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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 18:05

C'est avec la Révolution mexicaine de 1910 que les choses ont commencé à changer  dans les pays situés au sud du Rio Grande. Les chefs rebelles comme Pancho Villa ou Emiliano Zapata étaient presque tous Indiens ou métis. En tout état de cause les nouveaux gouvernants n'étaient plus exclusivement les descendants des conquistadores, issus de la bourgeoisie ou de la modeste aristocratie castillano/basque.

Bientôt la politique officielle du pays aztèque fut celle des "trois cultures", bonne traduction de la réalité sociale dominée par le métissage.

Mais le reste du continent ne suivit cet exemple que beaucoup plus tard.
Dernier exemple de cette transformation: l'élection à la présidence du Pérou de Ollanta Humala pour lequel les populations andines quechuas ont voté massivement. En Bolivie, avec le Président Evo Morales, un indien aymara, "l'indianisation" de la politique gouvernementale est beaucoup plus claire depuis plusieurs années déjà. Seuls les succès du pouvoir dans le domaine de l'Economie, et des choix ethniquement équilibrés des ministres (souvent compétents) empêchent de riches provinces non "andines" (Santa Cruz en premier lieu) de faire sécession. Mais d'une manière générale la Bolivie donne des signes de prospérité.


L'Amérique du sud présente de toute manière un nouveau visage. Plus indien là où les descendants des vaincus du XVIe siècle représentent, avec le peuple métis, une majorité. Les choses se mettent progressivement en place, sans esprit de revanche et sans haine.

L'évolution sera lente, exigera parfois de longues luttes sociales tant les inégalités demeurent visibles. Mais la région avance dans le bon sens.

 

Antoine Blanca

 

JE PRIE MES LECTEURS DE NOTER QUE LA REDACTION DE CE BLOG VA CONNAÎTRE UNE INTERRUPTION D'UNE SEMAINE.



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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 10:30

Qui a parlé le premier d'éléphants à propos des dirigeants du PS? Les avis diffèrent selon les observateurs. Surtout quand il s'agit de définir les critères de qualification pour accéder à un titre pachydermique. Il n'est d'ailleurs pas attribué pour l'éternité, puisqu'on peut aussi le perdre sur les chemins de la gloire. L'essentiel, pour les observateurs des grands animaux d'Afrique (ou de leurs petits frères d'Asie), c'est que tout évolue, voire se transforme.

Pendant longtemps, par exemple, François Hollande non seulement faisait partie du troupeau des grands mammifères, mais encore en était-il le conducteur. Aujourd'hui il serait au contraire victime de la vindicte de ses anciens congenères. Ils le piétineraient volontiers de leurs grosses pattes, entend-on dire dans les cercles d'explorateurs des vastes savanes politiques.

Ainsi l'elefantus pééssus serait une espèce mutante. Tel est le cas d'un jeune mâle étiquetté "Arnaud Montebourg" par un zoo de Saône-et-Loire, qui a déjà, à plusieurs reprises, gagné et perdu ses défenses. Une situation quelque peu délicate pour un maître du barreau.

De toute manière l'éléphantite est entrée dans les moeurs politiques, s'est enracinée dans les cerveaux, incrustée dans les claviers. Elle prétend transmettre l'idée de lourdeur et de lenteur de mouvement. En oubliant que ces grosses bêtes, quand elles partent ensemble au galop, peuvent dépasser la vitesse des pur-sang arabes.

Tout cela est finalement bien plaisant. L'animal aux grandes oreilles reste sympathique, son intelligence est reconnue, il peut vivre cent ans et a de quoi se défendre. L'ivoire demeure d'ailleurs un produit fort recherché.

Autre pays, autre histoire et autres moeurs: aux Etats-Unis l'éléphant est le symbole du Parti républicain. Le plus conservateur. Les symboles, on le voit, ne sont que des symboles...

