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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 17:41

La désignation de Madame Lagarde à la rête du FMI est une victoire du conservatisme ultra-libéral. Les Etats-Unis et les "industrialisés" traditionnels ne sont pas seuls responsables de  ce retour à la case-départ. De grands pays émergents (Brésil, Inde, Argentine, Chili par exemple) ont choisi le camp qu'ils calculaient être celui des vainqueurs.

Or la logique eût voulu qu'ils soutiennent la candidature du Mexicain Agustin Carstens, longtemps numéro 2 de l'institution internationale, ancien ministre des finances et actuellement président de la banque centrale de son pays. Un excellent représentant, par conséquent, de leur groupe d'influence. Force est  de constater qu'ils n'ont pas choisi de se battre.

Notre ancienne ministre de l'Economie avait d'autres qualités: celle d'être une femme, de penser comme une américaine, de savoir s'aligner sur le politiquement correct. Elle ne décevra pas ses maîtres.

Sans avoir jamais été un admirateur de DSK il me faut admettre qu'il a été  sans doute le meilleur patron de l'histoire du FMI créé au lendemain de la guerre mondiale à la conférence de Bretton Woods. Quand il est arrivé à Washington, il y a quatre ans, le Fonds était pratiquement inexistant sur la scène internationale. Sans projets, sans idées, sans capacité d'adaptation à la nouvelle distribution des cartes de l'économie mondiale. En quelques mois, il était parvenu à redresser une situation fort compromise. Tout le monde paraît d'accord sur ce point.

Madame Lagarde reviendra sans aucun doute à l'idéologie suiviste des grands de ce monde qui fut celle de ses prédécesseurs Français De Larosière et Camdessus.

Rien de transcendant, donc.

 

Antoine Blanca


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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 10:12

Je connais assez bien François Hollande dont je respecte l'intelligence aiguisée, le sens de l'humour, la compétence en matière d'économie et l'expérience politique prouvée. En outre je me considère comme Creusois d'adoption et notre François préside aux destinées de la Corrèze, notre voisine.

J'irai pourtant voter, sans hésiter, pour Martine Aubry. Voici quelques une de mes raisons:

-- je suis un institutionnaliste et Martine est Première secrétaire du Parti. Non candidate (une sérieuse probabilité si DSK avait pu se présenter), on lui aurait reproché de manquer à son devoir de première dirigeante. Candidate, une défaite aux primaires réjouirait la Cour élyséenne et la droite en général. Ce serait considéré par tout le monde comme un revers du premier parti de France,

--Martine Aubry a été un grand ministre dans un domaine qui tient particulièrement à coeur aux hommes et aux femmes de gauche: les affaires sociales. Son nom est associé à la réforme de fond la plus abominée par la droite et, plus sournoisement, par la gauche libérale. Pourtant on voit aujourd'hui que la loi des 35 heures a porté ses fruits et , pour une bonne part, a limité les effets sociaux de la Crise tout en renforçant notre Economie,

-- A la tête de l'une des grandes agglomérations de France elle a littéralement transformé la Communauté urbaine de Lille dans le sillage de Pierre Mauroy. Reçue à son arrivée avec beaucoup de circonspection par nombre d'élus et de militants, ayant même essuyé  un échec électoral aux législatives et affronté une première réelection difficile, elle a fait preuve de talent et d'une pugnacité étonnantes. Aux dernières consultations elle a fait un triomphe,

Je pourrais ajouter, de manière plus festive, que l'amateur de football que je suis est heureux d'apporter son petit soutien à la principale supportrice du LOSC aujourd'hui au sommet.

Allez le LOSC, allez Martine, en avant camarades vers la Victoire pour le rétablissement des valeurs de la République!

 

Antoine Blanca

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 12:45

Les rédacteurs en chef en ont pris l'habitude: faute de bouleversements politiques, de scandales sexuels touchant des personnalités, de discours provocateur du Président, on fait le gros titre de la une, on ouvre les nouvelles à la radio et à la télé avec un fait divers. La mort d'une adolescente sous les coups d'un camarade est une immense tragédie. Dans un cas récent, une petite ville tout entière s'est mobilisée et manifesté sa solidarité avec les familles directement touchées par ce drame. Habillés de blanc citoyens et citoyennes ont défilé en silence. De telles manifestations sont devenues habituelles et la presse les couvre amplement. Un jeune mort à Vaugeron-sur-Beloue vaut dix mille victimes d'inondations au Bengladesh.

