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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 17:16

Quand on regarde de près l'histoire des quarante deux ans de règne du "Guide" libyen, on est fondé à se demander: qui peut souhaiter un vrai procès, par un vrai tribunal impartial, de l'intéressé.

Certainement pas les principaux dirigeants du gouvernement de transition, presque tous d'anciens responsables du régime ayant participé à une bonne part des manipulations, et des crimes, du pouvoir qui est en train de s'effondrer.

Sur le plan international, nombre de gouvernements d'Afrique sub-saharienne et du Moyen Orient préféreront, sans aucun doute, éviter d'être appelés à s'expliquer sur les relations, très particulières, qu'ils ont entretenu avec la Libye kadhafiste.

Quant aux démocraties occidentales, sans doute préféreraient-elles ne pas avoir à expliciter la nature des marchandages auxquels elles ont dû consentir. Un petit pays peut être aussi une grande puissance pétrolière. Or le pétrole a toujours été la meilleure arme dont le tyran s'est servi depuis son installation à Tripoli. Souvenons-nous de l'attentat contre un Boeing 747 de la Pan Am, ordonné par Kadhafi, et qui fit 270 victimes dans le ciel écossais (21 décembre 1988). Le poseur de la bombe assassine, un membre des services secrets nommé Abdelbaset Ali al Magrahi finit par être livré à la justice écossaise par son pays. Condamné à la prison à vie, il fut pourtant libéré au bout de quelques années pour "raisons humanitaires" (cancer terminal affirma-t-on). Accueilli triomphalement par le Guide, il vit toujours quelque part en Libye...

Plus récemment la cruelle affaire dite "des infirmières bulgares" s'était terminée par une coûteuse intervention officieuse française, après que les malheureuses aient subi des années de torture. Peu de mois après leur libération Kadhafi plantait sa gigantesque tente bédouine à côté de l'Elysée, entouré de ses "amazones-gardes du corps". Après que l'on ait satisfait tous ses caprices, il repartit sans avoir signé le moindre contrat.

Oui, qui donc voudrait que tous les secrets que détient Kadhafi soient étalés sur la place publique?

Antoine Blanca

 

Reagan avait voulu, le 14 avril 1986, régler son compte au petit colonel. Il envoya 160 bombardiers, mobilisa 2 porte-avions, fit lâcher 60 tonnes de bombes sur Tripoli et ses environs. Total, 40 morts, tous civils. Kadhafi n'était pas sous sa tente. La vraie baraka et la vraie scoumoune pour l'US Navy qui perdit un de ses bombardiers avec son équipage.

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 15:34

Le Président Sarkozy n'aime pas le Quai d'Orsay et son petit monde. A Baghdad, puis en Tunisie, il a contraint cette administration à y nommer un diplomate néophyte, bavard et prétentieux qui a déjà fait certains dégâts. Dans la crise libyenne, il a doublé toute la hiérarchie de la vénérable institution de Vergennes pour suivre les intuitions exotiques de BHL. Pari audacieux et, sans aucun doute, démarche essentiellement électoraliste provisoirement couronnée de succès.

Mais ce que le Président veut ignorer, c'est que notre ministère des Affaires Etrangères compte aujourd'hui encore de bons connaisseurs du monde arabo-musulman en général et de la Libye en particulier. Alain Juppé les connaît bien et les consulte. Sarkozy les ignore. Un grand tort quand on sait que l'univers diplomatique, de Londres à Washington, de Moscou à Berlin, reconnait et respecte notre Direction "Afrique du Nord-Moyen Orient" pour sa qualité et sa compétence.

Il est vrai que les meilleurs diplomates ont leur passion pour certaines personnalités rejetées, par ignorance ou partialité, par "l'établissement". Ces passions peuvent aveugler et déséquilibrer le jugement. Ce fut le cas, pour le cas libyen, de Guy Georgy, mort en 2003 avec la dignité d'Ambassadeur de France. Il avait représenté la France à Tripoli de 1969 à 1975, période inhabituellement longue. Devenu l'ami de celui qui était alors un jeune colonel révolutionnaire victorieux, il sera un jour son biographe enthousiaste ( lire "le berger des Syrtes"). La personnalité de Guy Georgy est en tout cas, par l'originalité de son expression, à l'opposé de l'image que certains veulent se faire du diplomate classique français: homme du monde plus enclin à présider des dîners de gala qu'à aller recueillir des informations sur le terrain.

