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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 11:31
Au lendemain de la Libération une série de dispositions législatives avaient été adoptées pour que soient garanties et la diversité de la presse et l'indépendance des journalistes. On devait désormais être à l'abri des puissances de l'argent. Peu à peu ces dispositifs ont été contournés. Avant d'être détruits. Les progrès technologiques ont bénéficié essentiellement aux milieux d'affaires. La presse politique d'opinion a disparu, du moins celle qui exprimait des opinions progressistes. Hersant a été le premier à se constituer un empire. Les quotidiens régionaux ont vu leur nombre se réduire au point que, le plus souvent, il n'existe plus qu'un  seul quotidien  pour couvrir plusieurs départements. Les radios dites périphériques se sont appropriées une partie significative de l'audience, tandis que, avec De Gaulle et Pompidou, l'ORTF devenait un instrument entre les mains du pouvoir. Devenu Chef de l'Etat, ce dernier n'hésitait pas à dire: "la radio et la télévision sont la voix de la France". Autrement dit la sienne et celle de ses puissants amis de la grande finance dont il avait été, dans une vie antérieure, le serviteur zélé.
Mitterrand avait bien tenté d'endiguer cette permanente dérive. Chirac avait été contraint de s'en accomoder: jusqu'en 2002, avant la défaite de Jospin, il n'avait pas les mains libres. Après c'est au sein de ses propres troupes qu'il rencontrait des difficultés à s'imposer.
Depuis l'arrivée aux commandes de Sarkozy il n'y a plus de dérive. C'est une vague de fond qui balaye la République de la libre expression. Le journaliste sait désormais que son avenir dépend de son comportement. Le Président peut, sans émouvoir ses confrères, s'en prendre publiquement à un directeur de quotidien (comme il l'a fait avec le directeur de Libé, pourtant très accomodant), choisir ceux et celles qui auront l'honneur de lui poser des questions à la télé et envoyer un avertissement indirect à tel éditorialiste de RTL et de Canal + qui aspirait à être admis à l'émission.
Message apparemment reçu 5 sur 5. Depuis Jean Michel Aphatie multiplie les mauvaises manières contre les représentants de l'opposition chaque fois qu'ils lui tombent sous la main et se montre très discret dans ses critiques, toujours atténuées, de bon aloi, avec les représentants de la majorité. Sauf quand il croit savoir qu'ils sont tombés en disgrâce. Nous ne pouvons soulager notre âme contestataire qu'avec quelques chansonniers à l'impertinence intacte, dans des émissions de variétés, avec les Guignols de l'info et, bien entendu, avec la lecture du "Canard enchaîné".
Nous en sommes-là. Le PS avait organisé un colloque sur le thème des libertés (même s'il a mal choisi la dimension de la salle pour traiter d'un thème relativement austère) et publié de nombreux documents qui ont servi à Bayrou pour son petit livre qui se voulait frondeur.
Ce que ne peut pas faire Sarkozy, c'est voter à notre place.
Envoyons lui notre message. En sachant que la véritable forme utile de le faire est de voter pour les propositions du Parti socialiste européen.

Antoine Blanca
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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 11:17
Les médias sont très discrets sur le sujet et le gouvernement français donne le sentiment de ne s'y intéresser que superficiellement: pourtant, cette année 2009 est celle de "la France au Brésil". Certains des lecteurs de ce Blog ont manifesté leur étonnement ; pourquoi , interrogent -ils,  consacrer tant de place à ces pays, à leurs yeux exotiques et lointains, alors que des choses beaucoup plus importantes se passent en France en particulier, et en Europe en général? Ainsi, Carla a donné une interview à une revue féminine, Sarko est passé par hasard pour se faire caresser le visage, le dos, les fesses et se faire appeler "chouchou"; les parlementaires britanniques ont poussé un peu sur les notes de frais et Elizabeth II n'a pas été conviée aux cérémonies du 6 juin.
Pourquoi s'appesantir, alors que des événements d'une telle dimension se déroulent sur notre Europe, sur les relations économiques, culturelles et politiques que la France pourrait développer avec un pays de 13 millions de kilomètres carrés, riche dans tous les domaines, y compris celui du savoir, et qui insiste lourdement dans ses gestes d'amitié à notre égard? Il y a bien les plages de Copacabana et le Pain de sucre, pour y passer un petit week end, mais nous avons la villa des Bruni au Cap Nègre qui vaut toutes les sambas du monde...