 

Antoine Blanca

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 10:39

Je pressens que mon parcours de modeste blogueur va devenir un calvaire en attendant la désignation formelle (par qui d'ailleurs?) du candidat ou de la candidate socialiste légitime. J'avais bien décidé, en militant discipliné, de retenir ma plume chaque fois que l'envie me démangeait de moucher un ou une camarade. Or j'ai déjà cédé à la tentation à propos du photogénique Arnaud Montebourg, le nouveau "démondialisateur"; et voilà que je retombe, hors de tout contrôle que je suis, avec les agitations contradictoires de la belle Ségolène. Oh! Jésus de Solférino, pardonnez-moi mes offenses!

Ségolène et Jean-Pierre Chevènement sur la même estrade? Entendre la première s'exclamer: ah!si tout le monde avait été comme Jean-Pierre, j'aurais peut-être gagné en 2007! Et le second, perdu dans ses pensées hasardeuses, de la regarder, sans un mot, mais avec un attendrissant demi-sourire.

Pour Jean-Pierre, c'est d'accord, il y a longtemps qu'il ne sait plus où il va. Un chien perdu sans collier. Son dernier exploit politique avait été sa contribution à la défaite de Lionel en 2002, avec son étrange discours sur le thème "je ne suis ni de droite, ni de gauche". Un homme de nulle part qui pourtant, lors de la révolution des oeillets en 74 au Portugal, plaidait le cause du MFA, les jeunes officiers gauchistes alliés aux communistes. Contre le PS.

Bon, d'accord, l'homme qui dit aujourd'hui vouloir se présenter "pour faire bouger les lignes" (kézako?) ne sait plus comment exister encore en politique.

Mais Ségolène? Elle occupe une place significative à la table d'une grande famille, elle préside avec succès une belle région et son réseau d'amis, même affaibli, est toujours vivant à travers la France...

Je pense que cette idée d'alliance avec le néant, toute saugrenue qu'elle paraisse, s'apparente à sa vaine quête d'autrefois vers le centre incarné, alors, par M.Bayrou. Il semble y avoir, chez elle, comme un besoin de démontrer son absence de fiabilité. Pourquoi pas, la prochaine fois, un meeting avec Borloo? Avec elle, il faut toujours s'attendre à l'inattendu.

 

Antoine Blanca

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 12:01

"Je suis certain que ma mort me rappelera quelque chose"(&)

Il est vrai que l'histoire de la vie multiple de Jorge Semprùn aura été un long jeu de cache-cache avec la mort. Et jusqu'à hier, mardi 7 juin, il était toujours sorti gagnant.

A peine avait-il dit adieu à l'adolescence, qu'il dut quitter l'Espagne (et sa démocratie vaincue) avec sa famille, pour découvrir enfin Paris, ville qu'il aima avec passion. Il y affrontera bientôt la mort dans la France occupée en devenant, en 1942, membre des FTP et du Parti communiste.

Arrêté par les Allemands, déporté à Buchenwald à l'âge de 20 ans, il parviendra à survivre une fois encore jusqu'à la libération du camp par les alliés le 11 avril 45(lire "quel beau dimanche").

Quand le Bureau politique du PC espagnol l'envoya à Madrid pour y être son représentant, le jeune cadre communiste savait que le régime franquiste le ferait torturer, puis fusiller s'il se faisait prendre. Il avait des(faux) documents d'identité au nom de Federico Sanchez (lire "autobiographie de Federico Sànchez"). Il parvint une fois encore à s'en sortir. Son successeur, Juliàn Grimau sera exécuté à Barcelone en avril 1963.

Il fut exclu du PC en 1964 à l'issue d'un procès en sorcellerie à la stalinienne conduit par Santiago Carrillo et Dolores Ibarruri, la pasionaria, en même temps qu'un membre éminent du Bureau politique, Fernando Claudin. On purgeait le Parti de ses intellectuels.

Le Président du gouvernement espagnol, le socialiste Felipe Gonzalez, en fit son ministre de la culture de 1988 à 1991.

