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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 11:45

J'ai passé six ans de ma vie de diplomate aux Etats-Unis. Dont trois ans à New-York, au Secrétariat général de l'ONU. Suffisamment de temps pour savoir que, dans toute affaire de sexe, juges et policiers ont tendance à donner raison a priori à l'agressée ou prétendue telle. Aujourd'hui DSK est sans doute la victime de ce préjugé. Il reste à espérer qu'il pourra bientôt se défendre avec l'aide d'excellents avocats.

Quand j'ai pris possession de mon bureau au 37e étage du siège de l'organisation internationale (dont j'étais devenu le Directeur général), Javier Pérez de Cuéllar, mon seul patron, m'avait pris à part pour me dire: "chaque fois que tu recevras une femme seule, visiteuse ou collaboratrice, laisse ta porte ouverte". J'étais abasourdi, mais je compris assez vite la raison de cette mise en garde. Un cadre supérieur de nationalité argentine allait bientôt, en effet, être contraint à la démission par le seul témoignage d'une de ses assistantes. Sa plainte concernait pourtant des faits vieux de deux ans et l'accusatrice se trompa de mois en relatant sa version des faits. La jeune femme avait demandé une promotion sans l'obtenir et elle se vengeait au terme d'une sorte de période de probation. Et elle frappa son chef là où cela pouvait faire mal, car il était connu comme dragueur impénitent.
Toute proportion gardée, comme l'est Dominique aujourd'hui. Dragueur, mais pas agresseur.

Autrefois, dans les Etats du sud des Etats-Unis, les Noirs étaient condamnés à la chaise électrique dès qu'une femme blanche portait plainte pour agression. J'étais adolescent quand j'avais suivi, dans l'Algérie de mon enfance, le procès de William Mac Gee. Une femme, au détour d'une rue, était devenue hystérique en se trouvant soudain face à face, à la tombée de la nuit, avec un grand africain-américain. Elle n'avait fait l'objet d'aucun sévice, mais avait accusé l'homme de l'avoir agressée. Il avait été grillé sur la chaise électrique. Trente ans plus tard la plaignante reconnut spontanément avoir été prise de panique et avoir accusé le Noir pour ne "pas perdre la face".

Un scénario semblable pourrait expliquer l'attitude de la femme de chambre qui paraît être entrée sans permission dans une chambre occupée.

Je vais tenter de faire confiance à la justice de la ville de New-York. Mais la police locale, en évitant l'emploi du conditionnel dans ses accusations, les tabloïds de la presse trash qui condamnent sans preuve, ne me faciliteront pas la tâche.

 

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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