Le rédacteur de ce Blog souhaite, pour sa part, donner un maximum de place aux Amériques latines qui méritent mieux que le regard superficiel que le Président, et avec lui l'immense majorité de nos compatriotes, accordent à ces nations lesquelles, sur beaucoup de points, nous sont si proches.

1-- Le Mexique, par exemple, a fait parler de lui. Négativement. Vacances de super-luxe pour un super-président et sa super-super compagne, guerres des gangs de la drogue qui ont déjà fait des milliers de victimes depuis le début de l'année, grippe porcine malencontreusement appelée un moment "grippe mexicaine". Eh bien, à l'appel de leur président, M. Calderon,dans un mouvement exceptionnel d'unité nationale, les Mexicains artistes, sportifs, hommes politiques, chefs d'entreprise, gens de lettres ,ont mis en chantier des initiatives multiples pour restaurer les valeurs de leur pays aux yeux de la communauté internationale. Laquelle devrait retrouver les chemins des grands sites archéologiques, des villes coloniales au charme désuet, des musées couronnés par l'UNESCO, des interminables plages ouvertes sur l'océan ou sur la mer des Caraïbes.... si la campagne patriotique qui a été mise en marche est couronnée du succès espérée. Pour le moment, en tout cas,les millions de familles qui vivent (ou survivent) directement, ou indirectement, grâce au tourisme vivent un cauchemar,plongées qu'elles sont dans la misère et dans la totale incertitude du lendemain.

2-- Bolivie: deux siècles après le premier appel à lutter pour l'indépendance lancé par l'héroïne nationale, Juana Azurday de Padilla, dans le département de Chuquisaca, l'opposition bolivienne, dans ses bastions électoraux, a refusé de s'unir à Evo Morales et à son gouvernement (issu des urnes), dans les cérémonies  commémoratives. Cette opposition, essentiellement composée de descendants d'européens, tient ainsi à manifester sa totale aversion à l'égard d'un président d'origine aymara et de son parti, le MAS, mouvement vers le socialisme. Cette séparation de fait, sans être nouvelle, ne demeure pas moins préoccupante, les provinces refusant de reconnaître l'autorité du gouvernement central étant les plus riches de la Bolivie.
Les pays membres du MERCOSUR, Brésil et Argentine en tête, pourraient jouer un rôle important dans la recherche d'une solution qui éviterait une fracture que la communauté internationale ne peut tolérer.

3-- Venezuela: la baisse des pris internationaux du pétrole et du gaz  (bénéfices réduits de moitié), a mis à mal l'économie vénézuélienne et bouleversé les programmes d'investissement du Gouvernement du Président Hugo Chavez. Cette situation nouvelle a contribué à donner un intérêt particulier aux entretiens qui se sont tenus à Salvador de Bahia (25 mai) entre les présidents du Brésil et du Venezuela. De très importants projets pourraient ainsi être confiés à des entreprises brésiliennes (agrandissement du métro de Caraca, par exemple), à condition que la BNDES, banque nationale de développement économique et social ,brésilienne, participe à leur financement.
Chavez s'est inquiété aussi des hésitations manifestées par le parlement (Congresso) brésilien à donner son accord à l'entrée de son pays dans  le MERCOSUR;
Enfin Lula a rappelé à son homologue brésilien qu'il compte sur lui pour l'aider à établir de meilleures relations avec les Etats-Unis du Président Obama.
                                                    *
Chaque jour davantage le Brésil s'affirme, avec Lula à sa tête, comme un facteur essentiel à la préservation de la paix et de la stabilité en Amérique du sud. D'où l'attention portée par les observateurs à la préparation des prochaines élections. En principe, sauf changement de la Constitution, sans la participation personnelle de Lula.