Ce grand écrivain a choisi d'écrire une grande partie de son oeuvre en Français, sans abandonner pour autant sa nationalité espagnole (ce qui lui interdît l'entrée à l'Académie fraançaise. Comme, paradoxalement, du fait de sa préférence pour notre langue, il n'obtint jamais le très convoité Premio Cervantes).

Sur son parcours personnel, je recommande la lecture de "le long voyage" et de "l'écriture ou la vie".

 

Antoine Blanca

(1)Semprun aimait citer cette phrase de notre compatriote Roland Dubillard, acteur et poète.

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 17:43

A l'automne 2012 les Mexicains éliront un nouveau président. Personne ne regrettera le sortant, Felipe Calderon (non rééligible de tout manière) tant son mandat aura été marqué par sa médiocrité. Le Chef de l'Etat étant doté de larges pouvoirs il aura été d'autant plus nuisible. Il est, de l'avis de tous les observateurs avisés, le principal responsable du chaos qui secoue certains Etats de la nation aztèque.

La presse internationale s'en donne à coeur joie: le Mexique serait en guerre. Une guerre civile opposant les milices des cartels de la drogue aux forces de sécurité de ce pays de 120 millions d'habitants, premier pays de langue espagnole. Les journalistes mexicains, du moins les plus sérieux, sont beaucoup plus nuancés. Et ils se refusent à participer à ce type de simplification sensationnaliste.
Car il y a un autre Mexique: celui de la création littéraire souvent géniale, d'une université de qualité, d'une infrastructure touristique prospère et riche de toutes les cultures qui se sont mêlées à travers les siècles.

Si guerre il y a, c'est que le pouvoir a fait systématiquement les mauvais choix. En faisant notamment appel aux forces armées pour aider, voire supléer une police défaillante, minée par une corruption chronique. Le Mexique, depuis la stabilisation de sa Révolution en 1929, avait voulu une armée réduite en nombre, discrète dans ses activités, et éloignée de toute préoccupation politique. Calderon a changé tout cela. Et, comme les militaires ne sont pas formés pour faire la police, ils ont multiplié les erreurs et les victimes collatérales. Le Président leur avait donné carte blanche.

L'écrivain et diplomate Carlos Salinas  recommande de traiter la consommation de drogues comme un problème de santé publique, de pratiquer une politique systématique de prévention et de punir le crime organisé tout en menant, parallèlement, une politique de décriminalisation...Reste le problème de la demande provenant des Etats-Unis qui imposera le renforcement d'une police des frontières bien formée et bien équipée.

De toute façon l'actuelle administration a échoué piteusement. Les amis du Mexique souhaitons que le prochain gouvernement, certainement présidé par le talentueux maire de la capitale fédérale et son parti, le PRI (71 ans d'expérience gouvernementale, 1929-2000) sauront assainir la situation en redonnant force et vigueur à leur pays.


Antoine Blanca

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 09:45

Samedi 4 juin s'est tenu, dans une salle de conférences de l'Assemblée Nationale un colloque réunissant des juristes reconnus, des journalistes experts en questions latino-américaines ou spécialistes en matière de justice internationale, des dirigeants d'associations de droits de l'homme, des parlementaires et des diplomates.

Le thème central de ce colloque:  l'examen des conditions dans lesquelles s'est déroulé le procès qui a abouti à la condamnation de cinq citoyens cubains à d'interminables peines de prison (ils y croupissent depuis 1998). La Cour était fédérale, mais le tribunal siégeait à Miami centre de tous les complots visant Cuba et ses citoyens. Le lieu choisi explique, pour une bonne part, le caractère expéditif des débats et les peines aberrantes qui ont été prononcées.

Ayant assisté, en observateur intéressé, à ce colloque, j'ai été frappé par le caractère presque académique des travaux, les conférenciers se montrant soucieux d'exposer les faits bruts, les éléments à charge et à décharge dans une ambiance très juridique.