Au moment où l'ex-Guide du peuple libyen continue de faire la nique à ses compatriotes vainqueurs comme aux services secrets de l'OTAN, il ne serait pas inutile de chercher, dans l'ouvrage de notre compatriote, des détails sur la complexité et les subtilités du bédouin Kadhafi.

Antoine Blanca

(Kadhafi se piquait d'avoir des dons littéraires. En 1998, une maison suisse d'éditions, Favre, publia la version française de son recueil de nouvelles "escapades en enfer", un navet affligeant qui fut pourtant couronné du titre de "Chevalier Suprême de littérature arabe moderne").

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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 18:04

Jamais les éditorialistes de la presse écrite, parlée et télévisée n'auront eu autant de raisons de se féliciter du bon déroulement du débat démocratique au sein d'une grande organisation politique. Certes, ils se disent que bien de choses peuvent arriver d'ici le vote effectif des militants et des sympathisants de gauche qui vont se rendre aux urnes dans quelques semaines. Mais en attendant les candidats à l'investiture s'expriment avec clarté et retenue, sans que l'originalité individuelle, indispensable à un tel exercice, ne remette en cause les fondements collectifs qui les réunit. Bref les primaires socialistes, un exercice nouveau, innovant dans le paysage civique français, sont en train de répondre aux espérances du Conseil National PS qui a pris le risque de les organiser.

Les observateurs, les commentateurs seraient donc bien inspirés s'ils demandaient à M.Sarkozy et à son UMP domestiquée les raisons pour lesquelles un tel exercice démocratique n'est pas proposé à la droite. En rêvant un peu on verrait le président sortant mettre en jeu sa popularité face à Borloo, de Villepin et Christine Boutin. Adhérents et sympathisants viendraient les départager au terme d'un débat public qui pourrait être intéressant. Mais personne, dans le camp conservateur, ne propose une telle démarche. C'est bien regrettable.

En revanche les candidats à la candidature socialiste et MRG se voient interpeller méchamment sur des thèmes tel que DSK (ne vous sentez-vous pas candidate par défaut, a-t-on demandé à Martine Aubry dimanche), sur un prétendu brouhaha au PS ( parce qu'il y a débat, donc discussion), sur les variations dans les propositions de l'un ou de l'autre  sur les thèmes économiques...

Il est parfaitement déplacé, à mon avis ( avis partisan, il est vrai ) de s'attaquer ainsi aux pratiques vertueuses d'un parti qui ouvre ses portes à une large expression populaire, quand son adversaire direct se replie sur une conception monarchique du pouvoir. C'est à cet adversaire que l'opinion et la presse devraient demander des comptes.

Antoine Blanca

 

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 23:04

Le spectacle qui nous a été offert par l'université des Verts à Clermont-Ferrand a été lamentable. La réunion devait permettre à Eva Joly de présenter et de défendre ses choix politiques et économiques devant un parterre de militants convaincus, acquis par avance à sa cause. Hélas tout est allé de travers. L'absence ostensible de Nicolas Hulot a, d'entrée, plombé l'ambiance que la canicule rendait encore plus lourde. Or la candidate et d'autres responsables, au lieu de l'ignorer, ont bruyamment souligné l'abstentionnisme de l'ancien animateur de télé, improvisant des slogans dignes d'un camp de vacances pour ados chahuteurs.

Daniel Cohn-Bendit a planté, faut-il le dire, des banderilles douloureuses, annonciatrices de la mise à mort de la bête à cornes. Les autres ténors ont préféré faire valoir leur silence, tandis que la secrétaire nationale, Cécile Duflot, jouait un rôle proche de celui d'une hôtesse d'accueil ou de gentille organisatrice. Enfin, le discours de clôture de la candidate a été simplement inaudible. Tant mieux, sans doute, puisqu'à sa lecture, il s'est avéré inconsistant.

Bref, si le mouvement écologiste a des électeurs, en nombre d'ailleurs très variable selon les circonstances et les scrutins, il ne paraît pas en voie de constituer une force politique normalement structurée.