Antoine Blanca


   
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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 17:14
La survie de Bayrou dans le paysage politique demeure pour moi un mystère. Il a été abandonné en route par la quasi-totalité de ses amis, il n'a pas de soutien parlementaire, pas de présence municipale, départementale ou régionale, pas de charisme personnel et il donne toujours les sentiment d'être coincé dans ses relations avec autrui.  De surcroît il écrit mal, comme le prouve son dernier petit livre, que certains critiques, ignares ou malicieux, ont osé comparer au "le coup d'etat permanent", l'ouvrage polémique de François Mitterrand contre le système gaulliste, écrit d'une plume allègre et voltairienne, digne de celle des plus grands polémistes de notre histoire littéraire.
Et pourtant le biographe occasionnel de Henri IV continue d'exister électoralement, ne serait-ce qu'à titre personnel.
C'est que, pour un certain nombre de citoyens il incarne encore la nébuleuse du "centre", le centre du MRP et de Lecanuet, de Poher et, dans sa version trimphatrice, de Giscard. Sauf qu'en ces temps déjà lointains la figure de proue du mouvement s'appuyait sur une structure partisane réelle, une armature d'élus du peuple. Alors que Bayrou est tout nu, ses meilleurs soutiens du 1er tour de la présidentielle de 2007 étant partis rejoindre le sarkozysme en constituant le "Nouveau centre".
Certes, je l'ai dit, un électorat existe toujours pour refuser et la droite autoritaire, et la gauche démocratique essentiellement représentée en France par le PS. Il est même possible qu'une partie de ces citoyens préfereraient, comme choix ultime, le second à la première.
Mais nous ne serons pas, le 7 juin, dans une logique de deux tours de scrutin. La messe sera dite au soir de ce dimanche-là.
Alors si, par dépit, par rancoeur contre telle ou telle personnalité socialiste, un homme ou une femme de gauche vote pour les candidats de Bayrou, il doit savoir qu'il choisit des députés du Parti libéral européen, un groupe parlementaire socialement  et économiquement réactionnaire.
Demain, quand il s'agira de choisir le gouvernement des régions et des départements, le Président et les députés, nous aurons besoin de tous les républicains de progrès, de tous les démocrates sincères, comme les socialistes l'ont toujours fait en de semblables circonstances.
Mais dans moins de deux semaines, c'est d'élire une nouvelle majorité au Parlement européen qu'il s'agira.
Aucune erreur ne sera admissible.

Antoine Blanca  
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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 12:13
Quand le Président Raùl Castro procéda, il y a quelques semaines,  à une importante restructuration au sein du gouvernement et du Conseil d'Etat, toutes sortes de rumeurs commencèrent à circuler. La plus fantaisiste, donc la plus répandue, consistait à émettre l'hypothèse d'une sorte de coup de force du nouveau chef de l'Etat pour affirmer son autorité vis-à-vis de son frère Fidel. Il est vrai que les changements intervenus touchaient directement deux jeunes personnalités du régime dont on louait généralement la compétence et auxquelles on prédisait un avenir radieux: Carlos Lage, Vice-président du Conseil d'Etat, et Felipe Pérez Roque, Ministre des relations extérieures.
On connaît désormais les vraies raisons de cette mise à l'écart.  Il ne s'agit, en fait, ni de querelles de préséance, ni de jalousie au sommet de l'Etat. Un simple remaniement, aussi profond eut-il été, n'aurait pas donné lieu à une violente mise en cause, par Raùl,  de Lage et Pérez Roque en pleine réunion du Bureau politique du PCC, et à un article musclé de Fidel dans le quotidien "Juventud rebelde" ,les qualifiant "d'indignes" et d'ambitieux ayant goûté trop longtemps au "miel du pouvoir".
Nous savons aujourd'hui que tout est venu de l'initiative d'un ami d'enfance de Lage, un jeune chef d'entreprise chargé de représenter à Cuba les intérêts commerciaux d'Euskadi (Pays Basque espagnol, doté d'une large autonomie). L'homme d'affaires cubain, Conrado Hernàndez, recevait régulièrement dans sa maison de campagne (à 60 km de la capitale), les deux personnalités aujourd'hui incriminées. Et (de sa propre initiative?), il décida de filmer les entretiens très décontractés qui se déroulaient entre le maître de maison et ses amis ministres.  Des vidéos qui atterrirent sur le bureau du responsable des "services" auprès de l'Ambassade d'Espagne (rappelé depuis à Madrid pour convenances personnelles alors qu'il était arrivé à La Havane moins d'un an auparavant). Mais elles allaient atterrir aussi chez les militaires cubains chargés du contre-espionnage...
