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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 17:12
Un communiqué de l'Elysée nous l'a appris: le Socialiste Michel Rocard nous a quittés.Il allait sur ses 80 ans.
La nouvelle nous a peinés sans nous surprendre vraiment: depuis longtemps Michel donnait des signes de faiblesse et, il y a quelques mois, un mauvais coup de froid polaire l'avait beaucoup affaibli. Depuis, on le disait fragile, particulièrement vulnérable à un virus pernicieux, le "sarkus anti immunitaire", contre lequel il refusait les remèdes qui lui étaient proposés.
On aurait pu espérer de sa part davantage de résistance au méchant virus. Rien ne paraissait le destiner à cette triste fin.
Né dans une famille calviniste, ancien des Scouts protestants, il avait reçu la meilleure des éducations possibles auprès d'une mère aimante et d'un père dont la carrière aurait pu être couronnée par un Prix Nobel scientifique. Enarque, il avait milité au sein de l'organisation étudiante du Parti socialiste SFIO et en était même devenu le Secrétaire national. Il se disait disciple de Léon Blum et manifestait une admiration sans limite pour Pierre Mendès-France. Dès 1958 il participa à la scission qui donna naissance au PS autonome, PSA, et sera l'un des fondateurs du PSU qu'il finit par diriger. Dans la mesure où un tel défi était réalisable.
Il tarda à rejoindre le PS d'Epinay. En 1974, à l'occasion des "assises du socialisme", il y adhéra enfin, en compagnie de nombreux syndicalistes d'origine chrétienne comme Edmond Maire.
On connaît la suite. A partir de son intégration au grand parti, il put enfin devenir député, maire et, à partir de 1981, successivement Ministre, Premier Ministre et, un moment, Premier secrétaire du PS. Il conduisit la liste de ce parti aux européennes de 1994. Un désastre (14%), qui mit fin à la meilleure étape de sa vie militante.
Ni le Palais Bourbon, ni celui du Luxembourg, ni enfin le Parlement de Strasbourg ne le consolèrent de ce qu'il considérait injustement comme un déclassement. Certains estiment qu'il était alors déjà atteint par le Mal. Quand ce dernier gagna l'Elysée la fin était inévitable.
Nous partageons le chagrin de ses proches, de ses amis et  de ce qu'il reste de ses anciens camarades.
Repose en paix, Michel.