Le lecteur, l'auditeur ou le télespectateur impose un tel choix. Ce n'est pas du cynisme, c'est du réalisme informatif.

Mais comment expliquer ces marches pleines de sentiment et d'affection. A notre avis ces réactions massives et solidaires ont existé de tout temps. Ce ne sont pas les émotions qui ont changé de nature. Ce sont les funérailles qui se sont transformées. Au point de pratiquement disparaître. Demandez donc aux amis de Georges Brassens qui vous chanteront "mais où sont les funérailles d'antan"? Privés de cortège derrière un corbillard, qu'il soit traîné  par un moteur ou par un cheval, les citoyens/citoyennes ont spontanément décidé de faire connaître leur douleur de manière différente.

Pour le bonheur de nos amis de la presse.

 

Antoine Blanca

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 10:02

Tout le monde est d'accord sur ce point: les mouvements de population d'un pays, d'une région du monde vers l'autre, doivent être régulés. C'est l'intérêt de tous. Il convient de les préparer dans la mesure du possible. Car les impondérables sont nombreux, les cas urgents difficilement prévisibles. Mais encore faut-il que les pays d'accueil fassent preuve de bonne volonté. Que les gouvernements qui les dirigent considèrent froidement que l'accueil réflechi des migrants répond à leurs propres intérêts économiques et de développement social et humain.

J'ai expliqué dans l'un de mes articles précédents combien l'immigration avait été bénéfique à la France, contribué, notamment, à la croissance par l'industrialisation. Les Etats-Unis sont devenus une grande puissance du fait de l'immigration massive provenant de tous les continents. Il en est allé de même pour le sud du continent américain.

Mais le contrôle des mouvements migratoires se doit de commencer par une étude approfondie des raisons qui conduisent certains peuples à émigrer. Ces études existent et sont actualisées en permanence. Par l'ONU, par exemple. La misère, les guerres civiles ou religieuses, les calamités naturelles sont les principales causes d'une émigration importante. Les persécutions ethniques en sont une autre. Nous nous devons d'aider les pays affectés par ces drames à les surmonter, afin d'éviter les départs en masse précipités.

Le principal obstacle à une organisation internationalement concertée des flux migratoires est l'utilisation démagogique, électoraliste de cette grave question. C'est le cas dans la plupart des pays de l'Union européenne. En France cela va très loin puisqu'une sorte de concurrence malsaine s'est instaurée entre les xénophobes de l'extrême droite traditionnelle et les porte-parole de la droite classique portée par M.Sarkozy et les siens. L'esprit d'ouverture qui a présidé à la construction d'une Europe unie contredit frontalement la démarche de ces racistes de circonstance qui ne se soucient pas de l'intérêt bien compris de notre pays.

 

Antoine Blanca

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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 16:53

Ce ne sont pas les sportifs de haut niveau, les joueurs de foot en particulier,  qui doivent être tenus pour responsables du système dans lequel ils évoluent. Salaires, primes et avantages divers, concernant une minorité de footballeurs, ont scandalisé opportunément le bon peuple. Sarkozy a lui-même fait part de sa juste colère. Sans arrière-pensée électorale faut-il le préciser! Quoi, se prennent-ils, ces gueux, pour mémée-Bétancourt, Bolloré ou Leclerc?

Ce que tout le monde oublie de rappeler c'est que la loi de l'argent s'impose à tous. Le sport de masse est devenu un business comme les autres et les joueurs sont la clé de son développement. Pas de rapport sans leur tête et leurs jambes. Les vedettes et leurs agents gloutons se meuvent dans cette logique. Les grands clubs, eux-mêmes toujours à la recherche de financements colossaux, leur font des propositions millionnaires qu'ils ne peuvent pas refuser. Ils ont  leur équipe de coeur, un Ch'timi a beau préférer jouer à Lens plutôt qu'à Istamboul, un Provençal à Marseille plutôt qu'à Munich, personne n'attend de leur part de l'héroïsme économique. Un bon transfert peut se traduire par un salaire mensuel triple de celui qu'ils perçoivent et des primes de match qui font rêver. Les cadres supérieurs des grandes entreprises raisonnent, eux aussi, de cette manière.