Au cours de ces conversations amicales de fin de repas dominical,  à l'heure du café et du vieux rhum, Lage et Pérez Roque blaguaient à propos de l'âge de Fidel, de ses longues années passées au pouvoir et mettaient en doute les capacités politiques de Raùl, un militaire avant tout. La récente nomination de Machado Ventura comme premier Vice-président du Conseil (Lage convoitait lui-même cette position) était aussi commentée plutôt sévérement.
Trois jours après l'arrestation de Conrado Hernàndez, on annonça que Lage et Pérez Roque étaient "libérés" de leurs hautes fonctions, et que le "diplomate" espagnol était rappelé à Madrid.
Bientôt deux versions des enregistrements, l'une courte (trois heures), l'autre plus étendue (sept heures), commencèrent à être diffusées dans les cercles intimes du pouvoir et du PCC. Parmi eux jaime Crombet, vice-président du Parlement et beau-père de Pérez Roque.
Espagnols et cubains ont souvent, entre eux, des relations confiantes qui dépassent la logique politique pure. Les deux peuples sont très proches par la langue, la culture et une histoire partagée jusqu'en 1898. Même Franco veilla à ce qu'une relation préférentielle existât entre les deux pays dans un certain nombre de domaines, et l'ancien ministre phalangiste, Fraga Iribarne (qui sera président de la région autonome de Galice, celle de Franco et du père des Castro), se mouvait à Cuba comme s'il était chez lui...
En cette circonstance les personnalités cubaines incriminées se sont sans doute laissées bercer par une atmosphère propice à la familiarité des propos.
Ils ne seront donc pas partie aux conversations, annoncées par Obama, qui vont s'ouvrir prochainement avec les autorités désignées par Washington. Eux qui s'étaient longtemps préparés à en être les héros. Beaucoup auront reçu le message: l'heure est sans doute à une certaine détente, à un soupçon de nouvel espoir; mais il ne faut pas, pour autant, baisser la garde.

Antoine Blanca

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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 11:11
J'avoue ne pas comprendre l'attitude de certains responsables socialistes qui font semblant de croire qu'un résultat moyen ou médiocre du PS aux élections n'affecterait que Martine Aubry et la direction du Parti. Ils ne résistent pas au moindre micro malignement tendu, à la tentation d'une petite phrase vénéneuse qui ferait parler d'eux, à la critique stérile (qu'on pourrait appeler "yavaitkaïsme") qui leur permettrait de dire, le 7 juin au soir: "vous voyez, je vous l'avais bien dit, on allait  droit dans le mur;,ah! si seulement on m'avait écouté!"
Ces oiseaux de mauvaise augure, au bec dégoulinant d'amertume, savent bien deux choses:
-- que la presse toute entière travaille, avec plus ou moins de cynisme, pour le pouvoir,
-- que leur position leur donne un accès permanent aux organisateurs de la campagne et que ces critiques qu'ils font devant des adversaires plus ou moins dissimulés, ces fausses suggestions qu'ils émettent à tous vents, ils peuvent les transmettre à des oreilles amies disposées, sinon à les adopter, du moins à les prendre en compte.
L'avantage ambigu de ce comportement pervers est de retrouver son nom dans la grande presse.
Le nombrilisme prime sur le militantisme, le clanisme sur l'action collective.
Chacun sait, pourtant, que la confection des listes avait été chose ardue, compte tenu de la spécifité des circonscriptions, de la nécessité de veiller à une présence équilibrée des courants, des départements et des régions. Chacun sait aussi que le pouvoir sarkozyste joue à l'encouragement de l'abstention et à la dévalorisation de l'élection elle-même. Chacun sait aussi que seuls les socialistes européens du PSE représentent une force alternative à la domination du conservatisme en vigueur actuellement.
Il est temps de rectifier, de réaliser ensemble un bon travail d'explication et de popularisation de nos propositions. Nous avons les moyens de réunir 22 à 25% des suffrages le 7 juin.