Antoine Blanca
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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 10:31
C'est au Mexique que s'est produite la première grande révolution des temps modernes. De 1910 à son "institutionnalisation" en 1929, les guerres civiles et la violence pour le contrôle du pouvoir causèrent beaucoup de victimes et de destructions. Les Etats-Unis, le grand voisin avec lequel le Mexique compte 4000 kilomètres de frontière, se crurent autorisés à intervenir militairement à plusieurs reprises, occupèrent même la capitale et le principal port, Vera-Cruz. Des figures extraordinaires, comme celle de Pancho Villa (souvenons nous de la balade "la cucaracha"qui rapporte ses aventures), la plus romanesque, et celle du mythique Emiliano Zapata, leader de la  paysan austère et intrépide. L'un et l'autre ont marqué profondément cette période et sont entrées dans la légende universelle.
Le Parti Révolutionnaire institutionnel, le PRI, symbolise la volonté du peuple mexicain de consolider les acquis révolutionnaires, de stabiliser la fédération d'Etats qui avait été créée par la nouvelle constitution et d'affirmer la Nation dans la récupération des valeurs fondamentales que la colonisation espagnole avait voulu effacer. Le PRI allait, pendant des décennies, préserver et même  approfondir l'héritage d'un glorieux passé précolombien, en particulier la force des cultures Aztèque et Maya; tout comme l'identité nationale face à la menace permanente des voisins anglo-saxons qui s'étaient déjà emparés, au XIXe siècle,  par les moyens les plus divers, des trois-quarts de leur territoire (citons la Californie, l'Arizona, le Nouveau-Mexique...). Le PRI a transformé un pays de violence, en un pays pacifique, une armée de coups d'état, en une armée professionnelle, honnête, discrète et disciplinée, une société de grands propriétaires exploiteurs primaires de millions de "peones" misérables, en un monde où, théoriquement, le petit paysan est placé au centre du vocabulaire révolutionnaire. Je salue au passage le bond en avant réalisé par les six ans de présidence de Làzaro Càrdenas (1934-1940) qui fit des ressources du sous-sol une propriété de la Nation, de son pays une refuge pour tous les persécutés politiques, tout en donnant une nouvelle impulsion à la réforme agraire.
Le PRI a été ensuite, de moins en moins exemplaire. Ses derniers présidents ont été à la fois médiocres, cosmoplites et corrompus. En 2000, le système connut un grand bouleversement avec l'élection d'un président de droite.
Ce parti, hégémonique depuis 1929, avait trahi trop de valeurs pour ne pas devoir céder sa place. Des observateurs se précipitèrent alors pour annoncer sa disparition prochaine. Oubliant qu'il contrôlait toujours plus de la moitié des Etats de la fédération et des municipalités.
Dimanche 5 juillet le PRI a fait son grand retour à la faveur du renouvellement de la Chambre composée de 500 députés et des conseils municipaux. Le Président Felipe Calderòn, membre du parti conservateur PAN (parti d'action nationale, contrôlé par les industriels du nord mexicaine et, en particulier par le groupe dit "de Monterrey"), devra composer en permanence avec le PRI qui pourrait bientôt retrouver le fauteuil présidentiel.
Si le PRI a su tirer toutes les leçons des dérives qui lui ont fait découvrir l'échec, je me réjouirai de ce retour aux affaires.
L'Amérique latine et l'Europe retrouveront enfin un partenaire solidement établi, un partenaire indispensable. J'ai la certitude que la Maison Blanche, en ayant repris avec Obama, les chemins de la Liberté, sera heureuse de pouvoir dialoguer positivement avec un voisin difficile, avec qui il doit régler, en permanence, toujours dans la douleur, des problèmes aussi délicats que ceux relatifs à l'immigration et au trafic des drogues.
 
Antoine Blanca




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5 juillet 2009 7 05 /07 /juillet /2009 17:44
En dépit de l'antipathie naturelle que j'éprouve à son égard, je ne peux que partager le sentiment d'outrage que Christine Boutin a dénoncé en apprenant, par les infos télévisées, qu'elle ne faisait plus partie du Gouvernement. Pourtant elle aurait dû le savoir: dans le système Sarkozy on est éliminé sans ménagement quand on cesse d'être utile à la gestion de l' image personnelle de notre petit grand homme. Pourquoi se montrerait-il moins grossier avec la bigote des Yvelines qu'il l'a été, il y a quatre semaines à peine, avec la Reine d'Angleterre? Avec lui on est utilisé, manoeuvré, humilié ou même momentanément encensé. Mais quand on a fini de servir, tout est dit et conclu. L'occupant de l'Elysée passe à autre chose.
A mon avis Sarkozy n'a pas d'ami en politique. Seulement des complicités passagères qu'on fabrique et que l'on défait à loisir. La fidélité ne paraît réservée qu'aux copains de lycée à qui le peuvent le lier le souvenir de chahuts de jeunesse, partagés à l'heure de l'étude.