Au terme de cette journée de travail il a été clair pour moi que:

1) les inculpés avaient agi en conformité avec le résolution 1373 du Conseil de Sécurité de l'ONU dans le cadre de la Stratégie Antiterroriste mondiale. Or Cuba avait subi, avec Miami comme source, des attaques terroristes d'une ampleur considérable. A commencer par le terrible attentat contre un avion de Cubana de aviacion, avec pour conséquence la mort de tous ses occupants (76, dont l'équipage et 70 jeunes sportifs). Les noms des  terroristes sont connus. L'un vient de mourir de sa "belle" mort à Miami où vit toujours son principal complice.Leur groupe avait aussi, en 1997, perpétré des attentats visant les lieux touristiques faisant de nombreuses victimes.

2) Que le procès n'a pas été équitable, Washington reconnaissant d'ailleurs publiquement l'incapacité de l'accusation à apporter des preuves convaincantes ("...à la lumière des preuves présentées lors du procès, cela constitue un obstacle insurmontable pour les Etats-Unis et cela conduira probablement à l'échec de l'accusation...le préjudice pour le Gouvernement sera irrémédiable et le dommage durable..."

 

Mais le poids politique s'imposa à l'esprit de justice si cher, en principe, aux Etats-Unis d'Amérique. Le principal accusé, Gerardo Hernàndez purge une peine de double prison à vie plus quinze ans! Or l'accusation le poursuit pour "conspiration en vue de commettre un assassinat au premier degré" qui n'a existé que dans l'imagination du procureur. Les peines de quatre autres vont de 15 à 30 ans de prison. Tous sont, de facto, privés de droit de visite.

 

Je voudrais que tous mes camarades du PS prennent connaissance de cet article de compte rendu et manifestent leur indignation contre un procès à la stalinienne et à des conditions d'emprisonnement inspirées du Goulag.

 

Antoine Blanca

Ancien ambassadeur de France

Commandeur de la Légion d'honneur

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 18:08

Le Pérou et le Portugal votent demain. Le premier pour élire un nouveau Chef de l'Etat, le second pour renouveler son parlement. Dans les deux cas la république va se doter d'un nouvel exécutif.
Le Pérou a un régime présidentiel à l'américaine, le Portugal est parlementariste et son Président n'a pas davantage de pouvoir que ne l'avaient ceux de notre IVe République. Mais les deux pays ne vivent pas la démocratie de la même manière.

Ainsi le Pérou, si son économie est en croissance constante depuis dix ans, les classes les plus démunies ne paraissent pas avoir profité  de la prospérité annoncée par les chiffres et les milieux d'affaires. Les électeurs se sont, depuis longtemps déjà, détournés des partis traditionnels. Ils votent pour celui (ou celle) qui leur promettra le mirage le plus tentant de l'assistanat sous toutes ses formes. Le Président sortant est bien issu d'un grand parti, l'APRA, mais a été élu à titre personnel (les apristes ne seront d'ailleurs que cinq dans la nouvelle Chambre). Son prédécesseur (Alejandro Toledo, dit El Cholo, l'indien) l'avait emporté, lui, sous l'ambitieuse étiquette de...Perù posible. On ne saurait être plus exaltant. Et puis il y a Gana Perù; et je m'arrêterai là tant la liste de sigles grotesques est déprimante. Bref, on vote sur la gueule et sur des semblants de programme, tous à géométrie très variable.

Demain, pour le deuxième tour, le choix sera entre la fille d'un condamné pour vols et assassinats divers, Keiko Fujimori, et un ancien officier putschiste sans culture et sans charisme, Ollanta Humala. Ce n'est même pas cornélien, c'est pathétique.


Si j'étais péruvien je me serais dit, comme les intellectuels du pays: "tout sauf le retour des Fujimori.

 

Le cas du Portugal est très éloigné de celui du Pérou. Et pas seulement du point de vue géographique. Chez ces amis européens la croissance n'est pas au rendez-vous depuis quelque temps déjà, mais le choix se fera entre des forces politiques traditionnelles depuis le nouveau printemps de la République de 1974. Le PS, au pouvoir, est dirigé par le Premier ministre José Socrates (un clin d'oeil involontaire au frère grec en souffrance). L'opposition de droite libérale porte, curieusement, le sigle de "social-démocrate" qui ne trompe personne. Il y aussi un PC qui a douloureusement combattu le salazarisme et une droite plus marquée par le cléricalisme à l'ancienne.

