire, ils auront du mal à trouver un emploi, que la société dans laquelle ils sont appelés à grandir s'oriente vers la dégradation générale: moins d'enseignants, moins de services de santé, moins d'égalité dans l'Education nationale, moins de services publics, moins de laïcité.

Grâce aux luttes politiques et syndicales leurs parents, grands parents et arrière-grands parents, étaient allés, parfois cahin-caha, vers le "toujours plus." Nous n'ignorons pas aujourd'hui que la tendance chez nous est d'aller vers le toujours moins pour les non privilégiés.

D'où l'urgence qu'il y a à renverser la vapeur et, pour la gauche frannçaise et européenne, de proposer des solutions sociales et économiques justes et équilibrées.

 

Et c'est à ce point que j'aborde la question des riches et des pauvres.

Le 12 octobre dernier je me rendais à l'Ambassade d'Espagne à l'occasion de la fête nationale de ce pays si proche. Avenue George V, au coin des Champs Elysées, une queue impressionnante attendait son tour devant l'entrée de la grande boutique Vuitton. J'imagine que c'était ainsi pendant l'Occupation devant une boucherie-charcuterie un jour de distribution de rationnement. Mais évidemment, chez Vuitton, il ne s'agissait pas de bidoche. Ainsi, ce que j'avais lu dans la presse se vérifiait sous mes yeux: les établissements de luxe rationnaient leurs produits et réduisaient leurs heures d'ouvertures, pour "ne pas manquer pour les fêtes de fin d'année". 

Illustration de notre France d'aujourd'hui: surabondance de luxe, de gaspillage pour une petite minorité de privilégiés, grignotage des acquis pour les grandes majorités. Toujours plus pour les premiers, toujours moins pour les autres.

Un tout récent éditorial du +Monde+ dénonçait une France conservatrice, arc-boutée sur ses "acquis". On mettait ainsi tout le monde à la même enseigne, ceux qui luttent sur le reculoir pour leurs droits, et ceux qui conservent leurs privilèges et même les reforcent tous les jours. Etre acionnaire d'une firme du CAC 40 est plus rentable que d'être dans la production.

La lutte des classes pourrait bien retrouver toutes ses couleurs.

 

Antoine Blanca

 

 

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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