Mais voilà que la désinvolture du Chef de l'Etat en matière de politique extérieure pourrait le conduire à écouter ses conseillers qui lui proposent de consoler l'ancienne Minsistre du Logement en l'installant à la Villa Bonaparte, résidence merveilleuse, preque bucolique, des ambassadeurs de France près le Saint-Siège.
Ce serait là ajouter l'erreur politique à sa goujaterie naturelle.
En effet le Quai d'Orsay a toujours considéré comme hautement sensible ce poste diplomatique. Les télégrammmes que les titulaires successifs de la charge ont rédigé à l'intention de leur Ministre ont toujours fait l'objet d'un examen spécialement attentif. Un tel intérêt a peu de chose à voir avec les affaires proprement religieuses, encore moins avec les questions de dogme. Et beaucoup, en revanche, avec les appréciations politiques que la très professionnelle diplomatie vaticane porte sur les questions sensibles du monde: Moyen-Orient, pays balkaniques, tensions dans la région méditerranéenne, drames humanitaires en Afrique ou en Asie, sont souvent au centre de consultations passionnées entre notre Représentant et ses interlocuteurs romains.
Aussi le choix du nom de l'Ambassadeur de France a-t-il peu de chose à voir avec ses convictions en matière de Foi. Je dirais même plus: on évite de pressentir des personnalités trop engagées dans l'univers religieux, catholique ou pas catholique. On préfère choisir un diplomate expérimenté. On veut qu'il fasse preuve de réflexion, de recul par rapport aux sujets en discussion. Un bon, une bonne ambassadeur  ou ambassadrice de notre République ne doit s'agenouiller devant aucun autel, aussi prestigieux soit-il.
Que Sarkozy ait pu même envisager la nomination de la fervente  catholique Christine Boutin est une preuve supplémentaire de sa légéreté. La même qui lui avait fait désigner l'ancien mitterrandolâtre Benhamou à la Villa Médicis. Avec le résultat que chacun connaît.
Je comprends l'embarras de l'Elysée: la personne dont on parle peut s'avérer dangereuse si elle s'agite en pleine liberté. Aussi, par esprit de compassion, j'ose proposer une solution de compromis.
La création d'une nouvelle fonction diplomatique à Rome, en territoire pontifical. Celle de Première Chaisière auprès du Chanoine honoraire de la Basilique Saint-Jean de Latran. En l'occurrence notre Président lui-même.
Rien ne saurait mieux convenir, chacun en conviendra, à une dame politicienne, confite en dévotion.

Il faudra bien installer, gestion oblige, une nouvelle ligne budgétaire, loger convenablement la nouvelle promue pour qu'elle puisse recevoir. prieurs et chanoinesses. Mais ce ne sera pas un problème pour un homme qui se plait à creuser les déficits.
En tout cas dans ses nouvelles fonctions à la Basilique en question, notre sainte compatriote n'aura pas la douleur de croiser le Chanoine honoraire. Il n'a pas pouvoir d'y officier, fût-il assister d'un enfant de choeur ayant la classe d'un Bigard. C'est une douleur que je tiens, toujours par  compassion, à lui éviter.
Antoine Blanca
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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 16:46
Sarkozy se comporte-t-il en homme de droite?
Dans la réalité, sans aucun doute. Il s'applique, jour après jour, à préserver les intérêts des puissances de l'argent, ferme les yeux sur les manipulations et les tricheries des grandes entreprises nationales et internationales visant à maquiller les fermetures des sites et les suppressions massives d'emplois, poursuit sa politique de protection des gros contribuables, confirme, jour après jour, son objectif de réduire le secteur public au profit du privé et d'exposer les plus faibles de nos concitoyens à une grande précarité.
Mais sa démarche n'a rien de conventionnel. La droite classique, confrontée à la situation économique que nous vivons, se serait donné comme objectif premier la réduction des déficits. Elle aurait imposé une politique drastique de rigueur budgétaire. Au détriment des salariés, mais en tentant de contrôler, au maximum, les dérives résultant de la crise que nous traversons. Je pense à des personnalités conservatrices comme Antoine Pinay, Valéry Giscar ou encore Raymond Barre.
Sarkozy, lui, amplifie au contraire les déficits, annonce à grand spectacle un emprunt aux objectifs et au coût indéterminés, que rien, apparemment, ne justifie...et demande à Fillon et à ses ministres de réfléchir sur l'utilisation d'un capital potentiel et, partant, hypothétique. On surnage en pleine science-fiction. Il s'agit de  pure opération de communication. Il faut donner aux électeurs un sentiment de mouvement. Et, même si 82% des Français ne se disent pas séduits par le projet d'emprunt national, une partie d'entre eux a, dit un autre sondage récent, mordu à l'hameçon en saluant de manière positive le remaniement ministériel et l'agitation dominicale de François Fillon. Un Premier ministre qui paraît  bien égaré dans une vilaine parodie de  Harry Potter.
Cela pourrait prêter à sourire si notre avenir et celui du pays n'étaient pas en jeu. Sarkozy joue avec les échéances, avec le temps qui passe. Et avec une dette de 1400 milliards, jugée abyssale par tous les économistes sérieux. Dette que le prochain emprunt va, inévitablement, alourdir encore. C'est notre devenir en tant que Nation que la légèreté politicienne du Président est en train de compromettre durablement.
Il appartient au PS, seule  force d'opposition crédible, de rétablir la vérité dans sa dure réalité, de la dire et de proposer les solutions au peuple souverain.
Notre responsabilité est collective. Nous devons bâtir, ensemble, le projet sauveur. Le nom du champion qui sera appelé  à le porter est, finalement, secondaire.
Montrons-nous à la hauteur de la gravité de la situation.

