Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 17:21

"Je suis un homme de parole", a dit textuellement M.Sarkozy dans un entretien à bâtons rompus avec des journalistes. Il s'agissait de la raffinerie Petroplus qui risque la panne sèche et à laquelle il aurait trouvé, avec Shell, une solution susceptible de la faire tourner pendant six mois. Ce dépannage électoral lui a permis de gonfler un peu le torse. Lui qui snobait depuis le début du quinquennat ce moyen de transport, trouve soudain  au chemin de fer beaucoup de vertus.

Entre autres choses cela lui permet de prolonger un peu plus ses monologues avec une presse, bon public, friande de ses sorties. Quelques perles: "Hollande est un rigolo"; "les socialistes voulaient DSK, ils ont eu Hollande!"; "comparez mon meeting de Lille avec celui de Hollande au Mans...! "Le livre de Hollande: on n'a pas idée de juger ses autres concurrents!" L'expert multiplie les  saillies. Elles le rassurent. Le plus souvent, cette thérapie, il la pratiquait devant le petit monde de ses collaborateurs. Un public silencieux ou admiratif. Ou les deux. Sarkozy ne prend jamais le risque d'être contredit. Un matamore de salon.

L'homme de parole qu'il prétend être n'a pas tenu un seul de ses engagements importants de 2007. Aucun en tout cas de ceux qui avaient constitué le socle de sa campagne. Il a été un mauvais président dans tous les domaines: l'économie, le social, l'éducation...Mais il essaie de se convaincre qu'il a tout lieu d'être content de lui. En politique étrangère, il ne planifie pas une action de longue haleine. Quelle suite, par exemple, a été donnée à la grandiose conférence "de la Méditerranée", célébrée à grands frais au Grand Palais avec une gratin extraordinaire de personnalités de premier plan? Rien n'a suivi, ni ne peut suivre après les mauvaises manières en cascade faites gracieusement à la Turquie. Ce devait être pourtant la clé de voûte de son règne!

Tout le reste n'a été que conjoncturel. Son agitation fébrile dans les G20 et les sommets européens, quand il lui revenait de jouer les premiers rôles, l'ont autant exténué lui-même qu'ils ont fatigué ses partenaires. Pour un résultat sans rapport avec l'effort du grimpeur de cols varois.

Faute de parler de son bilan, ce qui serait son devoir de sortant, il continue, jour après jour, à imaginer des "coups". Le plus grandiose devait consister à faire étalage de l'appui, un peu contraint, que lui apporte Angela Menkell. "Elle sera à ses côtés dans un ou plusieurs grands meetings", disait son entourage. Mais dix jours plus tard, cela ne fait plus partie de l'actualité. "Dans les circonstances présentes cela ferait mauvais genre", aurait-il dit...Comment imaginer que l'on puisse confier les clés de la maison France à ce grand agité, pendant cinq ans de plus?

Antoine Blanca

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
  • Contact

Recherche

Liens