Ne comptons que sur nous-mêmes et sur notre capacité à détromper ceux qui, dans la presse aux ordres ( on vient de lire Jean Daniel passant la brosse à reluire à Sarko et on a assisté au retournement de veste du patron de Charlie hebdo), prédisent la défaite dans l'espoir de se voir récompensée leur plume mercenaire.
Le succès est concevable. Donnons lui force et vigueur.
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21 mai 2009 4 21 /05 /mai /2009 11:41
Guatemala:
il y a dix jours ce pays centre-américain s'est une nouvelle fois réveillé avec des nouvelles dignes du plus angoissant des thrillers hitchkockiens. On avait appris la veille l'exécution, par des professionnels circulant en voiture, d'un avocat de 37 ans (Rodrigo Rosenberg Marzano). Et voilà que la presse, internet et les chaînes TV diffusaient une vidéo de 18 minutes, tournée par la victime elle-même, disant en substance: si je suis tué, sachez que l'assassin est le Président de la République, Alvaro Colom. L'avocat affirme avoir refusé de couvrir les agissements du chef de l'Etat et de son épouse Sandra dans de trafics divers gérés par une banque semi-publique, allant du blanchiment d'argent à la vente de stupéfiants.
Il est vrai que le 14 avril, une entrepreneur et sa fille, clients de l'avocat, avaient été liquidés par des tueurs connaissant apparemment bien leur sinistre métier.
Les enquêtes sont en cours, même si beaucoup doutent de leur objectivité. Mais le pays est d'autant plus secoué que depuis une vingtaine d'années une certaine normalité démocratique s'était imposée. Le Président Colom, appartient d'ailleurs à un courant du centre-gauche fort honorable, et n'avait pas mauvaise réputation. L'accusation filmée du jeune avocat, réalisée à la veille de sa mise à mort, a de quoi impressionner dans un pays où les militaires et les organisations d'extrême droite ont fait régner une intense terreur pendant des décennies.
Relisez les oeuvres de Miguel Angel Asturias, Prix Nobel de Littérature (Monsieur le Président, Hommes de maïs etc...) et souvenez vous de la Prix Nobel de la Paix, Rigoberta Menchù, l'indienne qui ne cessa de dénoncer la marginalisation de ses frères et soeurs dans un pays où ils constituent 80% de la population, mais subissent une sorte d'apartheid économique, social et politique.
 Souvenons nous aussi des disparitions massives en territoire guatémaltèque, anonymes quand il s'agissait de paysans misérables, plus connues quand on tuait des personnalités de la gauche salvadorienne comme Hector Oqueli, ou guatémaltèque comme Gilda Florés, de la CIDH (12 janvier 1990).

Brésil:
Le Président Lula da Silva revient dans son pays après avoir visité l'Arabie saoudite et la Chine, entouré de 200 compatriotes chefs d'entreprise. A Pékin il s'est efforcé de convaincre son homologue chinois de réduire sa dépendance de l'économie yankee en renonçant, par exemple, au dollar dans leurs échanges bi-latéraux. C'est l'un des chevaux de bataille du leader brésilien: "nous n'avons pas besoin du dollar, nous devons faire confiance à notre propre monnaie, car nous sommes de grands pays qui n'avons nullement besoin de tuteurs en matière monétaire." Si la très prudente Chine accepte la proposition, ce serait une vraie révolution dans les échanges entre pays émergeants. L'Argentine n'utilise plus le dollar dans le commerce avec son grand voisin, lequel négocie en ce moment un traité du même type avec la Colombie et l'Uruguay.

Chili:
Le 11 décembre aura lieu au Chili le 1er tour de l'élection pour désigner le successeur de la Présidente Michelle Bachelet.
La coalition au pouvoir depuis le retour à la démocratie, composée de Démocrates chrétiens, de socialistes et du PPD (centre-gauche), soutient Eduardo Frei, fils d'un ancien président homonyme (1964-1970). La droite présente le même milliardaire que Michelle avait battu: Sebastian Piñera. Mais un jeune député socialiste refuse pour le moment l'accord historique gauche/centre. Marco Enriquez Ominami, 35 ans, porte un nom doublement connu.