Antoine Blanca
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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 17:14
HONDURAS, le plus pauvre des pays d'Amérique centrale. Quatre fois plus étendu que son voisin salvadorien et trois fois moins peuplé. Les forces armées y avaient toujours été attentives à satisfaire le moindre désir de ses homologues de Washington. A l'époque du triomphe de la révolution sandiniste en 1979, leur coopération avait été totale, servant pendannt une dizaine d'années de base d'appui aux "contras" recrutés et entraînés par la CIA afin de saboter tout ce que pouvait entreprendre le gouvernement de Managua. Ce fut sanglant et destructeur à souhait. Il y avait beau avoir un gouvernement démocratiquement élu à Tegucigalpa, les militaires imposaient cyniquement leur loi, avec l'aval de Reagan et du Pentagone. Comme Ambassadeur itinérant de Mitterrand, entre 81 et 84, j'ai eu à connaître directement de ce drame. Et je suis fier de dire que la France n'était pas resté inactive.
Mais depuis septembre 2001 les obéissants militaires honduriens sont déboussolés.
Bush junior ne s'intéresse plus, dès lors, à ses voisins du sud que sur deux dossiers: celui du trafic de stupéfiasnts, et celui de l'immigration clandestine. Pour tout le reste, seule la situation au Moyen Orient retient l'attention de la Maison Blanche. En général les citoyens des Amériques se réjouissent d'une ignorance qui les laisse davantage libres de leurs mouvements. Nombre d'élections se traduisent d'ailleurs par l'installation de gouvernements ouvertement hostiles à l'impérialisme de la grande puissance. Frondeurs en tout cas. Sans émouvoir des autorités américaines occupées ailleurs.
Mais une partie de la droite politique, de la droite des affaires, a perdu son tuteur naturel. Au Honduras, l'angoisse des parlementaires, des magistrats conservateurs et des militaires, qui se sont longtemps sentis, malgré tout, protégés de loin par l'Administration républicaine, ont vu, en quelques semaines, le candidat soutenu par les anciens du FMLN devenir Président du Salvador voisin et Obama multiplier les signes d'ouverture en direction de l'Amérique latine. L'OEA ouvre, dans le principe, ses portes à Cuba, le Venezuela rétablit les relations diplomatiques avec Washington et le président hondurien, ami de Chavez, annoncer la possibilité d'un référendum qui rendrait possible sa réélection (son mandat de quatre ans prenait fin, normalement, à la fin de l'année).
En tentant un coup de force (avec le soutien de nombre de parlementaires et de hauts magistrats), les militaires, sous le regard intéressé de la droite du reste de la région, a voulu tester la résistance d'Obama à d'autrees entreprises de ce type, dans d'autres pays gouvernés par la gauche.
Sans doute un coup d'épée dans l'eau: l'Organisation des Etats américains, et les deux grands que sont le Mexique et le Brésil vont sans doute éviter à Barack Obama d'avoir à se placer au premier rang de la résistance au coup de force militaire.
Les temps ont vraiment changé! Ce qui est heureux.  

                                                          Antoine Blanca

ARGENTINE:
 Ce Blog a attiré votre attention sur la tenue d'élections législatives en Argentine, devant renouveler la moitié des députés et un tiers des sénateurs de ce grand pays sud-américain. L'ancien Président, Nestor Kirchner auquel a succédé son épouse Cristina Fernandez de Kirchner, avait tenté un grand coup pour  établir durablement le pouvoir du couple néo-péroniste. Dimanche 28 juin, la tentative s'est soldé pour eux par un douloureux échec. Ils ont perdu la majorité parlementaire. Et cela s'est même traduit par une véritable déroute, puisque le "kirchnérisme" n'est en tête dans aucune province significative.

