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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 16:31

D'après nos informations, le Président algérien, soigné au Val de Grâce à Paris, devrait survivre à la rechute de son cancer. Nous le souhaitons, car c'est un ami de la France qui n'a pas ménagé son appui discret à notre opération militaire au Mali. Alors que les relations de Bouteflika avec Sarkozy étaient placées sous le signe de la méfiance réciproque, elles ont changé complétement de nature après l'élection de François Hollande. La confiance mutuelle prévaut désormais.

Mais une candidature à une nouvelle réélection du Chef de l'Etat sortant paraît exclue en 2014. L'opinion publique algérienne déborde de rumeurs, plus ou moins fondées, sur le nom et les qualités du successeur. Sa simple désignation par les pouvoirs de facto (ANP et services de sécurité, parti dominant, réseaux d'influence économique) serait inacceptable. Le pays n'a pas connu de secousse majeure avec les 'printemps arabes', grâce à quelques milliards de dollars judicieusement investis à la hâte. Mais cela ne signifie pas que les citoyens algériens soient devenus passifs. Ils souhaitent un processus électoral acceptable, une compétition aussi transparente que possible.

Le peuple algérien est d'autant plus difficile à manier qu'il a accès à une presse écrite plutôt libre. Et qu'il paraît avoir retrouvé son caractère frondeur. Les années Bouteflika s'expliquent par le besoin de souffler au lendemain d'une guerre civile sanglante qui permit aux forces de sécurité de mettre les djihadistes à genoux. Sans être aimé, le Président rassurait, apaisait les tensions. En 2009 il aurait de toute manière été réélu, même dans une compétition vraiment ouverte.

A l'heure de la relève, il faudra au nouvel élu d'autres qualités. A notre avis l'ancien Premier ministre Ali Benflis (26 août 2000/5 mai 2003) en réunit un bon nombre. Homme issu du vieux système (FLN), il a été un bon ministre avant de devenir un moment le chef du gouvernement; ancien secrétaire général du parti dominant, il a toutefois manifesté un tempérament d'indépendance au moins à deux reprises: en refusant de souscrire à l'annulation du processus électoral de 1991 (un mauvais point aux yeux de l'ANP...) et en défiant par deux fois le Président (en 2003, il quitte le gouvenement en exprimant publiquement son désaccord; en 2009 en présentant sa candidature à la présidence...même s'il n'obtint qu'un résultat plus que modeste).

Benflis est un homme de la 'maison' sans être pour autant un béni-oui-oui. Il est originaire de l'est (Batna), berceau du mouvement national. Il est suffisamment âgé (68 ans) pour ne pas être en mesure de s'incruster au pouvoir.

La question n'est pas de savoir s'il sera candidat en 2014. C'est là une certitude. Mais quel sera son programme, s'il sera l'homme de l'ouverture démocratique et de la relance d'une économie productive, moins dépendante de la rente pétrolière et gazière.

 

Antoine Blanca

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  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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