Celui de son père, Miguel Enriquez, chef du MIR (gauche révolutionnaire), qui mourut les armes à la main en 1974, quelques mois après le coup pinochétiste (sa compagne d'alors, Carmen Castillo, grièvement blessée au cours du combat, vit depuis longtemps en France). Le petit Marco, âgé de 1 an, fut adopté par Carlos Ominami, ancien ministre d'Allende et, aujourd'hui, Sénateur socialiste.
Le candidat socialiste (indépendant) est crédité de 14% par les derniers sondages. S'il maintenait sa candidature jusqu'au bout, il pourrait détenir la clé du deuxième tour.
Antoine Blanca   
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19 mai 2009 2 19 /05 /mai /2009 11:11
Le 7 juin nous n'avons pas le droit de nous tromper: il faut aller voter et il faut voter pour une Europe orientée à gauche.
Pour le moment le conservantisme politique et le libéralisme financier disposent de tous les instruments du pouvoir. Dans la majorité des pays membres de l'Union les gouvernements sont orientés à droite et le Parlement participe de cette sensibilité très conservatrice.
Notre vote ne peut pas changer la situation en ce qui concerne le Conseil des ministres. Mais il a le pouvoir de créer un nouvel équilibre en donnant à la gauche une majorité à Strasbourg. Ne ratons pas cette chance. L'erreur que s'apprêteraient à faire certains futurs électeurs consisterait à émettre un vote de mécontentement, de protestation "anti-establishment", en donnant leur voix aux petits partis pseudo-révolutionnaires. Choix du désespoir, donc choix de la stérilité. En Europe il n'existe politiquement qu'un seul choix crédible: la droite avec le Parti populaire (l'UMP chez nous), la gauche avec le Parti socialiste européen. Voter pour le changement c'est voter socialiste, et seulement voter socialiste.
La droite porte la responsabilité de la crise. Non seulement elle n'a pas su la prévoir, encore moins l'anticiper, mais encore a-t-elle contribué à l'approfondir avec sa politique ultra libérale de suppression des services publics et d'encouragement du capitalisme sauvage.
Le 7 juin il faut sanctionner Sarkozy en France, Berlusconi en Italie et...Cardoso à Bruxelles.
Car il ne faut pas minimiser la capacité de nuisance de ce dernier. Au Portugal, après la Révolution des oeillets du 25 avril 1974, il fut l'un des fondateurs du parti maoïste, le "mouvement révolutionnaire du peuple prolétarien" ou MRPP. Ces  agités couvrirent les murs d'affiches et de slogans. Mais malgré leur hyper-activité et la dimension de leurs drapeaux rouges, les électeurs ne furent pas au rendez-vous au moment de désigner la Chambre des députés. Cardoso changea alors vite de casquette, vira à droite toute, et c'est ainsi qu'il s'est retrouvé, pour notre malheur, investi d'importants pouvoirs à Bruxelles.
Saisissons l'opportunité qui nous est donnée, le 7 juin, d'accélérer son retour à la mère patrie et, peut-être à ses études trop tôt interrompues.
Ne perdons pas notre temps et nos forces avec les partis marginaux. Donnons nos voix au PSE.

Antoine Blanca
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17 mai 2009 7 17 /05 /mai /2009 10:27
J'avais peine à le croire et je dus vérifier l'authenticité de cette déclaration de M.Aznar: "Si j'avais été aux commandes,  il n'y aurait pas eu de crise!". Même s'il n'est pas le papa de la petite Zohra, l'ancien Président du gouvernement espagnol fait de grosses boulettes. Que dire de son successeur à la tête de la droite espagnole, M.Rajoy, au terme du débat annuel sur l'état de la nation, après cette déclaration: "j'ai battu Zapatero par six à zéro!" . Même les ineffables Berlusconi ou Sarkozy n'auraient osé prononcer de telles sentances.
Mon explication de cette intempérance chronique est celle-ci: en dépit de quatorze ans de gouvernement Gonzalez et de six de Rodriguez Zapatero, les conservateurs espagnols, unifiés aujourd'hui sous la bannière du Parti populaire, se considèrent comme les propriétaires naturels du pays. N'ont-ils pas gagné la guerre civile le 1er avril 1939? Que font donc les héritiers des vaincus, dans les palais gouvernementaux?