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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 18:00
Dieu:
Eh bien, mon neveu! Si je m'attendais à te voir dans le fauteuil de Djack! Moi,  à parler vrai, je t'imaginais plutôt dans la prêtrise. Avec le ton de ta voix, tu aurais bouleversé les fidèles de Saint-Sulpice. Sans compter les sermons du dimanche à la télé. Le petit Bossuet du quartier Saint Germain, en quelque sorte. La coqueluche pour catholiques des quartiers...euh...comment dit-on maintenant...bobos, c'est cela!

Monsieur Neveu:
Moi, oncle François, je pense au contraire que je n'ai que trop tardé à entrer en politique. Tant que vous étiez là, j'ai gardé l'esprit de famille. J'aurais été bien ingrat de ne pas le faire. Ma carrière progressait toute seule à l'ombre de votre nom. De notre nom. Je n'avais pas à trépigner d'impatience, à faire valoir nos liens familiaux. Les grands décideurs des moyens de communication le faisaient pour moi. Mais dès que vous avez quitté l'Elysée je me suis senti libéré. J'ai fait connaître mon soutien à Chirac contre Jospin. J'ai alors senti votre imperceptible haussement d'épaules. Vous aviez  alors des choses autrement importantes à penser.

Dieu:
Nous savions tous que tu étais le réactionnaire de la famille. Tu as tenu le coup jusqu'en 1995. J'ai apprécié. Aujoud'hui j'apprécie un peu moins. Etre la France de la Culture à Rome, c'est autre chose que de servir de faire-valoir, à Paris, à ce politicien inculte, incapable de lire Tintin sans dictionnaire, qui t'a nommé. Tu assisteras au Conseil des ministres, avec le même pouvoir qu'une serpillère dans l'armoire à balais. Ton budget sera insignifiant et les dossiers dans la communication vont te procurer de longues nuits d'insomnie. De ce côté-là, tu le sais, tu ne décideras jamais de rien. Alors pour quelle raison avoir abandonné la Villa Médicis?

Monsieur Neveu:
Parce que je ne peux pas vivre ailleurs que dans le microcosme culturel parisien. Je n'ai même pas attendu l'annonce officielle. J'étais tellement pressé de partir que je me suis proclamé tout seul, au risque de tout foutre en l'air. C'était plus fort que moi. Les petits fours et le champagne attendaient déjà mes invités. Chauffeur et limousine ronronnaient déjà pour me conduire à l'aéroport. C'est le cas de dire que j'étais transporté.

Dieu:
Oh! Tu sais, là où je suis cela ne me fait, au fond, ni chaud, ni froid. Mais permets-moi de te dire que j'espérais davantage de ton séjour italien. Moi, jeune homme politique, amis et ennemis me surnommaient le Florentin. Mitterrand le Florentin! Je n'ai jamais vraiment cherché à interpréter les raisons de ce que je considérais comme un titre...
Quand je t'ai vu, de loin, gagner la merveilleuse Villa Médicis, j'ai espéré qu'un jour un autre Mitterrand serait surnommé "le Romain".
Tu vois que, même de très haut, on peut nourrir des espoirs fous et surestimer les capacités des siens. Tu te contenteras donc du titre de "Mitterrand le petit".
A moins que ce ne soit Nicolas Mitterrand.
Ceci étant dit, bonne chance tout de même.