Les socialistes ne se réjouissent pas de cette démonstration de l'extrême fragilité de leurs alliés a priori naturels. A eux d'étudier la situation en fonction des intérêts de la gauche en sachant que, de toute manière, ils devront surtout compter sur eux-mêmes. Et surtout d'éviter de dépendre de leurs humeurs et de leurs caprices.

Antoine Blanca

 

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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 17:20

Nous sommes en droit de penser que la fin est proche pour Kadhafi et ses partisans. Les "insurgés" affirment avoir coupé le régime de Tripoli de ses dernières exportations pétrolières, indispensables à son financement, et à l'importation, via la Tunisie, des denrées de première nécessité. L'étrange "guide" de la nation est asphyxié et de gros rats viennent de quitter le navire en détresse.

L'heure de vérité est proche. Et pas seulement pour le bédouin-colonel. Aussi pour les gouvernements qui ont soutenu l'opposition. A commencer par le nôtre, singulièrement par son patron, Nicolas Sarkozy. Va-t-il oser plastronner devant les caméras, lui qui avait, il y a peu, réservé un accueil spectaculaire à celui qu'il a plus tard combattu, derrière son conseiller très spécial, l'inénarrable BHL. Il ne rappelera jamais, faut-il le dire, que le PS a apporté son soutien stratégique à une intervention approuvée et contrôlée par l'ONU.

En vérité, c'est maintenant qu'il faudra faire preuve de retenue. La révolte, puis l'insurrection d'une partie déterminée de la population, ont avant tout marqué que Kadhafi n'était plus considéré comme le fédérateur de tribus qu'il a été pendant plus de 40 ans. Mais ces tribus continuent d'exister et les relations entre elles est historiquement complexe. Lesquelles se considéreront comme victorieuses, lesquelles seront contraintes au repli sur elles mêmes parce que refusant d'admettre leur défaite?

L'OTAN doit à présent s'effacer derrière l'ONU et sa diplomatie. Le pire pour l'avenir serait qu'un leader occidental se mette à jouer les César et organise son propre triomphe factice. Si un épisode sera bientôt terminé, personne ne peut prédire comment se déroulera le suivant. L'assassinat du principal chef militaire de Benghazi, des mains de ses propres amis, est une sérieuse mise en garde. La lutte sans merci pour le nouveau pouvoir ne fait peut-être que commencer.

Antoine Blanca

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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 09:27

Pour une partie significative de la population espagnole les manifestations organisées à l'occasion des JMJ de Madrid, et surtout la parade du vieux pape par l'avenue de la Castellana, constituent une sorte de retour sur le passé, une réaffirmation de la victoire franquiste sur les républicains. Pendant la guerre qui suivit le coup d'Etat militaire du 18 juillet 1936, l'Eglise catholique avait choisi son camp, suivant les consignes de Pie XII. Elle n'était pas une puissance spirituelle mais une milice combattante aux côtés des fascistes d'Espagne, d'Italie et d'Allemagne. Elle prit une part active à l'horrible campagne de terreur qui suivit la défaite de l'armée républicaine. Aujourd'hui les évêques et les associations qu'ils contrôlent se sont mis au service du conservantisme politique.

Les JMJ ont été ressenties comme une provocation de la droite. Naturellement dans notre Europe démocratique les fantômes du passé ne doivent pas prévaloir sur l'avenir. Le gouvernement socialiste de Rodriguez Zapatero a dû avaler la couleuvre vaticane en évitant de faire la grimace, à grands coups de bicarbonate de soude, le "digestif" le plus utilisé par ses compatriotes pour combattre les lourdeurs d'estomac. Les militants du PSOE, du PC, de l'UGT et des Commissions ouvrières ont respecté la consigne: pas de geste de mauvaise humeur. Il fallait faire comme si tout était normal dans une fête internationale de jeunes qui se prétendait bon enfant.

Comme si le choix de l'Espagne pour ce genre de spectacle, à la veille d'élections générales, n'était pas destiné à renforcer le courant de la droite conservatrice.