Cette machinerie est diabolique et elle a de quoi révolter. Faut-il s'en prendre pour autant aux sportifs tout en chantant les louanges de l'économie libérale?

En filigrane les tartuffes donneurs de leçons laissent entendre que ce jeunes gens sont rarement des super-diplômés, qu'ils sont originaires de milieux et de pays pauvres et que leur habileté avec une balle ne leur donne pas le droit de devenir riches. En feignant d'ignorer que les années de plénitude de ces artistes du ballon rond sont comptées et que seul un petit nombre réussit une bonne reconversion comme entraîneur ou consultant à la télé. Et même dans ces domaines leur situation demeure précaire s'ils n'ont pas épargné avec sagesse.

Espérons  que l'absurdité du système en place atteigne ses limites (les grands clubs s'achètent désormais comme un bijou de la place Vendôme), obligeant à un réexamen à l'échelle internationale qui puisse conduire à de nouveaux équilibres.

 

Antoine Blanca

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 10:34

J'avais 23 ans en 1959 quand je pris connaissance du contenu de la résolution adoptée par les délégués au Congrès du SPD réuni à Bad Godesberg, ville d'eaux proche de Bonn (tellement proche qu'elle en est désormais partie). Une catastrophe à mes yeux de jeune militant du parti frère français. Un abandon des thèses adoptées par les Allemands en 1925 à Heidelberg qui prônaient la fidélité au marxisme et à la lutte des classes. Trente quatre ans plus tard voilà que les frères germaniques--meurtris par une guerre apocalytique dont leur pays était responsable, par la partition en deux Etats ennemis, soucieux avant tout de reconstruction et de consolidation démocratique-- assumaient une nouvelle ligne visant à réunir les citoyens de toute origine sociale, s'ouvraient aux spiritualités chrétiennes ou humanistes, cédaient sur la défense de la laïcitélibéralisaient leurs positions en matière économique.

J'étais abasourdi, sonné comme un boxeur K.O. debout. Notre chef d'alors, Guy Mollet, n'avait pas de mots assez durs pour condamner la résolution de Bad Godesberg. Le guesdiste renaissait en lui. Se vengeant un peu, au passage, des partis membres de l'Internationale socialiste qui avaient lourdement condamné la politique algérienne qu'il avait improvisée et conduite. Le SPD était du nombre...

Avec le recul du temps, je vois bien que "Bad Godesberg" n'avait fait que se conformer à l'inévitable. Que tous les autres grands partis d'Europe appliquaient, sans avoir eu forcément recours à une proclamation solemnelle, les positions exprimées en 1959 par les camarades germaniques. Ils avaient en commun avec le SPD le fait qu'ils contrôlaient aussi la Centrale syndicale. Et les électeurs avaient le plus souvent ratifié cette orientation (ce sera bientôt le cas en Allemagne avec la victoire de Willy Brandt).

Au PS, en France, on suit plutôt cette tendance depuis 1983, sans éprouver pour autant le besoin de la faire bénir par un congrès. Et, depuis la Charte syndicale d'Amiens, l'unité organique avec les organisations ouvrières est impensable.

Nos victoires se veulent toujours rupture avec les politiques conservatrices. Et nous sommes fidèles au rôle d'éclaireurs qui est le nôtre depuis le Siècle des Lumières, la prise de la Bastille, la Commune et Mai 81.

Cela vaut tous les Bad-Godesberg du monde...

 

Antoine Blanca

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 10:21

Ban Ki Moon en reprend donc pour cinq ans. A la tête de la machine onusienne, cet ancien ministre des relations extérieures de la République de Corée a été apprécié pour son admirable capacité de travail, sa discrétion naturelle et, surtout par les "Grands" du Conseil de Sécurité, par sa répugnance à empiéter sur les prérogatives des Etats membres.Le gouvernement de Washington, en particulier, peut dormir sur ses deux oreilles avec un homme formé par Séoul à l'exercice du pouvoir.