Antoine Blanca

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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 10:36
Ce n'est pas encore officiel: le Parlement doit encore se prononcer. Mais les 27 gouvernements ont donné le signal de la prosternation, comme l'imam sunnite à la mosquée le jour de la grande prière du vendredi. "Joaõ Manuel Duraõ Barroso, tu es le plus grand. Tu pourras continuer à promouvoir la destruction des services publics, de la sécurité sociale, de la santé publique, des transports. Privatisons, privatisons, privatisons. Vive la religion économique de Milton Friedman, vive le souvenir immortel de Reagan et de Thatcher. Que vos âmes brûlent dans l'enfer éternel vous, les Léon Blum, Olof Palme, Clément Atlee, Willy Brandt et François Mitterrand. On reconstruira une nouvelle, dûment refondée, société capitaliste européenne sur les cendres des bûchers sur lesquels vous aurez brûlé..."
Ainsi les 27 gouvernements ont dit oui au grand et médiocre gourou du libéralisme européen. On comprend une telle attitude quand elle provient des pouvoirs de la droite. Mais pour quelles raisons les rares chefs de gouvernement de gauche qui restent se sont-ils joints à cette vilaine engeance?
"Solidarité ibérique", expliquent les médias en  se reférant à l'attitude de l'Espagne et du Portugal. Foutaises! Une telle solidarité n'est pas de mise quand il s'agit de grandes orientations politiques. En fait il s'agit bien d'abandon de leurs convictions dont on sent bien, du même coup, combien elles étaient superficielles.
Le 7 juin les électeurs n'ont pas été tentés par la gauche gouvernementale. C'est une constatation. Souvent ils sont restés chez eux ou sont allés faire du vélo. Tout simplement parce qu'ils n'ont pas senti qu'une telle gauche existait vraiment. Elle ne constitue même pas, se sont dit nos électeurs naturels, un bouclier pour préserver les droits péniblement acquis par nos pères et nos grand-pères. Plus grave encore: l'abstention a concerné globalement 80% des jeunes électeurs. La jeunesse paraît ne plus croire en l'Europe, du moins en cette Europe anti-sociale qui leur a été présentée.
Ce n'est certainement en ralliant les positions de la réaction qu'on trouvera le remède à la grave maladie qui nous affecte. Les démocrates socialistes européens doivent, dès aujourd'hui, commencer à travailler à un grand projet qui sera adopté par un vrai congrès à grand spectacle, médiatique à souhait, et fondé sur le retour à nos vraies valeurs, celles autour desquelles nous avons remporté les grandes victoires. Si on continue, comme viennent de le faire Zapatero et Socrates, à se mouvoir dans la grisaille actuelle (qui avait entendu parler de l'adoption d'un programme par le PSE, le parti des socialistes européens?) nous allons finir de perdre notre âme et nos derniers électeurs avec.
J'entends déjà certains me dire:"Mon cher Antoine, va donc rejoindre Mélenchon ou Besancenot. Avec de tels propos tu t'y trouveras plus à l'aise!" Ceux-là n'auront rien compris. Seule une grande organisation, bien implantée dans les villes, les départements et les régions, peut proclamer sa vocation à gouverner. Je ne veux pas faire plaisir à mon esprit. Je veux être utile à la société et suis disposé à faire des concessions pour continuer de jouer collectif.
Mais je ne veux pas qu'on continue à dériver sous préteste que l'dée même de socialisme serait démodée. C'est tout le contraire dans mon esprit. Et puis je suis profondément attaché à la construction des Etats-Unis d'Europe.
Ce sont nos faiblesses devant les pressions des consevatismes qui nous ont affaiblis.
Par exemple si Lionel Jospin n'avait pas écouté les mauvaises sirènes qui lui conseillaient de faire du "blairisme", Sarkozy serait encore en train de jouer aux billes sur la place de l'Hôtel de Ville de Neuilly-sur-Seine et Fillon dirigerait une entreprise de Pompes funèbres dans la Sarthe.
Carla chercherait, elle, avec en grattant les cordes de sa guitare d'un grand millésime, l'inspiration, au Cap Nègre,  d'une chanson dédiée aux victimes du SIDA.