 

Antoine Blanca

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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 12:03

Les électeurs argentins sont passés maîtres dans l'art de déconcerter analystes et commentateurs. A peine viennent-ils de battre à plate-couture les candidats progouvernementaux dans des élections locales et provinciales partielles, qu'ils donnent dans la foulée la moitié de leurs suffrages à la Présidente sortante Cristina Fernandez de Kirchner. Cette "non-élection" est aussi une curiosité du pays, sans équivalent dans le monde démocratique connu. Une "primaire"(dont c'était la première édition) concernant la totalité du corps électoral dans le but de désigner, au sein de chaque famille politique, le meilleur parmi les pré-candidats.

Un succès de participation (près de 80%). Un triomphe pour la "reine Cristina" qui obtient la majorité absolue (à la surprise générale) et relègue les autres péronistes (Duhalde, Rodriguez Saa) à des positions marginales. Une déception pour l'Union Civique Radicale. Son candidat, Ricardo Alfonsin a bien le visage et la moustache de son défunt père (et même son ton de voix), il n'a convaincu que 12% de l'électorat. Il est même talonné, dans la famille centre-gauche, par l'ancien gouverneur PS de la province de Santa Fé.

La droite, qui venait pourtant de remporter la mairie de la capitale (Macri, 66% au 2e tour) est au fond du puits dans la course présidentielle.

Conclusion: la sortante de la Casa Rosada est pratiquement d'ores et déjà reconduite. L'élection du mois prochain sera une pure confirmation. Ce blog s'était trompé. Maigre consolation, il était en bonne compagnie. Après la mort inattendue de son mari, Néstor Kirchner, ancien président et futur candidat en septembre 2011, on pensait que le péronisme institutionnel avait perdu son meilleur atout. Il était le cerveau, l'habile stratège, le copain des caudillos syndicalistes...Cristina pleurait à la fois le mari qui l'avait faite couronner et l'avenir du "kirchnerisme". Au vu des résultats du 14 août tout le monde doit s'incliner. Le péronisme, dans sa complexité, n'a pas fini de nous surprendre.

(je serai incomplet si je manquais de souligner le nombre élevé de bulletins blancs, près de 800000, lesquels sont comptabilisés en Argentine comme suffrages exprimés).

Antoine Blanca

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 09:11

On parle de la présence de un million de jeunes à Madrid pour les JMJ. Acceptons provisoirement ce chiffre que la grande presse ne paraît pas souhaiter contredire. L'Eglise catholique a inventé ce rassemblement pour tenter d'enrayer sa décadence. Crise aigüe des vocations, réduction drastique du nombre hebdomadaire d'offices dans des temples vides, concurrence victorieuse des églises évangéliques dans les pays pauvres. Si l'on ajoute le manque de prestige de la Papauté et de son chef actuel, la révélation de scandales répugnants concernant le comportement de certains prêtres en relation avec les enfants, la nouvelle liberté des esprits qui met en pièces la fameuse foi du charbonnier, on peut mesurer le degré d'inquiétude qui oblige la Curie de Rome à tenter par tous les moyens de contenir, si non d'arrêter, la saignée.

Il a ainsi été donné un coup d'accélérateur aux béatifications et autre canonisations, remis au goût du jour les miracles et leurs supposés auteurs et bénéficiaires, envoyé des prêtres africains dire la messe en Limousin ou en Normandie. Mais c'est là du recyclage de vieilles formules ayant beaucoup servi. La seule grande nouveauté porteuse, elle, d'espoir, a été l'invention des JMJ. Et à cette fin l'Eglise romaine est parvenue à réunir une fois de plus les fonds importants nécessaires, à convaincre les gouvernements  de nombreux pays à majorité catholique de faciliter voyages et accueil, à réveiller archevêchés, cures et activistes laïcs pour qu'ils mobilisent les associations chrétiennes et les riches donateurs.

Mais ce mouvement est avant tout festif. Sans nier l'aspect positif que représente la rencontre de jeunes de tous les continents, de toutes les origines ethniques et traditions culturelles, il faut bien conclure que cela ne changera en rien à l'interprétation intangible du dogme dont Benoît XVI est le zélateur. On ne bougera pas sur le célibat des prêtres, sur le rôle des femmes, sur le droit à l'avortement, sur l'homosexualité, sur l'Immaculée Conception...Arrêtons-nous là. Dans les JMJ on pourra sans doute beaucoup rire, chanter et parler, beaucoup exprimer son amour, beaucoup échanger des mondes et des expériences. Mais on ne touchera pas à l'essentiel. Le carnaval fini on s'embrassera, on versera des larmes, on promettra de s'écrire.