Bien entendu il n'est pas question de reprise des hostilités. D'autant que les socialistes exercent le pouvoir avec une prudence extrême, évitant de pousser le feu comme le réclament les familles des dizaines de milliers de fusillés sans jugement, dont on retouve souvent les squelettes sur les bords des routes et que le juge Garzon, parfois bien seul, s'efforce d'identifier afin d'ouvrir les enquêtes correspondantes.
Beaucoup s'impatientent: trente quatre ans après la mort de Franco, ils pensent qu'il est temps, pour eux aussi, de connaître la vérité et d'établir les responsabilités. Pour le principe.  Témoins de cette impatience: les vingt millions de télespectateurs qui regardaient, retransmise depuis Valence, la finale de la coupe opposant, extraordinaire coïncidence, Barcelone à Bilbao. Sur les gradins, la foule de basques et de catalans, se leva, pendant l'interprétation de la "marche royale", pour tourner ostensiblement le dos au terrain. Il y avait des drapeaux républicains qu'on agitait sur certaines tribunes et on entendit même des "mort au Roi!".
Ce sont des symptômes d'énervement, nullement les signes précurseurs d'agitation mettant en péril la paix civile.
Mais la droite, dont les parlementaires proviennent essentiellement de la Phalange, le parti fasciste espagnol (Aznar est fils et petit fils de dignitaires), ou de l'Opus Dei, n'hésite pas, dans ses rassemblements, de faire scander, sur l'air des lampions : "Zapatero, vete con tu abuelo! (va rejoindre ton grand père) [officier fusillé en 36 parce que refusant de prendre les armes contre la République].

Antoine Blanca
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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 14:35
Hier soir, au Cirque d'hiver de Paris, un meeting socialiste, avec la participation de Martine Aubry, s'est déroulé dans une atmosphère chaleureuse. Les organisateurs ont fait, à tout point de vue le bon choix: une salle située au coeur du Paris de gauche, de dimensions modestes et une assistance militante et colorée. Pour la première fois de ma vie j'ai vu à une tribune politique des responsables syndicaux d'entreprises en lutte, des universitaires à la pointe de combats qui font l'actualité.
Dans ses éditions de la matinée ce 14 mai, LCI n'a pas parlé de cette réunion publique, i  télé en a parlé sur un ton critique ("socialistes le dos au mur, mauvais sondages, UMP en forme"), et toutes annonçaient déjà pour 11h30, en direct, une intervention de super-Sarko pour exalter la supposée réussite du programme de création de mini-entreprises. Il y avait aussi une analyse détaillée d'une interview de Fillon dans le Figaro. Le quotidien de Dassault lui avait accordé 4 pages.
En principe les rédacteurs en chef ont le libre choix des sujets qu'ils traitent. Et il n'est pas certain que l'Elysée donne des directives en direct aux journalistes les plus en vue.
Pourtant, ce n'est pas par hasard que trois fois sur quatre les invités des journaux télévisés soient des ministres. Ou, par exemple, le terrifiant Frédéric Lefebvre. Etant entendu que, pour l'opposition, on sur-dimensionne Besancenot et Bayrou. Pour ne pas parler des joyeux Lang et Valls, encore officiellement socialistes et utilisés comme tels.
Non, ced n'est pas un hasard: simplement, il suffit de faire dire aux  journalistes intéressés (c'est le cas de le dire), que le Président a piqué une colère à propos de l'éditorial de UNTEL, des commentaires discourtois de X, des critiques de Y. Les journalistes visés rectifient d'eux-mêmes le lendemain. Et en rajoutent volontiers.
Je disais, en voyant très souvent sur Canal +, que le directeur de Charlie hebdo allait passer à l'ennemi. D'autant qu'il choisissait chaque jour davantage les nuances de son vocabulaire. Hélas, le voilà récompensé par un bon job à la radio. Finie l'impertinence, même mesurée.
Chacun sait ce qu'il convient de faire pour réussir dans un monde médiatique contrôlé par le sarkozysme. On obéit même aux ordres qui n'ont pas été donnés.
Ne les oublions pas, le moment venu, ces renégats de l'honnêteté intellectuelle qu'ils affichaient encore la veille de leur trahison.