Antoine Blanca
Et la République serait encore plus belle.
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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 10:59
L'Argentine est, depuis Carlos Gardel, la mère-patrie du tango. Du moins est-ce ainsi que la majorité des Européens voient ce vaste et riche pays de l'Amérique du sud. Mais, et c'est à mes yeux beaucoup moins sympathique, il est aussi le pays du péronisme. C'est-à-dire de l'une des aberrations politiques les plus énormes qu'ait connu l'histoire moderne des nations. Nestor Kirchner, candidat aux législatives qui auront lieu dimanche 28 juin, inquiet de voir les masses populaires le bouder, a décidé, à tout hasard, de ressuciter le discours populiste du général Peron.
Dans sa version la plus révolutionnaire.
Nestor Kirchner a été gouverneur d'une province, petite du point de vue démographique, mais riche en pétrole, avant de devenir Président de la Nation. Faisant preuve d'un sens aigu de la famille, il laissa, au terme de son mandat, le fauteuil de Chef de l'Etat à sa femme Cristina,  avec mission de le lui restituer quand le moment serait venu. En attendant, pour ne pas perdre la main, il va s'apprête à devenir parlementaire.
Mais le chemin menant au Palais législatif n'est pas aussi aisé qu'il l'avait imaginé. La crise est cruelle pour les petites gens. Le fait que, désormais elle ait une dimension mondiale ne console personne. L'industrie est en lambeaux et le candidat Kirchner parcourt les rues mutilées des communes du "grand Buenos Aires" avec sa mine  habituelle de chien battu. Dans ce qui fut la banlieue industrielle, fief du parti justicialiste qu fonda Juan Peron en 1945, il n'y a que des usines fermées, des bâtiments à moitié démolis, des pièces métalliques rongées par la rouille. Un vrai décor pour l'un de ces films catastrophes qh'Hollywood aime à produire.
Alors Kirchner, qui n'a pas grande chose de nouveau à proposer, s'est résolu à ressortir les discours démagogiques du  "général du peuple". Mais il ne trouve pas grand écho chez les électeurs citadins. Et il n'en trouverait pas davantage dans les campagnes où les cultures et l'élevage traditionnels ont été durement frappés par la culture extensive du soja qui va peut-être venir à bout des terres les plus riches du monde, celles de la pampa humide.

Les gens voient passer le petit cortège du candidat d'un regard résigné. On écoute ses discours contre les puissants et les riches, ses exigences de justice sociale, avec un évident scepticisme, et les accents de "la marche péroniste" ne sont repris, faiblement, que par de maigres groupes de nostalgiques.
Nestor Kirchner sera  lui-même élu. Mais de son score, dimanche prochain dépendra, pour une bonne part, l'avenir de la dynastie kirchnériste qu'il prétend instaurer durablement. Il n'est pas certain que les débordements démagogiques soient le meilleur moyen de parvenir à ses fins. Après tout, se demandent les citoyens, la famille n'est-elle pas déjà au pouvoir depuis de longues années?
Malheureusement ses concurrents ne disposent pas de meilleurs remèdes. Et Kirchner avait hérité d'une situation économique et sociale abominables, résultat du "thatchérisme" et de la corruption du ménémisme et de l'incompétence de De la Rùa.
Alors...les Argentins vont aller aux urnes (ils doivent renouveler la moitié des 256 députés, et le tiers des 72 sénateurs) en baissant la tête et en serrant les dents.

Antoine Blanca
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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 12:27

Samedi 20 juin Pierre Moscovici était l'invité vedette de M.Ardisson sur Canal Plus. Il a sans doute bien fait de ne pas laisser passer l'occasion de  figurer sur le plateau puisque, neuf fois sur dix, on voit arriver à  la célèbre émission "salut les terriens", un ministre de la cour sarkozienne ou un autre porte-coton de l' UMP. Le socialiste s'est  d'ailleurs plutôt bien tenu, face aux provocations outrancières de l'animateur qui s'est amusé, par exemple, à railler sans vergogne l'épaisseur supposée de la taille de Martine Aubry ou à plaindre l'ancien ministre de Jospin d'appartenir à un parti en voie de disparition.

Mosco faisait bonne figure, tout sourire dehors, contre-attaquant parfois sur le même ton de la plaisanterie, jouant le jeu de l'émission. qui se veut légère, même quand elle aborde des sujets graves. Cela  a donné l'occasion au député du Doubs d'éclairer un peu notre lanterne sur ce qu'il entend par "primaires ouvertes" dans la perspective de l'élection présidentielle. Ainsi, nous a-t-on appris, le citoyen ou la citoyenne intéressé (e) devrait aller s'inscrire sur les listes électorales de "la gauche gouvernementale", ouvertes dans les locaux de nos sections socialistes (par exemple). On donnerait une carte d'électeur à la personne ayant ainsi manifesté sa vocation à participer à cette première expérience de désignation du candidat ou de la candidate appelé(e) à porter nos couleurs. Face à l'adversaire de droite.

On peut supposer que deux tours de scrutin pourraient s'avérer nécessaires avant de proclamer le résultat définitif de ces primaires.