Les puissants du monde ont toujours veillé à ce que l'ONU "reste à sa place". Dans les domaines politique et militaire cette place est bien étriquée. Les fameux casques bleus sont bien déployés un peu partout, mais leur présence est expressement voulue par les grandes nations qui évitent ainsi d'avoir à intervenir directement. Et les grandes conférences organisées par l'ONU permettent de les présenter avec une neutralité empreinte de respectabilité.

La haute fonction de Secrétaire général n'en est pas moins importante. Fédérateur de toutes les agences spécialisées onusiennes, Ban Ki Moon a déjà assuré amplement sa mission de "Monsieur développement" au cours de son premier mandat de cinq ans. Il a été au service des plus exposés à la misère en matière d'enfance, de santé, d'alimentation, de défense de l'environnement, de droit du travail...

Mais il n'y aura plus jamais, à la tête de l'organisation mondiale, un homme de la dimension du Suédois Dag Hammarskjõld, prix Nobel de la Paix, titre qui lui fut décerné à la veille de sa mort en 1961. Il avait pris, de manière indépendante, intrépide,dérangeantes, des positions très claires sur le drame que vivait une partie de l'Afrique au lendemain de l'indépendance bâclée de l'immense Congo belge aux richesses tant convoîtées. Hammarskjõld mourut dans l'explosion opportune de l'avion à bord duquel il voyageait au-dessus de la Zambie.

Sa disparition ne chagrina pas tout le monde.

 

Antoine Blanca

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 17:06

Ceux qui ont qualifié de printaniers les soulèvements populaires en Afrique du Nord et au Moyen Orient ont eu raison dans leur optimisme initial. La Tunisie et l'Egypte ont chassé un pouvoir fondé sur la répression et la corruption. Ce succès est, sans doute, irréversible quelles que soient les réactions défensives manifestées par les dictateurs d'hier: Ben Ali depuis son refuge saoudien; Moubarak depuis la résidence surveillée à laquelle il a été assignée. Et ils ne manquent pas de bons avocats...

Mais l'été s'annonce difficile. Le tourisme, ressource essentielle pour l'un et l'autre pays, est en berne et les nouveaux pouvoirs, en quête de stabilité, se cherchent encore. Nous  avons salué, parfois tardivement, la performance héroïque des peuples. Il ne faut pas, désormais, les oublier dans la nouvelle étape, décisive, qu'ils sont en train d'affronter.

Et les autres?

Au Maroc, le Roi a gardé la main tout en concédant une nouvelle constitution dont le texte sera soumis au suffrage citoyen. Les optimistes veulent penser à une monarchie parlementaire. Les plus sceptiques, ceux qui ont lu le texte du discours royal, rappellent que Mohamed VI aura toujours le dernier mot avant la promulgation des lois votées par les élus du peuple.

Reste que le progrès est incontestable tout fragile qu'il soit.

En Algérie tout est plus complexe, comme toujours, puisque les gouvernants réels avancent masqués. Je veux penser, toutefois, que les mesures sociales et budgétaires proclamées par un Président bien fatigué se traduiront solidement dans les faits.

Pour toutes les autres nations arabes les inconnues sont angoissantes. En Libye, c'est une guerre étrange qui paraît s'installer dans la durée.

Au Yémen rien n'est établi et tout peut encore basculer.

En Syrie le peuple déborde de courage et d'abnégation. Mais le pouvoir baassiste et alaouite garde les moyens de la répression. Et elle est terrible dans ses effets.

Oui, après le printemps, le ciel de l'été qui commence aujourd'hui est couvert de nuages noirs annonciateurs d'orages à venir. 

 

Antoine Blanca

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 10:54

Il convient de le reconnaître et d'en tirer les justes conclusions: la guerre planétaire décrétée en 1971 contre le trafic, la production et la consommation de drogues, est un échec. Pire, d'année en année les statistiques s'aggravent. En dépit des milliards de dollars consacrés par les Etats à cette lutte, de l'implication directe des Nations Unies et de la mobilisation, de plus en plus fréquente, des forces armées (au Mexique par exemple depuis quatre ans), dont ce ne devrait pas être la mission. Le trafic des drogues illicites est le marché criminel le plus prospère de l'histoire de l'humanité.