La démocratie c'est aussi une stabilité de grands partis bien implantés. Elle s'est donc consolidée, en dépit des difficultés économiques et sociales, et d'un passé de dictature relativement récent.

Projections attendues dès dimanche soir à Lisbonne et, décalage horaire et géographie tortueuse obligent, lundi soir à Lima.

 

Antoine Blanca

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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 09:23

En principe les deux personnages n'ont rien à voir l'un avec l'autre. Mais à y regarder de plus près ils ont un point commun qui peut s'avérer autodestructeur: la soif médiatique.

Luc Ferry a été ministre sans jamais avoir exercé de mandat électif. Viré sans ménagement de la grande politique, il survit désormais en se présentant comme LE philosophe de la droite. Un produit rare qui lui permet de naviguer entre tous les courants conservateurs. En se donnant tout de même des allures de libertaire du VIe arrondissement. Il bâcle deux mauvais ouvrages par an ce qui, grâce à ses relations, donne prétexte à des apparitions régulières sur les étranges lucarnes et à des participations aux émissions politico-bling'bling des stations périphériques. Chroniqueur appointé au Figaro, où il se  voit contraint de contrôler son goût pour la fantaisie (c'est alimentaire mon cher Dassault), il doit envoyer de temps à autre un pavé dans la mare pour entretenir son image de néo-soixante-huitard. La dernière fois il y a eu gros ratage, avec son histoire d'ancien ministre "poissé" dans une partouze pédophile à Marrakech; il s'est, du coup, durablement emmêlé ses grands panards. En tout cas, il ne redeviendra jamais ministre. Voilà au moins un acquit.
Mais il a obtenu, dans l'immédiat, ce qu'il voulait. Radios et télés ne parlent que de lui et, dans les dîners en ville du faubourg Saint Germain, on spécule sur le nom de l'excellence pédophile "que tout le monde connaît".


Mon camarade Arnaud Montebourg souffre de la même maladie. La "médiatomanie" le conduit, lui aussi, à écrire quelques dizaines de pages tous les six mois. Un livre politique disent avec indulgence les commentateurs qui invitent aussitôt le bel avocat à venir débattre. Dans l'espoir qu'il lâchera quelque énormité susceptible d'embarrasser ses amis politiques. Arnaud est imprévisible. Il est passé par tous les courants de son parti et, en bon avocat, il peut démontrer tout et son contraire, devenir procureur ou défenseur.

Son dernier coup: un mini-mini-ouvrage contre la mondialisation. En quelques lignes, il assassine l'idéologie dominante. Celle qui impose ses déréglements de Bruxelles à Washington, de Moscou à Pékin. Il a découvert cela, il y a quelques jours, en prenant son petit déjeuner. Sans donner pour autant de recette pour tuer la mauvaise bête.

 

Ferry et Montebourg sont très différents l'un de l'autre. Le premier me donne la nausée, le second m'irrite, simplement. Ferry est mort politiquement, Arnaud peut croire encore en un incertain avenir. L'un appartient à la droite philosophique pendulaire, l'autre à la gauche de prétoire.
Leur point commun: la superficialité constante de leur propos.

 

Antoine Blanca

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 09:43

La revue de l'archevêché cubain, Palabra nueva, qui circule librement sur l'île, vient de publier une interview, jugée importante par la plupart des observateurs, d'un riche chef d'entreprise cubain vivant et travaillant  aux Etats-Unis. Carlos Saladrigas est le co-fondateur de la plus puissante compagnie latino en terre nord-américaine. Il n'y a pas si longtemps, ce même Saladrigas était connu pour ses positions de violente hostilité à l'égard du régime révolutionnaire. Aujourd'hui sa démarche est tout autre: il en est à sa deuxième visite opérationnelle à la mère patrie. Et tout porte à croire qu'il est le porte-parole d'un courant porteur.