Je ne sais pas si les promoteurs de cette formule mesurent toutes les conséquences d'une telle innovation. Notre PS, celui de Jaurès, de Guesde, de Léon Blum et de Mitterrand aurait changé de nature. Il tournerait presque exclusivement son activité à la mise en place de scrutins internes. Et leur consacrerait une bonne partie de son budget.

Même si les modalités demandent encore à être précisées, affinées, je ne rejeterais pas, a priori, une telle proposition. En dépit des dangers qui apparaissent, de toute évidence, aux yeux de tous. Je ne veux pas être le passéiste ou le nostalgique de service. Je poserais tout de même un préalable à la mise en place de l'initiative avancée par Mosco et par d'autres: que chaque candidat s'engage par écrit à respecter le résultat et à soutenir, sans arrière-pensée affichée, le vainqueur. Puisque les Etats-Unis sont la référence, mettons-nous en phase avec ce qui se passe dans les partis institutionnels de ce pays. Que le vaincu des primaires adopte, par exemple, vis-à-vis du vainqueur l'attitude qui fut celle d'Hillary Clinton vis-à-vis d'Obama.
Après le désastre final de la consultation interne sur le référendum relatif au Traité de Lisbonne, on est en droit de se poser des questions.

Antoine Blanca

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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 11:41
Depuis la proclamation de la République islamique à l'hiver 1979, il paraissait acquis, aux yeux de tous, en Iran comme dans la communauté internationale, que le suffrage des citoyens et des citoyennes y était libre...à condition que les candidats aient répondu aux stricts critères exigés par le Guide suprême et le Conseil des gardiens.
Depuis vendredi 19 juin ce consensus a volé en éclats. Khaménei a appuyé la gigantesque fraude électorale qui a permis de proclamer la réélection du président sortant.
Cet appui a valeur de proclamation d'une dictature sans règles et sans limites. L'instauration de l'arbitraire outrancier du patron des enturbannés.  L'ancienne Perse, grande puissance régionale et pétrolière, nation à l'histoire fascinante et à la culture chargée de légendes, est désormais soumise à l'arbitraire d'une minorité du clan des mollahs, celle représentative des plus ignares dont la médiocrité d'Ahmadinejad est le triste symbole. A l'élection présidentielle, toutes nos sources diplomatiques et journalistiques l'attestent de manière unanime, ce dernier n'est arrivé qu'en troisième position au premier tour. Le  deuxième tour devait départager Moussavi et Karoubi, arrivés en tête avec une large avance pour le premier nommé.
Or Ahmadinejad et ses sbires ne disposaient pas de la force et des moyens d'une fraude revêtant une telle dimension. Passer de 25 (pourcentage réellement obtenu) à 63% de voix supposait le feu vert et l'encouragement de l'ensemble de la machine religieuse et militaire, la prise de contrôle brutale du Ministère de l'intérieur et des préfectures. Aujoud'hui nous savons que c'est ce qui s'est très précisément produit, avec l'expulsion des locaux de la quasi-totalité des fonctionnaires, et l'arrestation de nombre d'entre eux.
D'ailleurs les emprisonnements se comptent par centaines et touchent essentiellement des personnalités importantes de la société, tant dans la capitale que dans les provinces.
On est frappés par certaines réactions internationales. Moscou et Pékin appuient Ahmadinejad et, au-delà, le vrai maître de la situation, l'Ayatollah Khaménei. Et on a eu la surprise de voir le Président Hugo Chavez proclamer son appui sans faille à "son frère" Ahmadinejad. Pourquoi vient-il ouvrir sa grande gueule si loin de ses bases sud-américaines ?
En tout cas nous notons que, de manière nuancée mais claire, Obama a, cette fois-ci, proclamé son appui au peuple iranien et à son exigence de justice.
C'est une guerre civile froide, pour le moment du moins, qui est en train de prendre corps dans une partie du monde qui a été au coeur de tous les conflits récents. Les socialistes français se doivent d'être des observateurs vigilants d'une situation qui peut, à tout moment, échapper au contrôle des organismes chargés de préserver la paix et la sécurité de la Communauté des Nations.
Antoine Blanca
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  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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