Et tout restera comme avant.

Antoine Blanca

 

 

 

 

 

 

 

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16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 09:49

Toute une jeunesse avait cru, après la signature du Traité de Rome en 1957, à la naissance d'une Europe prospère et pacifique, solidaire avec les peuples nouvellement émancipés de ce qu'on appelait alors le Tiers-Monde, en marche vers la constitution d'une fédération d'Etats d'où serait exclu tout nationalisme agressif.

Il reste aujourd'hui peu de choses de cette grande espérance. La construction du grand projet ne répond plus à nos ambitions. La monnaie unique n'a été adoptée que par une petite moitié des Etats membres de l'Union et elle est sur la défensive. Les pays de l'Est n'y adhérent que du bout des lèvres et parce qu'ils escomptent en tirer des avantages. Le grand souffle de confiance dans notre destin commun qu'aurait signifié l'adhésion de la Turquie est déjà retombé.

Et, comble de médiocrité, on annonce pour aujourd'hui, à coups de trompe, un mini-sommet France-Allemagne dont Berlin proclame par avance qu'il ne faut pas en attendre grande chose. Or l'objectif recherché était déjà bien modeste: rassurer les marchés. C'est à dire, nous disent les spécialistes, donner des gages aux "agences de notation" pour qu'elle ne se montrent pas trop sévères, notamment avec nous, Français. On mesure l'étendue de notre ambition commune...donner des gages à des requins travaillant pour les spéculateurs.

Ce sont là des constatations, à la fois amères et objectives. Mais il ne s'agit pas de baisser les bras. Nous nous sommes suffisamment avancés en pleine mer pour ne plus songer à revenir au port de départ.

Garder cet espoir vivace n'exclut pas la lucidité. L'existence d'un fossé désepérant entre la réalité d'aujourd'hui et notre rêve initial.

Antoine Blanca

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 09:06

Il me semble que tout cela est arrivé hier. Mais pour une majorité de mes compatriotes la guerre menée par les militaires salvadoriens et l'extrême droite pour anéantir physiquement hommes et femmes de gauche, dans les années 1980, est bien lointaine. Finalement c'est la marche de la justice dans un pays démocratisé qui a remis ces terribles événements au premier plan de l'actualité: les officiers qui ont ordonné l'assassinat de six prêtres jésuites de l'Université centroaméricaine, le 19 novembre 1980, ont été sortis de leur retraite et conduits en prison par un juge aussi têtu sue courageux. En fait ce furent huit personnes qui tombèrent ce jour-là sous les balles du tristement célèbre bataillon Atlacatl, puisque une employée universitaire de 35 ans et sa fille de 15 faisaient aussi partie des victimes.

L'Archevêque de San Salvador avait été mitraillé à mort le 24 mars de la même année 1980. Il disait la messe à la cathédrale. Pourquoi cette chasse assassine contre les prêtres catholiques par l'extrême-droite et ses commandos militaires? Parce que  ses représentants prônaient le dialogue avec la guérilla du FMLN, préconisaient la signature d'un compromis pour mettre  fin à la violence. La paix ne sera signée au siège de l'ONU dans la nuit du 31 décembre 1991. Aujourd'hui un ancien jeune responsable du Front Farabundo Marti de Libération Nationale dirige ce pays centroaméricain après son élection à la Présidence.

Trente ans après les faits de hauts responsables de ces assassinats vont sans doute enfin répondre de leurs actes devant les tribunaux. C'est à la fois fabuleux et frustrant. Frustrant parce que les donneurs d'ordre des massacres qui décimèrent ce petit peuple laborieux ne répondront jamais, eux, de leurs crimes. En fait le premier de ces massacres, le plus emblématique aussi, eut lieu dans les années 1930 et les victimes en furent 20000 paysans et ouvriers indiens révoltés contre leurs conditions de vie.

Aux historiens et aux journalistes de continuer d'éclairer l'opinion internationale sur les événements de cette période et sur leur signification.

Antoine Blanca

 

 

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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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