L'homme d'affaires dit par exemple aujourd'hui à la revue catholique:"...les cubains de l'île connaissent Cuba, pas ceux de la diaspora (ou si peu). C'est pour quoi de nombreux entrepreneurs de l'exil souhaiteraient investir à Cuba en créant des sociétés en association avec des compatriotes vivant sur l'île...car ceux-ci connaissent mieux les spécificités du marché et l'idiosyncrasie de leurs contemporains".

Ce nouvel intérêt manifesté par l'exil cubain du monde des affaires correspond à la réaction nettement positive de la population à la nouvelle politique décidée par le gouvernement du Président Raùl Castro. Au cours des six derniers mois le nombre de micro-entreprises privées a doublé et concerne désormais 320000 actifs. L'esprit de créativité bien connu des habitants de la Grande Ile caraïbe fait, nous dit-on un peu partout, merveille.

Quant à l'Eglise catholique, qui a déjà déployé ses talents négociateurs pour régler certains différends relevant, pour les gouvernements occidentaux, des Droits de l'Homme, elle paraît intéressée à servir aussi d'intermédiaire entre le gouvernement révolutionnaire et la partie de l'exil qui regarde, par intérêt ou nostalgie, vers la nation de José Marti.

En tout état de cause nous devons constater qu'il y a un mouvement nouveau entre La Havane et le Continent. Et qu'il a tendance à s'accélérer.

 

Antoine Blanca


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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 12:19

En des temps pas trop lointains, M.Guéant était encore un Préfet apprécié pour sa compétence et son sens du service public. Devenu proche collaborateur de Sarkozy à l'Elysée, il se faisait discret. Mais depuis qu'il sévit comme ministre il s'est transformé en agent électoral chargé de travestir grossièrement la vérité.

Il y a quelques jours encore il qualifiait de légende le fait que, dans bon nombre d'activités professionnelles (bâtiment, hôtellerie, entretien), seule la présence de personnel issu de l'immigration permet à l'économie française de faire face à ses besoins.

Une récente étude, réalisée exclusivement à partir de chiffres officiels  (équipe dirigée par Xavier Chojnicki chercheur à l'Université de Lille), a répondu par avance aux grossiers mensonges de Guéant. En fait "les immigrés sont une très bonne affaire pour l'économie française. Ils reçoivent 47,9 milliards d'euros de l'Etat, mais lui reversent 60,3 milliards. Un solde positif de 12,4 milliards pour les finances publiques".

L'étude (je l'ai découverte dans le quotidien espagnol de la droite monarchiste ABC), détaille bien entendu tous les postes (retraites, aide au logement, RMI, allocations chômage, allocations familiales) et le résultat final, toujours très positif, est celui exposé plus haut. Car le reversement par la population immigré en matière d'impôts et taxes diverses, cotisations sociales, est très avantageux pour nous.

Majoritairement jeunes, les immigrés sont de grands consommateurs et versent 18,4 milliards sur leurs dépenses personnelles, notamment la TVA. Noirs et maghrébins sont au top dans le sport, dans les arts et la chanson. Et si l'on mentionne en priorité leur présence dans le bâtiment, la construction de routes et d'autoroutes, la restauration et l'hôtellerie, il convient de rappeler aussi que la moitié des médecins hospitaliers sont étrangers, que ces  derniers animent dans la proportion de 42% les entreprises de nettoyage et que 60% des travailleurs dans les ateliers de mécanique de la région parisienne sont des immigrés.

Je suis en mesure d'apporter beaucoup d'autres informations. Dire par exemple que l'avenir de nos retraites dépend en partie du rôle favorable joué par la population immigrée.

Mais je ne voudrais pas déprimer le ministre de l'Intérieur, ni l'obliger à s'empêtrer davantage dans son personnage de Pinocchio. Lequel, comme son créateur Gépetto, est aussi d'origine étrangère.

 

Antoine Blanca


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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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