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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 10:51

Le Nicaragua, le sandinisme et son armée populaire ne font plus rêver la gauche européenne, ni trembler Washington et sa CIA. Aussi en parle-t-on très peu. Le 19 juillet, 32e anniversaire de la victoire des guérilleros de l'Armée sandiniste de Libération nationale sur la Garde des Somoza, est-il une opportunité de rappeler à la vie un petit pays d'Amérique centrale, et des événements qui avaient mobilisé, dans les années 1970 et 1980, l'ensemble de l'humanité progressiste.

A mes yeux ce 19 juillet 1979 marque le premier jour de l'indépendance réelle du Nicaragua. Jusque là cette république, ses richesses et ses splendeurs naturelles avaient été confisquées par des aventuriers criminels ou par des serviteurs zélés de la grande puissance du nord et de ses intérêts. La famille Somoza était l'incarnation de ce mal, avec son bras armé, les mercenaires de leur "garde nationale". C'est contre ce monde nauséabond, qui relevait davantage d'Al Capone que de F.D. Roosvelt, que s'était insurgé Augusto Cesar Sandino. Il devint le héros légendaire des patriotes nicaraguayens après son assassinat par des sbires de la dictature somociste en préparation.

C'est autour de sa mémoire charismatique que s'organisa, à partir de 1961, le Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN), lequel décida, quelques années plus tard, d'entreprendre la lutte armée. Je me souviens de mon émotion militante le jour où la guérilla entra, triomphante, à Managua. Le sandinisme formait alors une large alliance de paysans, d'ouvriers et d'intellectuels laïcs ou chrétiens. Humanistes, les vainqueurs libérèrent les 4000 prisonniers de la garde somociste, abolirent la peine de mort et proclamèrent des principes inspirés de ceux de la Révolution française d'avant la Terreur. Tout en se considérant comme les frères d'armes des combattants de la Sierra Maestra et de leur chef, Fidel Castro.

Double allégeance idéologique (le FSLN adhéra à l'Internationale socialiste dont il est toujours membre) que la guerre organisée par la CIA pour détruire par les armes (et provoquer sa destabilisation économique) le gouvernement sandiniste, en créant une armée mercenaire, les "contras", à partir du territoire hondurien  frontalier, ne put concrétiser en un pouvoir réformiste original.

En 1990 le Président Daniel Ortega dut céder la place. De retour au pouvoir désormais, son gouvernement a peu de chose à voir avec celui des années 80. La plupart des sandinistes historiques encore vivants ne se reconnaissent plus dans le FSLN d'aujourd'hui et dans la personnalisation du régime par son chef historique.

 Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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