Antoine Blanca
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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 15:35
Aujourd'hui il est de bon ton, monde politique et médias confondus, de parler indifféremment de socialistes, de social-démocrates, voire de sociaux-démocrates, à propos des membres de la II e Internationale. Apparemment l'utilisation de ce vocabulaire est justifié: les partis scandinaves et l'Allemand, pour ne citer que ces exemples, ne s'intitulent-ils pas "social-démocrate". Mais il s'agit là d'une manipulation de l'histoire du mouvement ouvrier et...de la grammaire! Plus particulièrement quand on utilise le pluriel "sociaux-démocrates" pour social-démocrate. En effet dans les langues germaniques et anglo-saxones, le substantif est placé après l'adjectif. SPD doit se traduire: Parti démocrate socialiste (et non "démocrate-social", comme on veut le faire croire). Il en va de même pour les partis suédois ou norvégiens.
Bien entendu il n'échappe à personne que derrière le langage, il y a une volonté politique: le terme "socialiste" est trop lié à la terminologie marxiste, et c'était très mal porté au temps de la guerre froide. Les Etats-Unis sont ainsi parvenus à terroriser idéologiquement les Amériques et certaines contrées d'Asie en parlant du "socialisme" comme d'une épidémie hautement contagieuse, sans doute mortelle comme la peste ou le choléra. Au contraire, parler de "social-démocratie" permettrait d'obtenir l'absolution du Grand frère de Washington.
A partir du moment où la IIe Internationale a commencé à utiliser indifféremment social-démocratie et socialisme (avec une préférence pour le premier nommé), les adhésions latino-américaines ont afflué au siège de Londres.
C'est ainsi que, discrètement mais sûrement l'ancienne internationale ouvrière est devenue une vague alliance de centre-gauche.
Il est vrai que ces habiletés de vocabulaire s'appuient historiquement sur des réalités.
Les Socialistes suédois ont pris démocratiquement le pouvoir dès 1919 sans procéder pour autant à des nationalisations des grands moyens de production et d'échange. Ils ont préféré réguler par l'impôt. Les riches ont ainsi financé de grands programmes sociaux. Il en va de même pour les travaillistes britanniques. Et surtout le SPD allemand a procédé, en 1959 au Congrès de Bad-Godesberg, à une révision totale de sa doctrine. On abandonnait la notion de luttes de classe, on renonçait à la socialisation de l'économie en particulier et au marxisme en général. C'est à partir de 1959 qu'on commença à opposer, avec certains artifices non dénués d'arrière-pensées, "socialisme" et "social-démocratie". Etant entendu que les partisans de cette dernière seraient des socialistes de droite.
Il faut dire que les pays industrialisés occidentaux se sont donnés, grâce aux partis socialistes et aux confédérations syndicales qu'ils contrôlaient (sauf en France depuis le Congrès d'Amiens de la CGT, en 1908) des systèmes de protection sociale et un accès au savoir pour tous qui constituent des avancées progressistes considérables.
Mais faut-il pour autant baisser la garde, abandonner le Tiers Monde sur la route, se contenter d'un relatif bien-être géographiquement limité? Déjà nombre de partis populaires qui avaient rejoint l'IS dans les années 70 et 80 sont dépassés, souvent littéralement enfoncés, par de nouvelles forces qui, au Venezuela, en Equateur, en Bolivie, au Pérou, au Brésil et ailleurs, remettent en cause une société dominée par les nantis, par les terrains de golf et les clubs de luxe.
Les socialistes français devraient, eux aussi, revoir leurs certitudes et se garder de jeter aux orties, sur le plan national et international, les valeurs originelles qui sont au coeur de leur idéal.
Antoine Blanca
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  • : Le blog de Antoine Blanca
  • : Blog politique dans le sens le plus étendu:l'auteur a une longue expérience diplomatique (ambassadeur de France à 4 reprises, il a aussi été le plus haut dirigeant de l'ONU après le S.G. En outre, depuis sa jeunesse il a été un socialiste actif et participé à la direction de son mouvement de jeunesse, du Parti et de la FGDS. Pendant plusieurs années il a été directeur de la rédaction de "Communes et régions de France et collaborateur bénévole de quotidiens et revues. Il met aujourd'hui son expér
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