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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 18:08

Le Pérou et le Portugal votent demain. Le premier pour élire un nouveau Chef de l'Etat, le second pour renouveler son parlement. Dans les deux cas la république va se doter d'un nouvel exécutif.
Le Pérou a un régime présidentiel à l'américaine, le Portugal est parlementariste et son Président n'a pas davantage de pouvoir que ne l'avaient ceux de notre IVe République. Mais les deux pays ne vivent pas la démocratie de la même manière.

Ainsi le Pérou, si son économie est en croissance constante depuis dix ans, les classes les plus démunies ne paraissent pas avoir profité  de la prospérité annoncée par les chiffres et les milieux d'affaires. Les électeurs se sont, depuis longtemps déjà, détournés des partis traditionnels. Ils votent pour celui (ou celle) qui leur promettra le mirage le plus tentant de l'assistanat sous toutes ses formes. Le Président sortant est bien issu d'un grand parti, l'APRA, mais a été élu à titre personnel (les apristes ne seront d'ailleurs que cinq dans la nouvelle Chambre). Son prédécesseur (Alejandro Toledo, dit El Cholo, l'indien) l'avait emporté, lui, sous l'ambitieuse étiquette de...Perù posible. On ne saurait être plus exaltant. Et puis il y a Gana Perù; et je m'arrêterai là tant la liste de sigles grotesques est déprimante. Bref, on vote sur la gueule et sur des semblants de programme, tous à géométrie très variable.

Demain, pour le deuxième tour, le choix sera entre la fille d'un condamné pour vols et assassinats divers, Keiko Fujimori, et un ancien officier putschiste sans culture et sans charisme, Ollanta Humala. Ce n'est même pas cornélien, c'est pathétique.


Si j'étais péruvien je me serais dit, comme les intellectuels du pays: "tout sauf le retour des Fujimori.

 

Le cas du Portugal est très éloigné de celui du Pérou. Et pas seulement du point de vue géographique. Chez ces amis européens la croissance n'est pas au rendez-vous depuis quelque temps déjà, mais le choix se fera entre des forces politiques traditionnelles depuis le nouveau printemps de la République de 1974. Le PS, au pouvoir, est dirigé par le Premier ministre José Socrates (un clin d'oeil involontaire au frère grec en souffrance). L'opposition de droite libérale porte, curieusement, le sigle de "social-démocrate" qui ne trompe personne. Il y aussi un PC qui a douloureusement combattu le salazarisme et une droite plus marquée par le cléricalisme à l'ancienne.

La démocratie c'est aussi une stabilité de grands partis bien implantés. Elle s'est donc consolidée, en dépit des difficultés économiques et sociales, et d'un passé de dictature relativement récent.

Projections attendues dès dimanche soir à Lisbonne et, décalage horaire et géographie tortueuse obligent, lundi soir à Lima.

 

Antoine Blanca

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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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