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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 12:37

C'est à Cartagena de Indias, le port colombien sur la mer Caraïbes que Garcia Màrquez aime tant, que doit se réuinir le VIe sommet des Amériques(14 et 15 avril). Le précédent, à Trinité et Tobago, avait été un échec qu'il avait été difficile de dissimuler. C'est que les pays latinos de la région supportent de plus en plus mal l'arrogance des Etats-Unis à leur égard et le rôle attribué à l'OEA, organisation dont ils contestent de plus en plus la raison d'être et le fonctionnement.

Or, une fois encore, Cuba ne sera pas invitée à participer à la réunion, au mépris d'une motion qui avait été adoptée à Port Spain demandant qu'il soit mis fin, à l'avenir, à une telle exclusion discriminatoire et injustifiable. Furieux, le Président équatorien, Rafael Correa, ne viendra pas et a expliqué son absence dans une lettre musclée adressée à son homologue du pays hôte, J.M. Santos. Désormais, de toute manière, les Chefs d'Etat latinos n'ont besoin de personne pour se retrouver quand ils le décident, confronter leurs points de vue et, éventuellement, convenir de positions et d'actions communes. Ils se connaissent et se reconnaissent entre eux sans témoins venus du Nord ou des Caraïbes anglophones.

Les inconnues et les inquiétudes ne manquront pas pour alimenter à Cartagena les petits conciliabules parallèles, entre amis, à l'abri (espère-t-on sans trop y croire), d'oreilles indiscrètes. Le 1er juillet les Mexicains voteront pour élire un nouveau président. Ce sera sans doute Peña Nieto, le candidat du vieux parti de pouvoir (1929-2000), le PRI, qui se veut héritier de la grande Révolution (1910-1917). Or le Mexique, principale nation de langue espagnole, a toujours pesé de tout son poids dans les relations entre pays frères. Le nouvel élu n'aura, de toute manière, aucun mal à se montrer plus progressiste que le sortant, le très droitier M.Calderon. Autres préoccupations communes, de nature très différentes les unes des autres: l'inquétant état de santé de Hugo Chàvez (on votera aussi au Venezuela en octobre), le ralentissement de la croissance, sensible presque partout (la crise dans les pays industrialisés d'Europe commence à se faire sentir), et les tentations de plus en plus protectionnistes de l'Argentine qui menacent les accords conclus à Mercosur.

Seule la présidente brésilienne sera en droit d'afficher son plus beau sourire: sa popularité est au zénith, portée par la réussite de ses programmes sociaux, sa fermeté dans la lutte contre la corruption et le laisser-aller (en 18 mois de présidence elle s'est séparée d'une dizaine de ministres), et son indépendance affichée (sans manquer à la loyauté amicale) vis-à-vis de son mentor Lula. En dépit d'un fléchissement sensible (là aussi) de la croissance, Dilma Rousseff jouit de la confiance de 77% des Brésiliens. Du jamais vu.

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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