Des anciens Chefs d'Etat ou de gouvernement, de grands noms de la littérature et de la science, un ancien Secrétaire général des Nations Unies (Kofi Annan), viennent de publier un document important qui constitue, pour nombre d'entre eux, une véritable autocritique de leur action passée.

C'est le cas de Fernando Henrique Cardoso qui présida, pendant huit ans, aux destinées du Brésil après avoir, par deux fois, battu le candidat Lula (1994-2002). Il se confesse dans un film documentaire destiné à promouvoir son nouveau combat: "Lorsque j'étais à la présidence, je ne disposais pas des informations que j'ai aujourd'hui. Je partageais la vision la plus commune selon laquelle la répression est le seul moyen de résoudre le problème de la drogue...Je me suis trompé".

Il faut aujourd'hui, comme le préconisent ces fortes personnalités venues de tous les continents, réviser la convention de l'ONU sur les stupéfiants, assurer la cohésion entre ses différentes agences spécialisées en fondant leurs objectifs sur le respect des droits de l'homme, l'éducation et les principes de la santé publique. Ne plus s'appuyer exclusivement sur les forces de sécurité, mais le faire aussi sur la famille, la connaissance scientifique, tout en considérant avec intérêt les résultats des expériences novatrices menées avec succès dans de nombreux pays.

En France le député socialiste et ancien Ministre de l'intérieur, Daniel Vaillant, a fait des propositions concrètes allant dans le bon sens.

Il faut se libérer des  préjugés moraux visant à satisfaire l'électorat le plus conservateur. S'y soumettre ne conduit qu'à la violence aggravée et à la ruine budgétaire.

 

Antoine Blanca

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 09:37

Pour nous, Européens, le Sud c'est avant tout la Méditerranée. Elle est toujours aussi belle, même si les pays qui la bordent souffrent tous du même mal: la Crise. Mais on peut l'ignorer quand on vit le monde artificiel d'une croisière sur l'un de ces mastodontes des mers qui sillonnent désormais la Grande Bleue. Nous étions, hier encore, partie de cet univers voluptueux. Privilégiés et contents de l'être. Dans les ports des îles de rêve où l'on accostait, il y avait toujours trois ou quatre autres bateaux gigantesques débarquant des milliers de ces touristes d'un nouveau type.

La Grèce vue de cette manière ne connaît aucun drame. Les commerçants commercent, l'ouzo et les olives précèdent la friture ou les brochettes de viande d'agneau  servis, avec plus ou moins de bonheur, à une clientèle pratiquant un Anglais, avec tous les accents de la terre, souvent approximatif. La langue de Molière, quant à elle, n'est plus en décadence: elle est à l'agonie et il n'y a personne pour lui donner l'extrême onction.

A bord, pas de chaîne française à la télé. BBC News nous parlait du vote de confiance au Parlement à Athènes, des manifs et du désarroi dans lequel vit la grande nation. Mais sur les îles le seul signe de crise était la fermeture pour cause de grève de quelques musées. Tout le monde remontait ensuite à bord, gavé de photographies, pour retrouver le personnel philippin compétent qui s'efforçait de donner toutes les apparences de la joie de servir de si bons hôtes.

Pour nous ce fut une semaine de rupture avec les angoisses du monde. Sans journaux, introuvables, sans internet, sans blog à rédiger.

Au départ et à l'arrivée, Venise la magnifique. Pas une ride sauf celles que la Cité des Doges entretient avec malice. Des journaux en papier  enfin: tiens, Berlusconi survit encore. Chaque jour on annonce sa mort politique, mais le coquin est toujours là. Tricheur comme jamais, se jouant des réalités, manipulant des alliés de moins en moins dociles et se moquant d'une opposition revigorée par les électeurs, mais toujours aussi floue dans son entreprise.

Je lis El Pais: Zapatero est pathétique dans un combat perdu d'avance. De prétendus indignés, plus ou moins jeunes, entretiennent l'illusion d'une tradition anarchiste aujourd'hui inavouable. Tandis que leurs familles votent, comme au Portugal, pour une droite autoritaire et notoirement corrompue, pour durcir l'austérité qu'elles dénoncent par ailleurs.

Pas de doute: la douce parenthèse est terminée. Dur retour dans le monde réel...

 

Antoine Blanca

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Présentation

  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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